Les agences bancaires, la fin d’un modèle ?

      Suite à un article paru dans La Tribune sur l’avenir des agences bancaires en France, nous avons souhaité rebondir sur cette problématique du monde de la banque de détail.

     En 2010, plusieurs signes permettent de dire que le modèle classique de l’agence bancaire du coin de la rue est en train de se faire bousculer. Il est désormais communément admis que la concurrence est présente tant sur le plan tarifaire que des services offerts ou de la technologie mise à disposition des clients. Les banquiers prennent conscience (enfin diront certains) que si les agences ne veulent pas mourir, elles devront faire évoluer leur modèle.

Une concurrence de plus en plus forte sur les métiers des agences

     Mais soyons factuels, examinons un à un les métiers de la banque de détail et faisons le point de la concurrence.

Le crédit personnel ou aux entreprises

  • Aujourd’hui, les agences rencontrent leurs clients pour monter et signer les contrats.
  • La proximité voire la connaissance du tissu économique local est un atout.
  • L’agence a une carte à jouer avec la proximité clientèle pour établir des contrats plus ou moins hors standards ou pour faire des montages spécifiques.
  • Toutefois, pour des contrats standards, les simulations, la préparation des dossiers voire l’octroi (tout dépendra des montants), tout peut se faire sans les services des agences, par internet par exemple.

Le crédit à la consommation

  • L’agence n’a que peu de valeur ajoutée car tout peut se faire par téléphone et toutes les banques ont leur filiale dédiée et spécialisée sur ce métier. Les appels passent par des plateformes centralisées.
  • Il en va de même pour le rachat de crédit.
  • Les partenariats avec des magasins dans tous les domaines permettent aussi de souscrire un crédit sans passer par une agence.
  • Les simulateurs/comparateurs produits sont pléthores sur le web.

Les banques assurances

  • Souscrire, gérer son contrat, gérer un sinistre en assurance se fait par téléphone ou par internet via des plateformes centralisées. L’agence n’a pas de valeur ajoutée.

Le conseil en agence

  • Il y a ici et depuis des années une polémique ! De nombreuses associations de consommateurs et d’usagers l’affirment et les banquiers eux-mêmes « hors micro » le reconnaissent : les conseillers en agence sont des vendeurs qui maîtrisent mal les différents produits qu’ils vendent. En clair, la mission de conseil n’est pas correctement assurée en agence.
  • La fonction (i.e. conseiller) est très mal valorisée en interne. Dès qu’ils le peuvent, les conseillers quittent les agences pour aller vers des univers plus valorisants voire plus rémunérateurs comme le middle ou le back office voire la banque d’investissement.
  • Internet concurrence très largement la compétence des conseillers.
  • BforBank, Boursorama et d’autres ont mis en ligne de nombreux comparateurs de produits ainsi que des fiches produits et des outils de conseil en ligne.

La bourse et l’épargne, c’est ici que la concurrence est la plus féroce d’un point de vue métier et chiffre d’affaire (voir chapitre sur les batailles).

  • A moins de les expliquer correctement (voire le point « Le conseil en agence ») les agences n’ont que peu de valeur ajoutée sur la proposition de produits d’épargne.
  • Hors produits ultra standards, qui ne distinguent aucune banque (Livret A, PEL, livret développement durable…) les banques en ligne offrent une gamme de produits d’épargne larges (notamment en assurance vie) et, qui plus est, souvent à des tarifs voire des rémunérations plus attractives : Ex. ING Direct, Binck Bank, BforBank, Fortuneo, Cortal Consors …
  • Dans le cas des assurances vie, derrières ces contrats dits « en ligne », on retrouve parfois adossés des acteurs plus traditionnels et anciens que les épargnants, rassurés, connaissent bien (Ex. General