(Partie 2/2) Penser un site façon StarWars… Et découvrir l’éco-conception !

En 2021, une équipe OCTO en interne a mené la refonte du site de recrutement OCTO avec un objectif en tête : faire un site responsable, c’est à dire être au plus proche des problématiques d’éco-conception, d’inclusivité et d’accessibilité. Après une montée en compétences nécessaire pour chaque métier, découvrez au terme de ce projet, les défis auxquels l’équipe a fait face, ce que signifie l’éco-conception pour chaque métier et la vision d’OCTO pour la suite.

Pour découvrir la première partie, c’est ici

Quels ont été les plus gros défis techniques pour vous ?

Charlotte : J’étais mitigée au démarrage, il fallait déjà qu’on mesure pour voir où on en était et à quel point c’était la cata. Sauf que lorsqu’on demande un avis pragmatique sur les labels web vert, c’est compliqué de trouver une solution de qualité qui soit convenable. etc…). À mon niveau, mon challenge était de rapidement monter en compétences pour comprendre la problématique web et d’éco-conception et, à l’inverse, ne pas rentrer trop dans la technique pour prendre des décisions. Arrivée à ce stade je n’étais plus la bonne personne pour piloter. Un des défis a été aussi de se dire qu’on changeait l’équipe : les RH sont sortis car le contenu était fait et d’autres personnes ont pris la relève pour passer à la phase d’optimisation.

Anne-Sophie : Concernant le pilotage du projet, le plus gros défi a été de donner le bon niveau d’information à chaque personne, d’arriver à accorder toutes les expertises entre elles, de se comprendre entre nous chacun avec notre vocabulaire et donc de réussir à créer des moments d’échanges dédiés. Après, je devais avoir connaissance et conscience d’une grande partie des problématiques au niveau technique et design qu’impliquent l’éco-conception sur chaque métier. Au-delà de l’éco-conception, notre objectif étant  le recrutement des meilleurs profils sans autre critère que la compétence, nous devions donc développer un contenu aussi inclusif et accessible que possible. Romy Duhem, experte incontestable de l’Accessibilité chez OCTO nous a rejoint pour nous faire montrer en compétences. Pour ce site, nous ne sommes pas sur une note AAA (= site 100% accessible) mais il respecte plusieurs critères d’accessibilité, sur la partie graphique et la partie technique. Au niveau de l’inclusivité, nous avons décidé de ne pas utiliser de point médian. Cela nous a obligé à aller au-delà et nous nous sommes rendu compte qu’il existait beaucoup d’autres manières de “dé-genrer” un langage (coucou les épicènes). L’écriture inclusive est une gymnastique de l’esprit mais une fois entraînée, on ne veut plus s’en passer !

Caroline : Mon plus gros défi a été de designer léger en gardant notre image de marque. Je me suis rendu compte que designer ne veut pas dire éliminer mais plutôt, faire des choix judicieux et trouver le bon équilibre pour garder un dynamisme. Garder l’essentiel et enlever le surplus, faire ses compromis en fonction de la cible et de ses utilisateurs.  Mon défi était donc de savoir ce qui était énergivore et cela s’est fait en échangeant beaucoup avec Pierrick et les développeurs. C’était super parce que c’était la première fois que je co-construisais avec des devs qui me montraient ce que mes actions en tant que Designeuse avaient comme conséquence sur la taille du site. J’ai compris pour la première fois ce qu’était un Dom ! Et le fait de comprendre le fonctionnement m’a donné des réflexes complètement différents sur ma façon de Designer. 

Benjamin : Notre défi était de rendre l’ensemble éco-conçu tout en garantissant que ce soit conçu, fonctionnel et que ça reste simple pour ceux qui vont l’utiliser. 

Dans tout site il y a des contraintes techniques mais il n’y a pas eu de blocages parce qu’on a pensé le site de manière éco-conçue et pas seulement au niveau technique.

Pierrick :  C’était un peu particulier, il n’y avait pas de standards à ce moment-là et c’était donc difficile de voir où il fallait aller. En soit le site n’avait pas une mauvaise note, il n’était pas mauvais en mesure Eco-index mais il n’était pas homogène niveau charge du terminal. Le challenge a été de faire le premier constat. Puis d’échanger et de rencontrer toutes les parties prenantes de l’équipe pour partager mes observations. Le premier défi a été de voir jusqu’où  l’équipe était prête à aller. La communication aux personnes non-tech était aussi un sacré défi, il fallait trouver le bon vocabulaire et le bon terrain sur lequel tout le monde pourrait se comprendre. Au niveau de l’aspect mesure, je me suis vite aperçu que l’Éco-Index n’était pas suffisant. On peut faire un site avec une mesure d’Éco-index bonne, mais avec une perception de l’utilisateur complètement désastreuse. J’ai donc ajouté une autre notion basée sur la perception de l’utilisateur.

Pour toi l’éco-conception c’est quoi ?

Caroline : d’un point de vue de designeuse, cela demande de savoir maîtriser les contours précis de l’adn d’une marque pour pouvoir n’en garder que l’essentiel et éliminer le gras. Le challenge n’est relevé que lorsqu’on a gardé l’adn d’une marque et le message de fond à transmettre.

Pierrick : Pour moi un site éco-conçu serait un site qui répond aux besoins essentiels de l’internaute avec le minimum de ressources. Dans les prochaines années, cela va devenir un incontournable mais ce n’est pas facile à mettre en œuvre. Cela suppose une vulgarisation, une acculturation et un positionnement de la part du client.

Charlotte : Mener un projet d’éco-conception c’est démarrer un projet en ayant en tête ces problématiques dès le départ.

Dominique : Pour moi un site éco-conçu doit être pensé pour être le moins énergivore possible et fonctionner sur un maximum de terminaux. Mais au-delà de ça, l’éco-conception s’inscrit dans la notion de Numérique Responsable et nos sites se doivent d’incarner nos convictions. 

Nos sites doivent être inclusifs au sens Gender Mix et accessibles à toutes personnes. Ils doivent être respectueux de la vie privée des personnes et on se doit de n’utiliser que le strict minimum de cookies nécessaires et donc que ce soit bien encadré et lisible d’un point de vue GDPR.

Anne-Sophie : c’est avoir, dès la réflexion sur un sujet, conscience des problématiques “Numérique Responsable” et se forcer à se poser la question “est-ce que je réponds à un besoin ou est-ce que je suis en train d’en créer un pour mon utilisateur ?”. Et puis faire un pas de côté et se forcer à regarder d’un point de vue plus macro tous les effets qu’auront le produit et ce qu’il implique.

Que retiens-tu de ce projet ?

Caroline : c’était un beau challenge à relever, c’est le numérique de demain et donc le design de demain. Autant s’y mettre dès maintenant !  Ça m’a obligé à sortir de ma zone de confort, à réfléchir à mes choix au-delà du beau/pas beau. Le site carrière a été le levier pour monter en compétences dessus et c’est profitable pour tous les supports digitaux d’OCTO. Ça m’a permis de prendre conscience des enjeux et de le mettre en place dans les projets et de sensibiliser les Octos sur les problématiques d’accessibilité et d’éco-conception.

Benjamin : je pense que le défi vaut largement le coup car ça a un impact positif et ça rentre dans une démarche RSE. Autant être précurseur dans ce domaine et pour tous les avantages (économie de coûts postérieurs, meilleure expérience utilisateur donc potentiellement)  Aujourd’hui faire un site éco-conçu VS un site traditionnel ne va pas avoir une énorme différence de coût. Cela prend un peu plus de temps en développement mais apporte une dimension qui sera favorable aux utilisateurs car plus rapide. Et donc l’expérience utilisateur s’en trouve améliorée. Et actuellement cela demande plus de temps de conception parce qu’on se pose des questions qu’on ne se posait pas avant. Niveau dev on va prendre plus de temps pour s’assurer que tout est optimisé, on porte plus d’attention aux détails, on fait plus de recettes.

Dominique : J’ai une fierté au niveau de l’équipe, nous avons surmonté l’obstacle. Au début j’étais étonnée car lorsque je pensais éco-conception j’avais en tête des sites sommaires et rustres et de voir qu’on a poussé la créativité très loin en intégrant un champ de contraintes très fort je trouve ça génial. Quand on a de l’ingéniosité, ça donne de beaux résultats. 

Pierrick : Cela m’a permis de manger concrètement mes propres outils, j’ai mis en pratique ce que j’avais fait en formation et cela m’a permis de creuser, pratiquer et voir les limites de l’outil Eco-Index.  Aujourd’hui pour avoir une idée plus précise d’un bon site éco-conçu j’ai ajouté à la mesure d’Eco-Index (qui mesure l’impact environnemental : le nom, le nombre de requêtes et la taille de la page), la mesure de Core Web Vitals (issu de Google, extrait trois valeurs qui permet d’avoir l’essentiel du ressenti de l’utilisateur).  Ces deux mesures permettent de quantifier la perception de l’internaute (ex : j’ai envie de changer de terminal parce que mon ordi rame).

Charlotte : Je retiens de ce projet la mobilisation de l’équipe. Quand j’ai présenté la problématique à l’équipe, tout le monde s’est directement plongé dans les nouveaux enjeux. On a eu la possibilité de se former et l’équipe y a vu une opportunité personnelle et collective. Comme quoi, quand on fait des grandes bifurcations mais qu’elles sont bien expliquées et pertinentes on peut tout faire, même quand ca arrive au dernier moment. Après ces notions d’éco-conception, d’accessibilité et d’inclusivité sont encore des points qu’on traite à part. Ce sera un grand bond en avant quand ce sera considéré comme des pré-requis et non plus comme des critères.  

Anne-Sophie : Le travail collaboratif et la capacité de chaque personne à devenir experte et à s’être emparé du sujet. Ce site n’est pas parfait et on continue encore à apprendre mais on est dans une véritable volonté “There is a Better Way”… 

Quelle est la vision d’OCTO pour la suite ? 

Charlotte : Avec le Comité DSI Numérique Responsable dont je fais partie au sein d’OCTO nous avons de nombreux enjeux pour cette année, notamment d’œuvrer d’un point de vue social sur l’environnement. Notre rôle est donc de diffuser les bons gestes en interne et de faire en sorte que notre utilisation du numérique et l’infrastructure d’OCTO soient les plus sobres possible à tous les niveaux (cloud, drive, outils). Le comité a aussi pour rôle de garder notre bilan carbone en tête et d’aller identifier là où sont les vrais postes d’émissions au sein de l’entreprise. Il joue aussi un rôle de sponsor auprès de la Direction pour valider les investissements et s’assurer d’avoir des Octos experts qui œuvrent au quotidien pour faire des mesures d’impact. Après tout, ce sont les gens qui mettent en place le changement.

Anne-Sophie : Au niveau opérationnel et des sites web externes, on a pour ambition de mettre à profit tout ce qu’on a appris sur ce projet en l’appliquant sur nos autres sites. On a aussi un enjeu d’éco-informer le reste des Octos sur les bonnes pratiques, sur la manière de garder une bonne hygiène sur nos sites. Qu’importe l’expertise, que la notion de Numérique responsable soit ancrée dans nos manières de faire et soit un réflexe.

Dominique : Je considère qu’en tant qu’acteur du numérique, OCTO se doit de jouer sa part dans la « juste » utilisation du numérique. C’est clé parce qu’on y croit, que c’est aligné avec nos valeurs et que c’est un besoin de nos clients en ligne avec notre certification B Corp. Nous y mettons toute notre énergie ! Pour nous, il s’agit à la fois de concevoir et développer les services numériques de façon responsable (éco-conçus pour limiter leur empreinte environnementale, accessibles à toutes et tous, inclusifs et respectueux des données personnelles), d’aider nos clients à orienter, autant que possible, le numérique vers des projets à finalité vertueuse. Concrètement cela signifie que nous sommes en train de former l’ensemble de nos collaborateurs, quel que soit leur métier – designers, développeurs, architectes, data scientist, ops, etc – au numérique responsable. Nous le faisons via des parcours de formation développés par nos experts et avec OCTO Academy! Nous revisitons toutes nos façons d’accompagner nos clients avec ce nouveau prisme.

Un grand bravo à toutes les personnes qui ont participé de près ou de loin à ce que ce site voit le jour : Charlotte, Marjolaine, Caroline, feu-Géraldine, Emilie, Celine, Vanessa, feu-Chloé, Victor, Nelly, Pierrick, Nicolas B., Nicolas L., Romy, Yasin, Elsa, Hervé, l’équipe de recrutement, tous les Octos qui nous ont fait des retours et ont accepté de se prêter au jeu des tests utilisateurs.

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