Pour une Informatique Conviviale

Chronique parue dans 01 Informatique du 3 avril 2009.

En imitant les traits des grandes entreprises pyramidales, l’informatique ne les a finalement faites que peu progresser. Spécialisation, obéissance et territoires fermés caractérisent nos systèmes d’information, miroirs de nos organisations. Qu’en serait-il si nous remettions en cause les règles qui nous ont permis d’informatiser ces entreprises jusqu’à aujourd’hui en ajoutant autonomisation, initiative, et ouverture des territoires à ce jeu de caractères ?


Nous pouvons réussir, au sein même de nos entreprises, ce que d’autres pionniers, comme GNU-Linux, Wikipedia ou Google, ont réussi. Ces plates-formes ont en commun ce caractère dynamique – elles évoluent avec les besoins de leurs utilisateurs, ouvert – il est aussi aisé de s’y servir que d’y contribuer -, et autonomisant – leur but est d’encourager l’apprentissage, la pluridisciplinarité et la responsabilité plus que de les combattre par du cloisonnement. Ces modèles peuvent donc nous inspirer, d’une part des rêves de startups innovantes, mais également des transitions profondes à l’intérieur de nos organisations.

Si Wikipedia et Google nous ont permis de devenir tous un peu philosophes, pourquoi ne pourrions-nous pas devenir un peu banquier, professeur ou technicien de la même manière ? Aujourd’hui chez nombre d’opérateurs, le « département support » est bien mieux géré par la « communauté » de ses utilisateurs : un réseau social sur Internet. De même, un système ouvert – qui fait le pari de la confiance – sera efficace pour connecter deux territoires fermés, deux silos de l’entreprise qui s’ignorent et s’empoisonnent mutuellement : un back-office et un front-office vont maintenant partager leurs informations, et les fiabiliser ensemble. Si vos projets SOA patinent, considérez de telles alternatives, elles sont économiques …

Mais saurons-nous copier les meilleurs ? Qui donnera l’exemple en France ? Pour l’instant, l’Etat légifère encore sur la diffusion numérique sans même imaginer de tels mélanges entre fermé et ouvert. Dommage. Ce rebond peut-il venir d’une grande entreprise ou d’une grande administration ? C’est possible et souhaitable, car le changement ne s’invoque pas par les modèles, il se concrétise par l’exemplarité.

Loin de ces préoccupations, Paul Boulier, DSI de la fictive Générale de Banque, s’apprête à passer un bien vilain week-end, où Michel Audiard lui rappelle que « Les conneries, c’est comme les impôts, on finit toujours par les payer »…

Extrait :
Cette fois la peur est palpable. Dans le système en production, on est à plus de 10 000 opérations, c’est-à-dire 10 000 voyages en Martinique, alors que l’on attendait à peine 200 gagnants, et un seul voyage. Le compteur continue de tourner sur l’écran de contrôle…

Cette fois-ci la correction fonctionne enfin. Plus de messages dans la plate-forme de test. Il ne reste plus qu’à remplacer les programmes en production.
– Bernard, ça roule. Tu peux tout passer en production !
– C’est parti ! entend-on résonner gaiement dans le haut-parleur. Alors ?

L’écran de contrôle s’est arrêté depuis 1, 2, 3, secondes … pas de messages, malgré un virement passé …
… 4, 5, 6. Nous retenons toujours notre souffle….

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