Redécouverte d’une pratique Socratique via Toyota.

Les techniques d’accompagnement et de coaching issues du mouvement Agile ou du Lean se généralisent sur nos plateaux projet. Parmi elles, une technique d’enseignement au coeur de la formation de chaque cadre de Toyota consiste à laisser l’apprenti cadre découvrir les réponses par lui-même en se  » contentant  » de lui poser des questions.

Pour des illustrations d’utilisation de cette technique dans des situations de notre quotidien professionnel, je vous renvoie aux excellents épisodes de la série  » Monsieur K [1] « .

Laisser l’apprenti découvrir lui-même les solutions aux problèmes conduit à court terme à un processus de résolution plus long puisqu’il serait beaucoup plus rapide de lui donner la solution, voire de l’implémenter soi-même. Le pari de Toyota c’est que le principal capital de l’entreprise est son capital humain. Vouloir faire progresser ce capital sur le long terme passe entre autres par une progression individuelle des collaborateurs, parfois au détriment de résultats court terme.

La technique du questionnement chez Toyota s’inscrit dans le principe d’enseignement par la pratique. L’apprenti est confronté aux problèmes du terrain. Favoriser sa réflexion par des questions basées sur ses expériences concrètes est un gage d’efficacité supplémentaire de l’enseignement.

Je ne connais pas le nom japonais [2] pour cette technique [3] et je vais m’efforcer pour une fois ne pas utiliser de buzz word anglais ou japonais pour la décrire puisque qu’un mot français me semble parfaitement correspondre au besoin : la maïeutique.

Ainsi, wikipedia nous précise que la maïeutique est  » une technique qui consiste à bien interroger une personne pour lui faire exprimer (accoucher) des connaissances qu’elle n’aurait pas conceptualisées. « .

Conclusion

Au-delà de la légéreté de la question de la dénomination de cette technique, des questions plus profondes émergent. Qu’est-ce qui nous a fait oublier cette technique (aussi vielle que le monde) au point qu’elle semble réapparaitre comme une innovation des outils d’apprentissage ?

En supposant que l’on soit convaincu de l’efficacité de la maïeutique, pourquoi nous arrive-t-il encore de donner les réponses ? Et d’ailleurs, sommes-nous convaincus et/ou intéressés à la progression du capital humain dans nos entreprises ? Et dans nos projets vis-à-vis des collaborateurs d’autres sociétés ?

Une fois de plus, la question de la culture d’entreprise, de ses valeurs profondes et de leur partage dépasse celle de l’outil lui même.


[1] Les épisodes de cette série sont Kaizen, Genchi Genbutsu, Andon, Muda(I), Muda(II).

[2] Toutefois si vous le connaissez je suis preneur !

[3] A ne pas confondre avec la technique des 5 pourquoi.

Un commentaire sur “Redécouverte d’une pratique Socratique via Toyota.”

  • Le seul inconvénient que j'ai remarqué en pratiquant cette technique aujourd'hui est la très forte infantilisation de celui qui se fait a posé la question originale. Peut-être étais-je trop concentré à ne poser que des questions ?
    Sinon, c'est assez efficace effectivement pour faire comprendre les concepts sous-jacents à la personne qui pose une question souvent la périphérie du problème plus profond.
    Pour celui qui mène l'interview de guidage, c'est aussi un bon moyen de vérifier qu'il n'y a pas de zones floues dans ses connaissances.

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