(Partie 1/2) Penser un site façon StarWars… Et découvrir l’éco-conception !

Après plus d’un an et demi de travail, le site rejoins.octo.com a une note d’éco-conception A/B. Il n’a actuellement pas de certification éco-conception de qualité et reconnue qui peut attester du travail réalisé. Nous vous proposons donc de découvrir l’histoire derrière le projet…

Pour toute personne qui découvre l’éco-conception, et plus largement le numérique responsable, le titre plus haut porte déjà à confusion. Si nous avons refondu un site qui allait être mis en prod, a-t-on jeté à la poubelle le site qui venait d’être pensé (et donc pollué) ? Pas exactement… Laissez-moi vous raconter !  

Dans cet article vous trouverez : des ratés, de nombreux apprentissages et vous découvrirez le témoignage de personnes ayant contribué à différents niveaux à la réalisation et au succès du site.

Les personnages : 

  • Caroline Bretagne : Directrice Artistique chez OCTO
  • Benjamin Le Panse : Chef de projet web & UX chez Brainsonic
  • Pierrick Crepy : Consultant & Expert éco-conception chez OCTO
  • Dominique Buinier : Directrice des Opérations et Chief Sustainability Officer chez OCTO 
  • Charlotte Abdelnour : Responsable Communication et Lead Responsible Company, membre du Comité DSI Numérique Responsable 
  • Anne-Sophie Varnier : Product Owner & Chef de projet Communication chez OCTO 

Il y a 3 ans, dans une ESN pas si lointaine

En 2019, une équipe interne se lance dans la refonte du site de recrutement. Cette équipe interne est composée d’UX, de chargé(e)s de recrutement, d’une directrice artistique et de deux responsables de projet côté communication et RH. L’objectif de cette refonte ? Mieux répondre aux besoins des candidats, et par extension, d’OCTO. Le site est d’abord pensé pour être le plus expérientiel possible pour la personne candidate. L’envie est que les utilisateurs et utilisatrices soient propulsés dans la galaxie OCTO, puissent s’imprégner en quelques clics de “l’OCTO Touch” et qu’ils bénéficient d’un suivi personnalisé durant tout leur processus de recrutement. Bref, permettre d’être chez OCTO avant même d’y avoir postulé.

L’équipe organise une semaine de Sprint, identifie les personas et convie dans la foulée des utilisateurs type pour cerner au mieux leurs besoins. Le squelette du site se dessine : raconter l’histoire, la faire vivre à travers de nombreuses vidéos, animations et gamification pour l’utilisateur.

Les tests utilisateurs valident ou poussent à retravailler certaines idées mais les contenus s’affinent et l’équipe se tourne vers l’agence qui l’accompagne pour lancer la phase de développement. Nous sommes au début de l’été 2020 et l’excitation à l’approche de la mise en développement se fait ressentir… SAUF QUE ! 

SAUF QUE ! En une année seulement, OCTO a évolué et s’est transformé à vitesse grand V. L’entreprise affirme et confirme dorénavant ses positions sur les plans social et sociétal.

Quel impact sur le site de recrutement ? Pendant que nous étions en train de créer le scénario digne d’un nouveau Star Wars Disney, OCTO avançait de façon de plus en plus visible dans sa dynamique de “Less is More”. L’image dégagée par le site et l’usine à gaz que représente son développement ne correspondent plus à la trajectoire que prend l’entreprise. Au-delà de son objectif premier (le recrutement), le site a aussi pour vocation de montrer les expertises que nous cherchons à pousser chez nos clients. Les notions de numérique responsable, d’éco-conception et d’accessibilité se font de plus en plus entendre dans les réunions sans que personne ne soit sûr de vraiment bien comprendre de quoi il est question… 

Un nouvel Espoir

À la rentrée, nous nous retrouvons autour de la table. Au moment des échanges, nos connaissances sur l’éco-conception sont “légères” mais la montée en compétence requise correspond aux objectifs d’OCTO. Un accord se trouve : l’agence qui nous accompagne, Brainsonic se forme, les experts éco-conception OCTO nous accompagnent et nous apportent leur expertise, notamment sur les mesures et les alternatives possibles pour réduire la note. Le projet repart, l’équipe retrousse ses manches et passe à l’action pour monter en compétence et optimiser le site. Ils vous racontent :

Quelle a été votre première réaction lorsqu’on vous a dit que la V1 ne fonctionnait pas et qu’il fallait créer un site éco-conçu ?

Dominique  : En voyant les premières maquettes du site, j’ai pris une grande inspiration et je me suis dit « ça ne va pas le faire ». Pendant l’été 2020, nous étions en plein milieu de l’analyse de notre bilan carbone chez OCTO  et nous commencions à prendre conscience qu’un des impacts du numérique pour nous, en tant qu’ESN, c’était la façon de développer des sites. Dorénavant nous avons un enjeu à faire notre métier de la manière la plus éco-responsable possible. Je me suis dit qu’il fallait que notre vitrine extérieure, à savoir notre site, soit alignée avec ce qu’on préconise, ce qu’on conçoit et ce qu’on fait chez nos clients. 

Charlotte : J’étais très contente, pour moi c’était même un peu trop tard. Il y a 6 ans, un développeur râlait déjà parce que nos sites n’étaient pas accessibles. En plus, un des enjeux d’OCTO est de devenir une référence sur le Numérique Responsable en France, j’aurais eu honte de porter ce discours et ces valeurs et de ne pas être modèle. Par contre, en tant que pilote dans le cockpit, j’ai eu peur de l’impact non négligeable sur l’équipe. Cela faisait 1 an qu’on travaillait sur le site et c’est difficile de mobiliser dans la durée des Octos qui ont d’autres responsabilités en parallèle. Mon premier réflexe a été de protéger l’équipe de me dire qu’il fallait détricoter et non tout casser : garder 80% du squelette et identifier les 20% d’éco-conception qui allaient nous permettre d’avoir le plus d’impact.

Benjamin : Et bien j’ai été intrigué et content à la fois, cela faisait un moment que Brainsonic s’intéressait à l’éco-conception. OCTO, avec qui nous travaillons depuis plus de 10 ans, ont été les premiers à venir nous demander de participer à la création d’un site éco-conçu. En tant qu’agence ça nous permettait de tester et d’apprendre avec un partenaire de longue date et d’avoir une référence sur le sujet pour nos autres clients.

Anne-Sophie : Je me suis dit “Allons-y”. Cela faisait un moment que j’entendais parler d’accessibilité, d’inclusivité etc. Mais de loin ! L’idée de pouvoir mettre en pratique et en place des notions et de participer à un tournant dans nos manières de faire m’a tenté.

Qu’est-ce qui vous a motivé à relever ce challenge ?

Charlotte : Mes convictions personnelles. Ce qui était intéressant c’est que ce n’est pas que du web, c’est aussi du design. Il y a plein de choses techniques dans la tuyauterie et le back à optimiser mais il y avait une vraie réflexion à mener sur le parcours utilisateur. En tant que cabinet de conseil, j’avais envie qu’on propose quelque chose de différenciant pour que les gens se souviennent de nous. Et puis cela faisait de belles références à ajouter sur nos CVs et dans notre boîte à outils : ces problématiques vont avoir de plus en d’impact sur tous nos métiers (Direction Artistique, Product Ownership etc…).

Caroline : L’envie de monter en compétences et de comprendre et savoir designer éco-conçu. Je voulais connaître les limites et voir ce qu’il était possible de faire en termes de design pour garder un univers de marque tout en respectant les paramètres d’éco-conception. À l’époque il y avait très peu de sites éco-conçu, les seuls que l’on voyait ressemblaient à des maquettes Word. Une page blanche. C’était vide, dans tous les sens du terme. Pour un site de recrutement, ce n’était pas envisageable de faire sur ce modèle, nous devions aller plus loin pour conserver l’image de marque.

Benjamin : C’était nouveau donc forcément intéressant pour nous. En agence on se doit d’être innovant et de se confronter à ce qu’on ne connaît pas. Ici il y avait un véritable challenge technologique et technique à relever. Au niveau Expérience Utilisateur, j’étais curieux de voir comment il était possible d’intégrer l’éco-conception sans avoir de déperdition. Pour les devs c’était intéressant de voir ce qu’ils allaient proposer en ayant une vraie contrainte.

Anne-Sophie : La montée en compétences sur une large palette de sujets en accord avec mes convictions personnelles. Et la notion de challenge à relever à proprement parler : c’était un sujet qu’aucun de nous n’avait fait auparavant et tout était à construire. Il y avait vraiment un côté “on avance à l’aveugle, on défriche, on doit parfois revenir sur nos pas, on teste des sentiers, mais si ça peut ouvrir la voie pour les prochain(e)s, tant mieux”. 

Qu’est-ce que vous avez mis en place pour monter en compétences ?

Caroline : Globalement j’ai eu besoin de monter en compétences sur le numérique responsable au niveau sociétal et environnemental : à la fois sur l’éco-conception mais aussi au niveau accessibilité. Sur la partie éco-conçue j’ai été accompagnée par l‘équipe OCTO en interne via des formations et beaucoup d’échanges avec les développeurs côté Brainsonic pour comprendre les enjeux. Sur la partie sociétale accessibilité j’ai fait beaucoup de veilles, il y avait beaucoup de contenus de qualités sur le web et j’échangerais régulièrement avec Romy Duhem experte accessibilité chez OCTO.

Benjamin : Côté Brainsonic nous nous sommes formés auprès de l’organisme Green IT de Frédéric Bordages et en plus chacun faisait ses recherches de son côté. La montée en compétences s’est aussi faite autour des échanges dans l’équipe : tout au long du projet on était dans de la co-conception et de la co-création avec le design et la technique. Tout le monde entendait les retours et idées de tout le monde. Nous n’avions ni la même expertise, ni les mêmes points de vue et compétences donc cela donnait des échanges hyper bénéfiques.

Pierrick : C’est une démarche personnelle que j’avais déjà enclenchée, j’avais suivi la formation de Frédéric Bordages et c’est comme ça que j’ai commencé à regarder nos sites avec l’Eco-index. J’ai vu des axes d’améliorations à apporter et c’est de cette manière que j’ai rejoint l’équipe. 

Anne-Sophie : On a eu accès à des formations, beaucoup de veille mais la plus grosse montée en compétences s’est opérée par les échanges avec chaque sachant et sachante experte sur le sujet chez OCTO et entre membres de l’équipe. On discutait beaucoup de ce qu’on avait appris chacun de notre côté sur notre métier.

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Dans le prochain épisode, découvrez les challenges techniques auxquels chaque personne de l’équipe a été confrontée, leur vision de l’éco-conception, leurs apprentissages et la vision d’OCTO pour la suite.

Pour découvrir la partie 2, rendez-vous ici

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