Les entreprises en marche rapide vers l’iPhone

Il y a un peu plus d’un an Apple lançait l’AppStore. Ce marché longtemps exploité par des développeurs indépendants et des éditeurs est aujourd’hui en ligne de mire des grands comptes qui souhaitent offrir des services plus élaborés à leurs clients et bénéficier de l’effet marketing de l’AppStore. Le schéma suivant illustre cette tendance et présente l’évolution des développements iPhone dans le secteur bancaire. Pourquoi ? Comment ? Avec quelles perspectives ? Réponse dans cet article.

Evolution des développements iPhone dans la banque

Evolution des développements iPhone dans la banque

La part de marché de l’iPhone en navigation Web s’établit aujourd’hui à 0,33 % (source NetApplications : http://www.netapplications.com/newsarticle.aspx?nid=58) alors pourquoi les entreprises investissent sur ce marché de niche ?
Tout d’abord parce que l’iPhone est une vitrine de publicité incroyable et que les valeurs que portent l’iPhone sont souvent celles que l’on cherche à associer avec ses propres produits : modernité, innovation, beauté, puissance. Sans compter que la cible est un public de trentenaires avec un pouvoir d’achat important.
La seconde raison est liée à la manière dont les consommateurs sont sollicités. L’attention des consommateurs à leurs domiciles est aujourd’hui partagée par de nombreux médias (radio, tv, Internet). L’intérêt du mobile est qu’il permet de toucher les utilisateurs en dehors du domicile dans les transports, en vacances, au déjeuner, en pause, … sans pour autant être intrusif comme une campagne SMS. L’utilisateur redevient alors attentif à une seule source de communication.
Les sites adaptés iPhone
Les entreprises ont donc tout d’abord profité du « buzz » autour de l’iPhone pour qu’il rayonne également sur leurs produits. La première vague initiée en 2007 a donc logiquement été de développer des applications à faible investissement mais forte visibilité : Les sites Web optimisés iPhone. Ces sites Web étaient alors la seule possibilité d’atteindre l’iPhone puisque le SDK et l’AppStore n’étaient pas encore sortis.
Ainsi les banques ont développé des sites Web spécifiquement pour l’iPhone (Société Générale en Avril 2008, Crédit Agricole en Juillet de la même année) qui ont chacun fait l’objet d’un grand nombre d’articles élogieux sur le Web à une période où le secteur bancaire n’avait pas les grâces du public.
L’avènement de l’AppStore et des applications dédiées …
Cette vague de sites adaptés iPhone a doucement fait place aux applications natives lors du lancement du SDK et de l’arrivée de l’AppStore au mois de Juillet 2008. Un catalogue de 500 applications est devenu accessible en quelques clics depuis l’iPhone « anytime anywhere ». Le succès est fulgurant et les applications se multiplient :
1 milliards de téléchargements en 9 mois
60 000 applications disponibles en un an
Ce succès à relégué les sites web au second plan obligeant ainsi les entreprises à passer à l’étape supérieure. C’est le cas de la CIC dont le site mobile « optimisé iPhone » sorti en Août 2009 est presque passé inaperçu.
Depuis quelques mois les entreprises publient tour à tour leurs applications qui sont parfois de simples utilitaires décorrélés du SI … :
Alcootel de la MAAF permettant d’indiquer le taux d’alcoolémie en fonction du nombre de verre bu
Les bons comptes à z€ro de la BNP permettant de faire les comptes entre amis
Carnet Immo de La banque postale permettant de répertorier les biens visités et de simuler un crédit immobilier
… ou, plus récemment, de réelles applications connectées au SI de l’entreprise comme les applications de consultation des comptes du Crédit mutuel (CMB, CMSO et CMMC).
… offrant toujours plus de services
Après ces différentes pérégrinations le marché des entreprises s’est recentré sur les services métiers en exploitant les avantages des terminaux mobiles offerts par les applications natives (mobilité, géolocalisation, connectivité Internet, appareil photo).
La manière dont l’information est sélectionnée, diffusée et présentée change radicalement :
Transport
Utilisation de la géolocalisation pour définir le point de départ des itinéraires
Calcul du trajet en utilisant les dernières informations trafic publiées par web-services RATP
Utilisation de la réalité augmentée pour se rendre à l’arrêt de métro le plus proche
Immobilier
Push des nouvelles offres d’appartements correspondant aux critères de recherche de l’utilisateur (http://www.seloger.com/iphone.htm)
Utilisation de la réalité augmentée permettant de visualiser les appartements à vendre en déambulant dans les rues et en pointant son téléphone en direction des immeubles (http://fr.meilleursagents.com/layar/)
Banque
Envoi de chèques en les photographiant directement depuis l’application (https://www.usaa.com/inet/ent_utils/McStaticPages?key=usaa_mobile_iphone_main)
Localisation de l’agence la plus proche
Ces quelques exemples mettent en lumière l’émergence de nouveaux usages et de nouveaux services mobiles qui peuvent s’appliquer à bien d’autres domaines d’activité (recherche d’emploi, grande distribution, etc.). Les mois à venir vont certainement accentuer cette dynamique et créer de nouvelles habitudes de consommation de services en ligne plaçant l’utilisateur au coeur des réflexions et des développements.
Et le B2E ?
L’AppStore est la face visible des développements pour iPhone mais il en existe d’autres. Apple prévoit des déploiements à destination des employés pour les PME (« Ad Hoc », limité à 100 iPhone identifiés) et pour les grandes entreprises (« In House Store », pour les sociétés de plus de 500 employés) sans qu’elles soient obligées de passer par l’AppStore et son processus de validation.
Ce marché reste assez confidentiel et les entreprises communiquent peu sur leurs développements internes. Les quelques cas d’usage mis en lumière à ce jour sont pourtant plus que motivants :
Santé : Consultation des dossiers patients pour les médecins en visite ou en hôpitaux
Commerce : Prise de commandes depuis l’iPhone
Banque : Consultation des placements à distance pour les conseillers en déplacement chez leurs clients privilégiés
Service : Suivi du temps passé sur une tâche et envoi au système de facturation de la société
Quel avenir ? Web ou natif ?
L’utilisation des SDK natifs est poussée par l’effet AppStore qui amplifie la visibilité d’un produit, d’une marque. Cet effet marketing est surtout valable pour les premiers acteurs d’un marché ou pour les applications très innovantes. Les entreprises qui investissent la plateforme sur le tard peuvent se demander s’ils en bénéficieront. Ainsi l’investissement pourrait bien ne plus être porté par les budgets marketing, comme c’est souvent le cas sur l’iPhone, mais par les DSI elles mêmes qui devront proposer ces services mobiles à leurs clients en respectant leurs budgets souvent serrés.
Dans ces conditions il peut être intéressant de se tourner vers des solutions Web mieux maitrisées par la DSI (compétences en interne, pas de validation par Apple, maîtrise des coûts et des délais) et de réserver les développements natifs à quelques applications innovantes ou qui font appel à des besoins spécifiques (performances, gestion du multi-touch, enregistrements audio ou vidéo, etc.). On pourrait ainsi assister à un retour sur les sites web adaptés favorisé par l’avènement d’HTML 5 et de ses apports (base de données embarquée dans le navigateur, gestion des sons et des vidéos, géolocalisation, etc.).
Jean-François Grang

Les motivations

La part de marché de l’iPhone en navigation Web s’établit aujourd’hui à 0,33 % (source NetApplications) alors pourquoi les entreprises investissent sur ce marché de niche ?

Tout d’abord parce que l’iPhone est une vitrine de publicité incroyable et que les valeurs que portent l’iPhone sont souvent celles que l’on cherche à associer avec ses propres produits : modernité, innovation, beauté, puissance. Sans compter que la cible est un public de trentenaires avec un pouvoir d’achat important.

La seconde raison est liée à la manière dont les consommateurs sont sollicités. L’attention des consommateurs à leurs domiciles est aujourd’hui partagée par de nombreux médias (radio, tv, Internet). L’intérêt du mobile est qu’il permet de toucher les utilisateurs en dehors du domicile dans les transports, en vacances, au déjeuner, en pause, … sans pour autant être intrusif comme une campagne SMS. L’utilisateur redevient alors attentif à une seule source de communication.

Les sites adaptés iPhone

Les entreprises ont donc tout d’abord profité du « buzz » autour de l’iPhone pour qu’il rayonne également sur leurs produits. La première vague initiée en 2007 a donc logiquement été de développer des applications à faible investissement mais forte visibilité : Les sites Web optimisés iPhone. Ces sites Web étaient alors la seule possibilité d’atteindre l’iPhone puisque le SDK et l’AppStore n’étaient pas encore sortis.

Ainsi les banques ont développé des sites Web spécifiquement pour l’iPhone (Société Générale en Avril 2008, Crédit Agricole en Juillet de la même année) qui ont chacun fait l’objet d’un grand nombre d’articles élogieux sur le Web à une période où le secteur bancaire n’avait pas les grâces du public.

L’avènement de l’AppStore et des applications dédiées …

Cette vague de sites adaptés iPhone a doucement fait place aux applications natives lors du lancement du SDK et de l’arrivée de l’AppStore au mois de Juillet 2008. Un catalogue de 500 applications est devenu accessible en quelques clics depuis l’iPhone « anytime anywhere ». Le succès est fulgurant et les applications se multiplient :

  • 1 milliards de téléchargements en 9 mois
  • 60 000 applications disponibles en un an

Ce succès à relégué les sites web au second plan obligeant ainsi les entreprises à passer à l’étape supérieure. C’est le cas de la CIC dont le site mobile « optimisé iPhone » sorti en Aout 2009 est presque passé inaperçu.

Depuis quelques mois les entreprises publient tour à tour leurs applications qui sont parfois de simples utilitaires décorrélés du SI … :

  • Alcootel de la MAAF permettant d’indiquer le taux d’alcoolémie en fonction du nombre de verre bu
  • Les bons comptes à z€ro de la BNP permettant de faire les comptes entre amis
  • Carnet Immo de La banque postale permettant de répertorier les biens visités et de simuler un crédit immobilier

… ou, plus récemment, de réelles applications connectées au SI de l’entreprise comme les applications de consultation des comptes du Crédit mutuel (CMB, CMSO et CMMC).

… offrant toujours plus de service

Après ces différentes pérégrinations le marché des entreprises s’est recentré sur les services métiers en exploitant les avantages des terminaux mobiles offerts par les applications natives (mobilité, géolocalisation, connectivité Internet, appareil photo).

La manière dont l’information est sélectionnée, diffusée et présentée change radicalement :

Transport

  • Utilisation de la géolocalisation pour définir le point de départ des itinéraires
  • Calcul du trajet en utilisant les dernières informations trafic publiées par web-services RATP
  • Utilisation de la réalité augmentée pour se rendre à l’arrêt de métro le plus proche

Immobilier

  • Push des nouvelles offres d’appartements correspondant aux critères de recherche de l’utilisateur
  • Utilisation de la réalité augmentée permettant de visualiser les appartements à vendre en déambulant dans les rues et en pointant son téléphone en direction des immeubles

Banque

  • Envoi de chèques en les photographiant directement depuis l’application
  • Localisation de l’agence la plus proche

Ces quelques exemples mettent en lumière l’émergence de nouveaux usages et de nouveaux services mobiles qui peuvent s’appliquer à bien d’autres domaines d’activités (recherche d’emploi, grande distribution, etc.). Les mois à venir vont certainement accentuer cette dynamique et créer de nouvelles habitudes de consommation de services en ligne plaçant l’utilisateur au coeur des réflexions et des développements.

Et le B2E ?

L’AppStore est la face visible des développements pour iPhone mais il en existe une autre. Apple prévoit des déploiements à destination des employés (B2E) pour les PME (« Ad Hoc », limité à 100 iPhone identifiés) et pour les grandes entreprises (« In House Store », pour les sociétés de plus de 500 employés) sans qu’elles soient obligées de passer par l’AppStore et son processus de validation.

Ce marché reste assez confidentiel et les entreprises communiquent peu sur leurs développements internes. Les quelques cas d’usages mis en lumière à ce jour sont pourtant plus que motivants :

  • Santé : Consultation des dossiers patients pour les médecins dans les hôpitaux ou en visite
  • Commerce : Prise de commandes depuis l’iPhone
  • Banque : Consultation des placements à distance pour les conseillers en déplacement chez leurs clients privilégiés
  • Service : Suivi du temps passé sur une tâche et envoi au système de facturation de la société

Un autre usage encore peu développé est l’ajout de périphériques externes et de les piloter depuis les applications. TomTom est l’usage grand public le plus connu, la ventouse est couplée avec une puce GPS plus performante qui est exploitée par l’application TomTom. Mais c’est Apple qui a montré l’exemple en ajoutant à ses iPod Touch un lecteur de code barre et de carte bleue qui couplé à un logiciel maison permet aux vendeurs des Apple Store (dont celui ouvert il y a peu au Louvre) d’encaisser les clients sans monopoliser de caisse.

Quel avenir ? Web ou natif ?

L’utilisation des SDK natifs a été poussée par l’effet AppStore qui amplifie la visibilité d’un produit, d’une marque. Cet effet marketing est surtout vrai pour les premiers acteurs d’un marché ou pour les applications très innovantes et les entreprises qui investissent la plateforme sur le tard peuvent se demander s’ils en bénéficieront.

A terme, les investissements pourraient bien ne plus être portés par les budgets marketing, comme c’est souvent le cas sur l’iPhone, mais par les DSI elles mêmes qui devront proposer ces services mobiles à leurs clients en respectant leurs budgets souvent serrés.

Les DSI se poseront alors la question de se tourner vers des solutions Web qu’elles savent maitriser (compétences en interne, pas de validation par Apple, maîtrise des coûts et des délais) et qui permettent d’adresser plusieurs plateformes. On pourrait ainsi assister à un retour sur les sites web adaptés favorisé par l’avènement d’HTML 5 et de ses apports (base de données embarquée dans le navigateur, gestion des sons et des vidéos, géolocalisation, etc.).

Le Web n’apportera cependant pas toutes les réponses et un certain nombres de cas d’usages nécessitent une application native (push de données, performances, gestion du multi-touch, enregistrements audio ou vidéo, etc.) et c’est pour ces fonctionnalités étendues que les applications sont souvent plébiscitées car elles sont originales et qu’elles ne sont pas une version adaptée d’un existant. Sans oublier l’expérience utilisateur qui est bien plus agréable

L’enjeu sera de bien positionner le curseur en fonction des applications, leurs objectifs, leurs usages, la valeur qu’elles dégagent et leurs potentiels. L’approche mixte Native et SDK est également envisageable grâce au WebKit qui permet d’inclure des pages Web dans les applications permettant ainsi de mutualiser une partie des développements tout en conservant les avantages du client lourd.

Jean-François Grang

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