Mozilla Firefox : 3 questions à Tristan Nitot

Tristan Nitot, président et fondateur Mozilla Europe, présentera la session Du chaos vers l’ordre : comment les contributions de dizaines de milliers de personnes aboutissent à un produit fini de qualité. L’exemple Firefox les 1er et 2 juillet prochains à l’Université du SI.

Nous lui avons posé 3 questions pour en savoir plus sur le contenu de sa session.

  • Vous êtes à la tête de la communauté Mozilla, quel est le lien avec l’informatique en entreprise ?

Aujourd’hui, l’informatique d’entreprise passe de plus en plus par le navigateur Web, qui est devenu l’application la plus importante sur les postes des utilisateurs, car elle permet l’accès à toutes les autres, de l’intranet au Webmail en passant par les applications dans le nuage, comme Salesforce. De plus, notre navigateur Firefox fonctionne sur Linux, OS X et Windows, ce qui permet de découpler les applications du système d’exploitation. C’est par exemple ce qu’a fait la Gendarmerie Nationale, qui migre de Windows à Linux car ses applications (Firefox, messagerie Thunderbird et suite bureautique OpenOffice.org) sont disponibles sur l’ancienne plateforme (Windows XP) et sur la nouvelle (Ubuntu Linux).

  • L’informatique conviviale met en avant les plates-formes ouvertes, où il est aussi simple d’utiliser que de contribuer. En plus d’être libre, Mozilla a-t-il ces attributs ?

Bien sûr ! Mozilla est avant tout une communauté qui produit des logiciels, dont le navigateur Firefox. Des dizaines de milliers de gens répartis sur toute la planète participent au projet Mozilla via Internet. Ca nous permet de faire des logiciels de qualité avec très peu de moyens. Nous n’avons que 200 salariés dans le monde, mais Firefox 3.5 (qui sortira prochainement) devrait être disponible en plus de 70 langues. Par ailleurs, la transparence de notre code et de nos processus permet la participation de tous, pour un développement plus rapide et une assurance qualité impossible à réaliser dans le monde propriétaire.
Juste un exemple : quand un développeur en Californie ou ailleurs corrige un bogue dans Firefox, une version avec ce correctif est immédiatement produite et diffusée à des milliers de bénévoles de l’autre coté de la terre. Le lendemain matin, le développeur a un retour sur la qualité de son travail qui a été testé sur des milliers de sites Web, dans des dizaines de langues, avec des milliers de configurations logicielles différentes. Cette implication de la communauté est décisive pour la qualité de nos logiciels et la rapidité de développement.

  • Après l’arrivée de Chrome de Google, quel est le prochain grand défi pour Mozilla ?

Il est double. D’une part, il faut prendre pied sur le Mobile, de façon à ce que le Web mobile soit aussi ouvert que le Web depuis un navigateur de bureau. Nous y travaillons d’arrache-pied, avec par exemple notre logiciel dont le nom de code est Fennec (https://wiki.mozilla.org/Fennec ).
Par ailleurs, nous devons continuer à innover de façon participative, justement parce que la concurrence arrive sur le marché des navigateurs, avec Chrome et Safari. C’est a travers les Mozilla Labs ( http://labs.mozilla.com/ ) que nous essayons de faire surgir les idées innovantes qui feront l’Internet de demain. Parmi les projets prometteurs, un éditeur de texte en ligne appelé Bespin ( http://labs.mozilla.com/projects/bespin/ ) et Ubiquity ( http://labs.mozilla.com/projects/ubiquity/ ), une nouvelle façon d’interagir avec les services Web via une ligne de commande dans le navigateur.

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