5 pièges à éviter pour (re)lancer votre programme d’intrapreneuriat

Les programmes d’intrapreneuriat promettent de booster l’innovation et remobiliser les collaborateurs. A l’heure du bilan, beaucoup de programmes déçoivent. Pourtant, certains tirent leur épingle du jeu. Découvrez avec nos retours d’expérience les pièges à éviter et les bonnes pratiques à prendre en compte dès le départ.

Intrapreneur, I want you for innovation

L’intrapreneuriat : Accorder du temps aux collaborateurs pour créer des nouveaux produits, le principe est ancien. 3M pratique le « 15% de temps off » depuis les années 50, ce qui a permis l’invention du Post-it(r) notamment. Aujourd’hui, de nombreux grands groupes proposent des dispositifs pour accorder du temps d’innovation à leurs collaborateurs. De plus en plus, il s’agit d’un programme d’intrapreneuriat inspiré des programmes d’accompagnement des startups par les incubateurs : une phase d’appel à projet,  une sélection par un jury pour accorder un financement et un accompagnement dans l’incubateur interne. Les produits sont gérés comme des star-ups internes.

Les bénéfices attendus sont doubles :

  1. Créer des nouveaux services utiles et rentables qui serviront de relais à l’activité historique – typiquement le cas du Post-it(r)
  2. Induire une transformation culturelle des modes de travail en entreprise, basés sur l’usager, l’impact, l’expérimentation, la collaboration et l’autonomie.

Cependant, dans une enquête que nous avons réalisée l’année dernière, beaucoup de programmes de grands groupes en France rencontrent des difficultés à sortir des produits innovants à l’échelle. Certains y parviennent. Nos retours d’expérience nous permettent d’isoler les principales difficultés, et nos recommandations pour les surmonter :

1. Sélectionner les idées sur de mauvais critères

Les idées proposées peuvent décalées par rapport à l’entreprise ou de faible impact. Le Jury sélectionne souvent sur les qualités de présentation du porteur, ou son influence personnelle dans l’entreprise, plutôt que sur des critères objectifs de potentiel.

Nos recommandations :

    • Définir des critères de sélection objectifs (notamment l’alignement avec la stratégie d’entreprise, le besoin utilisateur, la taille du marché, le délai de retour sur investissement, l’analyse concurrentielle, ..)
    • Exiger en Jury des résultats de tests avant d’investir plus : résultats d’entretiens et de sondage, voire résultats de tests sur maquette ou prototypes

A retenir : Faites rêver … mais apportez des preuves !

2. Trop investir dans une première version incertaine

Une fois l’idée sélectionnée par le Jury, le réflexe du porteur est de se jeter sur la réalisation de sa vision cible. Ici perdurent les vieux réflexes de la gestion de projet traditionnelle : on cherche un architecte SI, on prépare un cahier des charges pour sous-traiter le développement, on monte un comité de pilotage inter-Directions, on cherche des partenaires extérieurs, on planifie l’atelier de lancement et les ateliers de cadrage…

3 mois plus tard, l’intrapreneur a éventuellement un épais powerpoint de cadrage validé, 6 mois plus tard, une première version développée à recetter. Evidemment, outre les inévitables retards techniques, les premiers retours utilisateurs sont – au mieux – mitigés. Tout ceci est normal : on ne peut pas toucher la cible avec une seule flèche.

Nos recommandations :

  1. Sortir du bureau : la première action de l’intrapreneur devrait être d’aller interroger ses utilisateurs potentiels sur leurs enjeux, leurs usages actuels, leurs irritants, et leurs objections sur l’idée
  2. Maquetter : tester très rapidement des maquettes à des niveaux de fidélité progressifs : un premier storyboard dessiné, puis des wireframes, puis une version haute fidélité
  3. Sortir un premier MVP no code ou low code : avec les outils disponibles en ligne, il existe de très nombreux moyens pour rendre le coeur du service à des premiers utilisateurs sans coder. Le fondateur de Zappos a testé la vente de chaussures en ligne en achetant, repackageant et livrant des chaussures achetées dans son quartier. Avec le Ministère de l’intérieur, nous avons testé le service Candilib de réservation de places du permis de conduire avec un service en ligne configuré sans coder.

A retenir : rassurez-vous avec des premiers utilisateurs en quelques semaines, pas quelques mois…

3. Rester dépendant du « Business as usual »

Sans espace protégé, l’intrapreneur est sous la dépendance de son manager, de la Direction ou d’autres Directions métier. Chacun rajoute des fonctionnalités qui l’intéressent, surchargeant le produit et ignorant le besoin de simplicité de l’utilisateur.

En outre, les tergiversations politiques découragent les collaborateurs. Parfois, ils sont rendus indisponibles pour le projet, car appelés en urgence sur des activités historiques.

Nos recommandations :

  1. Créer un éco-système protégé : un Lab, un incubateur, … une entité à part, indépendante des métiers actuels, pour préserver l’autonomie et le focus des équipes.
  2. Garder le lien avec les Directions métiers, notamment dans les Comités d’Investissement pour éviter la déconnexion et sécuriser la pérennisation à terme.

A retenir : L’innovation ne peut pousser que sous bulle … qui doit rester poreuse.

4. Ne jamais passer à l’échelle

Un  MVP a été affiné, les premiers utilisateurs sont satisfaits. La Direction confirme la poursuite du produit au sein de telle Direction métier. Et puis … rien.

La Direction métier concernée a mis le dossier en bas de sa pile, qui s’encombre tous les jours des prochaines urgences habituelles. C’est que cette Direction se voit refiler un bébé qu’on lui a fait dans le dos. Et on lui demande de s’en occuper, en plus de son activité, à ressources constantes. Evidemment, le sujet est poliment mis en dernière priorité.

Nos recommandations :

  1. impliquer le métier dès l’amont : le sponsorship d’une Direction Métier potentiellement repreneuse devrait faire partie des critères de sélection du projet
  2. impliquer le métier tout du long : en incluant le Directeur ou adjoint dans les Comités d’Investissement de chaque jalon du produit
  3. accompagner le transfert : prévoir une phase de biseau progressif entre le Lab et l’entité métier pour expliquer en faisant le mode de management en mode produit
  4. évaluer le transfert : continuer à suivre en comité régulier la vitalité du produit sur la base d’un tableau de bord d’indicateurs : impact obtenu, base utilisateur, rythme des évolutions livrées, …

A retenir : Ne refilez pas au métier un bébé que vous lui avez fait dans le dos !

5. Laisser vivre les Zombies

Dans l’éco-système start-up : une start-up zombie se bat pour sa survie pendant des mois, voire des années. Les fondateurs se démènent pour chercher une ènième piste de financement, tout en reprenant un travail pour payer les factures.

Dans les incubateurs internes d’entreprise, on retrouve ces zombies, des start-up internes qui n’arrivent pas à décoller vraiment. Avec le biais cognitifs des coûts perdus, l’intrapreneur, l’incubateur et le management rechignent à tuer le zombie. Maintenu sous perfusion, le produit zombie tire sur les  ressources limitées de l’incubateur, sur l’energie des intrapreneurs et dégrade l’image d’efficacité auprès de tous.

Nos recommandations :

  1. Planifier des jalons stop ou encore : avec un Comité d’Investissement présidé par la DG, typiquement tous les trimestres, avec pour principe par défaut d’arrêter le produit, à moins qu’il n’atteigne des critères objectifs de sa phase de maturité
  2. Sensibiliser les intrapreneurs dès le départ sur l’importance de tuer des produits pour se concentrer sur les bons. Rassurer sur le fait qu’ils seront valorisés pour l’apprentissage qu’ils ont apporté avec cette expérience
  3. Rendre visible  les produits en difficulté :  avec par exemple avec un tableau de bord des produits incubés sur une matrice temps d’incubation/ % d’atteinte des objectifs

A retenir : tuez les zombies avant qu’ils ne vous tuent.

Notre démarche Intrapreneuriat

En capitalisant sur ces retours d’expérience, nous vous accompagnons sur toutes les étapes pour lancer ou relancer votre programme d’intrapreneuriat :

  1. Alignement : définition de la vision du programme, création d’un éco-système d’innovation (Lab, incubateur)
  2. Appels à idées/ appels à projets : outil de recueil, ateliers d’idéation,  communication,  affinage des idées, accompagnement du jury
  3. Accompagnement de l’intrapreneur sur la phase d’expérimentation : entretiens utilisateurs, maquettage,réalisation d’un MVP no code ou low code, préparation des comités d’investissements
  4. Accompagnement de l’équipe en phase d’accélération : formation de l’équipe, recadrage produit, accompagnement des rituels et de l’amélioration continue, recherche de partenariats, accompagnement au growth hacking
  5. Pérennisation : préparation de la pérennisation avec l’entité repreneuse, modalités de fonctionnement, pilotage de la reprise

Pour en savoir plus :

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