Le backlog est vivant, il bouge avec des feedbacks (épisode 6 – le Backlog bouge encore)

Ça s’arrête quand de bouger.

Charlotte ne sait plus si c’est une bonne ou une mauvaise nouvelle tous ces changements.

L’application à la fin de l’itération 2 :

L’application à la fin de l’itération 3 :

Maintenant c’est la fin de l’itération 3. 

Théo et Léa ont l’air de plus en plus contents. 

Pourtant Charlotte est dépitée.

L’application grossit en se modifiant à chaque fois. Et en s’améliorant à chaque fois.

Maintenant il y a un vrai parcours d’apprentissage. Chaque leçon validée permet d’apprendre de plus en plus, sûrement.

Le dernier ajout en date : la fonction « Continuer la leçon » tout en haut de la page d’accueil.

Les utilisateurs ont pris l’habitude d’utiliser ce bouton pour continuer à apprendre. L’application sait où ils en sont. L’application sait ce qu’ils ont à faire. L’application les aide à progresser.

Et puis, l’avenir est radieux.

Les autres fonctions à venir ont l’air géniales. Charlotte-PO parle avec ses utilisateurs de nouvelles idées très pertinentes.

Par exemple, elle ne savait pas avant qu’elle voudrait écrire cette idée : « deviner un romaji sans choix proposés ». En effet, vu avec ses utilisateurs, c’est toujours un peu un jeu de déduction. Ils ont donc décidé que l’étape d’après ce sera de demander à l’utilisateur d’écrire le romaji avec le clavier. Il devinera sans aucune proposition de romajis. La devinette ne sera plus un jeu de déduction.

Là ce sera parfait.

Fini la déduction, le memory, le peu de réflexion.

Le kana est affiché, la zone de saisie invitera l’utilisateur à deviner vraiment le romaji.

Comme si elle n’avait pas vraiment réfléchi à son produit au début.

Pourquoi a-t-il vraiment fallu ces trois itérations pour avoir ce produit là ?

C’est ça qui la dépite.

Tout le monde est content, et pourtant tout a été cassé, reconstruit. 

La moitié disons, sans dramatiser.

La moitié de ses idées initiales ont été modifiées ou supprimées.

Et les utilisateurs sont plus contents que lors de la première itération.

Finalement ce n’était pas un accident les feedbacks sanglants de l’itération 1.

Ces feedbacks ont permis de pivoter, de choisir un meilleur chemin pour l’application.

De pivoter tôt.

Probablement parce que les feedbacks sont vrais.

Théo et Léa ont exprimé leurs feedbacks en ayant l’application en main. Les feedbacks ne peuvent pas arriver autrement que par la vraie utilisation du système. L’application se construit avec l’expérience des utilisateurs, et cette expérience est réelle. C’est la vraie vie. Les points remontés sont concrets, les ajustements qui ont lieu sont bénéfiques. 

Douloureux et bénéfiques.

Il a fallu modifier des parties déjà fonctionnelles, et elle se rend à l’évidence, le résultat est meilleur.

Les adaptations successives de l’application contribuent à son adoption successive.

Un succès.

Elle rumine encore, si elle avait persisté dans son backlog initial aujourd’hui elle n’aurait pas du tout ce résultat là. Ça se trouve les utilisateurs n’y joueraient pas. Les enfants seraient déçus. Alors que là elle a toute leur admiration.

Du coup elle repense à ses projets précédents, sans tous ces feedbacks. 

Comment faisait- elle ?

Un planning.

Un planning avec la liste de tout ce qu’il y a à faire.

Rapide jeu des 7 différences entre ces deux situations.

Elle en trouve 2 : 

  • ici, le produit marche à chaque fois qu’elle le montre,
  • ici, les feedbacks permettent d’augmenter la satisfaction utilisateur.

Elle réfléchit, il y a une autre différence, plus importante.

Elle a le droit de refaire.

Elle est autorisée à se tromper.

Les feedbacks ici ne sont pas une erreur, elle les voit comme une chance d’améliorer le produit. 

Pourquoi ici, maintenant, et pourquoi pas dans sa vie professionnelle ?

Qu’est ce que le contexte familial a modifié dans ce cas précis ? Peut être parce que le projet lui tient plus à coeur, peut être parce que devant ses enfants il faut absolument réussir. Peut être aussi parce qu’elle ne peut pas se permettre de perdre son temps, c’est du temps personnel tout ça et elle pourrait tout aussi bien le passer avec eux plutôt qu’à développer un logiciel informatique pour après passer du temps avec eux.

Donc c’est normal que le backlog bouge, et il bougera toujours.

Elle conclut ainsi : 

Le planning, c’est de l’imagination : « ça devrait se passer comme ça ».

Les itérations, c’est la vraie vie : « ça vous plait ? »

Solution 1 : la voyance existe.

Solution 2 : la voyance, bof.

Le produit est construit avec de vraies informations, pas des suppositions. Sans cesse remis en question, sans cesse amélioré.

Le backlog bouge et bougera encore.

C’en est déconcertant. 

Ça a l’air évident, et pourtant pour elle, c’est une découverte.


épisodes :

1 – synopsis et glossaire

2 – pour découvrir le produit, il faut le construire

3 – le développeur en piste

4 – les utilisateurs seront ravis

5 – le backlog bouge

6 – le backlog bouge encore

7 – la PO n’est pas certaine, elle pourrait aller plus vite

8 – c’est un succès


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