Le changement : pourquoi on n’y échappe pas et comment (bien) le faire

Une lecture organisationnelle de l’épisode de « Change ma vie » de Clotilde Dusoulier

Si vous ne connaissez pas le podcast « Change ma vie » de Clotilde Dusoulier, je vous invite chaudement à le parcourir. Le fond est pertinent, l’approche est inclusive, et la forme à la fois énergique et agréable à entendre (à mes oreilles, tout du moins).

Illustration de l'épisode de Change ma vie

Le podcast de Clotilde Dusoulier.

L’épisode 129 sur le changement a ceci de particulièrement intéressant qu’il donne un éclairage plus général sur tout ce dont elle a parlé jusqu’ici. En voici un très bref résumé :

  • Tout d’abord, on n’y échappe pas : tout est changement, nous sommes changement, et tant qu’à faire d’évoluer, autant être acteur de ce changement, c’est-à-dire choisir de le faire et comment le faire (comme le surfeur sur ses vagues), au risque de “dés-évoluer”
  • Ensuite il faut suivre 3 étapes :
    1. La prise de conscience : qu’est-ce qui empêche de vivre une situation désirée ?
    2. L’attention focalisée : en restant patient, de quelle façon se manifeste le schéma de pensée qui contribue à la situation actuelle ?
    3. La pratique délibérée : en mettant à profit l’imperfection propre à toute action, choisir d’appliquer de nouveaux schémas de pensée
  • Et pendant ces étapes, il faut garder une clé à l’esprit : cela n’aura d’effet sur le long terme qu’en mettant en place un système de responsabilisation et d’engagement – notamment grâce à du coaching

Bien qu’orienté développement personnel, je trouve que cela s’applique également très bien dans un contexte organisationnel, en particulier dans l’agilité.

Tout commence avec l’initiative d’un individu qui veut sortir du lot.

Tout commence avec l’initiative d’un individu qui veut sortir du lot.

Il y a toujours une première intention à l’initiative d’une personne ou d’un groupe de personnes pour faire changer les choses (« transformation », « évolution », « correction »), intention qui génère et diffuse une énergie qu’il faut encourager et entretenir. Néanmoins, le désir d’aller vite (dopamine, quand tu nous tiens…) tend à précipiter dans l’action tous les acteurs, salariés, prestataires, partenaires, ce qui crée deux nouveaux risques :

  • soit en changeant tout, rien ne va changer : les systèmes de pensée sont restés les mêmes, seuls les mots ont changé. Nous avons par exemple rencontré une entreprise qui avait renommé ses rôles du sol au plafond en utilisant les terminologies « agiles », mais le mode de fonctionnement restait le même, typé MOA/MOE :  les noms des rôles des personnes avaient changé mais pas leurs prérogatives ni leurs dynamiques relationnelles
  • soit, en cas de dépassement de la limite d’acceptabilité, l’action se transformera systémiquement en réaction.

Cette deuxième situation de réaction peut être de deux ordres :

  • l’action provoque une réaction de la part des individus. Chez une autre société, après avoir un temps joué le jeu l’un des collaborateurs avec un rôle clé s’est rendu compte qu’il avait perdu un élément fort de ses valeurs, en l’occurrence une perspective de progression professionnelle. Devant l’absence de réaction des managers et des personnes des ressources humaines, il a rapidement adopté une posture attentiste et méfiante qui a fini par impacter l’ensemble de son équipe
  • et donc à l’échelle de l’organisation une action de transformation se transformera en réaction à la transformation. Il nous est arrivé par exemple d’intervenir chez un client dont l’ensemble des individus étaient en réaction après la non prise en compte de situations difficiles,  provoquant un ensemble de comportements allant en sens opposé à l’objectif de transformation, ce qui a rendu celui-ci obsolète pour de longs mois

Cela aura pour conséquences blocages, souffrances et échecs. Dans le cadre d’un groupe de personnes ou d’une organisation il y a effet démultiplicateur entre ce qui se passe dans le groupe et ce qu’il se passe pour l’individu, dans un sens comme dans l’autre.

Cette limite d’acceptabilité est franchie quand l’individu, le groupe ou l’organisation n’ont pas ou perdent la conscience de ce qu’il se passe, ce qui arrive quand la machine tourne toute seule, trop vite, de manière déshumanisée.

Une personne qui a dépassé ses limites.

C’est l’un des grands apprentissages de la mise en place du système de production de Toyota jusque dans les années 1980, en cas de problème la première chose à faire est de ralentir (c’est l’effet recherché principal du célèbre formulaire A3). C’est également une méprise importante et trop largement répandue de la toute dernière approche « Accelerate » : l’accélération est l’objectif, pas la façon d’y arriver. Avant de tout bouleverser, il est urgent de prendre le temps :

  1. de comprendre ce qui n’est pas satisfaisant dans la situation actuelle : Identifiez les situations non désirées et en quoi elles sont non désirées,
  2. puis de comprendre ce qui empêche actuellement d’obtenir une situation satisfaisante : Observez la survenue de nouvelles situations non désirées, cherchez à reconnaître les facteurs ayant favorisé ces situations ou au contraire ceux n’ayant pas suffit à les empêcher, puis reliez ces facteurs à l’intention initiale,
  3. et enfin de mettre en place pas à pas de nouveaux circuits de réflexion et de décision, en s’aidant des erreurs commises pour mieux progresser : Agissez sur les facteurs précédents les uns après les autres, tout observant les résultats de ces changements avec le recul nécessaire à l’apprentissage.

Tea-time, une façon de prendre son temps et de discuter.

Je terminerai en paraphrasant la conclusion de Clotilde Dusoulier : faire appel à un coaching externe permet d’augmenter notablement les chances qu’une personne, qu’un groupe ou qu’une organisation puisse sortir de ses schémas de pensée existants, en renforçant chez les personnes impliquées dans ces changements les liens entre actions, résultats et engagements. Car c’est fondamentalement cela, le coaching : un moyen d’acquérir durablement de nouvelles habitudes en s’appuyant sur ses propres ressources.

Un coach peut vous aider à sortir durablement de votre coquille.

 

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