IoT world 2017 (Santa Clara)

De Janvier à Juillet, j’ai été en mission au coeur de la Silicon Valley pour une mission industrielle IOT pour un grand compte de l’énergie.

L’IOT World 2017 avait lieu à Santa Clara à quelques miles de nos bureaux le 17 / 18 mai.

J’y ai vu l’opportunité de couvrir l’événement pour y décrypter les tendances de l’année à venir et peut-être trouver des nouvelles solutions activables dans nos projets.

A la suite de ces deux jours de conférence, j’ai pu observer que l’IoT est toujours un mot à la mode, mais le buzz s’est essoufflé, car les désillusions ont été nombreuses. Différents acteurs du marché n’ont pas trouvé de modèle de monétisation comme le dit BOB O’DONNELL

« It is hard to make money with IoT »

Nous constatons un retournement de situation avec la montée en puissance des objets domestiques dans les foyers américains comme Alexa (d’Amazon) et Google Home. Deux ans après sa commercialisation, Amazon a vendu plus de 11 millions d’exemplaires, ce qui représente 10% des foyers américains. Dans les couloirs de l’IOT world on ne parlait que de ça.

 

J’ai assisté à deux jours de conférences, je me suis concentré sur deux streams, smart home et smart cities, des marchés centrés B2C et Business to City. Je n’ai pas assisté aux présentations sur la santé, le transport et les utilities. Il y a eu, par conséquent, des annonces que je ne vais pas reporter dans cet article.

Voici 4 tendances que je vois impacter le marché sur l’année à venir.

Smart home assistant

Ce furent les stars de ces deux jours de conférence : Alexa et Google Home. Perçu au premier abord comme un gadget amusant, le smart home assistant permet surtout l’arrivée de nouveaux services, comme l’achat par simple commande vocal sur Prime Now et la réception en moins de deux heures. Il n’y a plus d’interface physique, l’ensemble des interactions s’effectuent directement par la voix avec une grande fiabilité, grâce à la maturité du NLP (Natural language processing). Au delà de l’univers d’Amazon ou Google, ce sont des plateformes de développement. Plus de 1300 projets sur Github existent et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. J’ai assisté à une démonstration au cours de laquelle, le démonstrateur configure les appareils connectés de sa maison par la voix. Par exemple, créer un groupe salle à manger (avec des ampoules, des radiateurs et des prises de courants) et allumer ce groupe.

Dans le panel “From Cool to Crucial: Achieving Mass Market Success of Connected Industry, Enterprise and Consumer”, Nate Williams enfonce le clou : “il faut suivre les acteurs plateformes tels que Apple, Google, Amazon pour rester dans la zone de confort de l’utilisateur”

Nous constatons un engouement fort du grand public avec une croissance de 1600% des ventes entre 2016 et 2017, on peut donc s’attendre à voir ces objets envahir notre quotidien dans les 5 ans à venir. Des compagnies comme Netflix ou Spotify prennent déjà les devant pour être présents sur ce nouveau canal.

Beaucoup d’usages n’ont pas encore été découverts ! On peut faire le rapprochement avec les débuts du smartphone. Initialement, personne n’aurait imaginé qu’il allait complètement supplanter le GPS !

Les passerelles

Au travers des talks: “Edge to Core computing – Where are the analytics taking place?” et  “Secure Industrial IoT solutions with the Edge”, le modèle de l’Edge computing est venu à l’ordre du jour pour relever les défis de la sécurité et de la fiabilité des systèmes IoT.

 

L’edge computing consiste à ajouter une part d’intelligence dans la gateway, pour faciliter et améliorer la gestion d’un ensemble de devices IoT. On retrouve ce modèle sur les smart home assistants pour éviter de saturer la bande passante et faciliter la connectivité avec d’autres devices.

Aujourd’hui, l’architecture dominante consiste à avoir une gateway transparente  dont le rôle s’applique à la couche réseau exclusivement, il n’y a aucun rôle applicatif (filtre sur les messages à envoyer). Ce qui nous amène à nous poser plusieurs questions à propos des coûts cachés de la scalabilité et du cloud.

  • Que se passe-t-il en cas de latence ?
  • Si la bande passante des réseaux est trop faible ?
  • Si le signal raw est trop riche ?
  • Comment corréler le service rendu avec la facturation du cloud (qui est à la consommation) ?
  • Est-ce que les plateformes IoT actuelles scalent vraiment de façon linéaire ?

 

L’Edge computing est un axe de réflexion à étudier pour potentiellement répondre à ces problématiques.

La communication vers le cloud est prétraitée par la gateway et sollicite moins le cloud.

De cette façon, la latence est plus faible et ce fonctionnement permet de limiter les surprises de scalabilité et de coût.

On pourrait écrire des pages entière à propos du edge computing mais on s’éloignerait trop du sujet de cet article.

Connectivité et sécurité

Le choix du réseau pour connecter ses objets a été un sujet fréquemment évoqué. Les réseaux LPWAN (bas débit, basse consommation) ont été au centre de nombreuses conversations.

Pour une architecture IOT, nous ne constatons pas d’alternative aux LPWAN aujourd’hui, mais il faut rester à l’écoute du marché car de nouvelle solutions peuvent apparaître très rapidement et exploser (5G?)

 

Le LPWAN ne répond pas à des challenges, tels que la mise à jour des devices ou l’encryption de données comme nous l’avons détaillé dans l’article “IoT et sécurité : une union impossible ?”

Dans le panel: “How LPWAN fills the performance gap between wide area cellular and local area short range wireless technologies”, les intervenants nous rappellent que les réseaux LPWAN ne sont pas interopérables. Un device SigFox ne fonctionnera pas sur un réseau LoRa.

Aujourd’hui le choix du réseau est donc important. Il n’y a pas standard visible à l’horizon.

La 3G ne couvre pas les besoin de l’IoT (trop gourmande en énergie), la 5G répondra surement à ce problème.

 

Lors de la table ronde, la CTO de la ville de Washington DC (Archana Vemulapalli) nous a fait part de ces craintes de l’utilisation de réseau public telle que la 3G, qui ne garantissent pas une qualité de service et peuvent poser des problèmes lorsque le réseau est saturé. Par exemple lors de grands événements sportifs.

Smart cities

Dans le cadre de programmes d’aménagement urbain, les projets de smart cities s’insèrent parfaitement.

J’ai assisté à la table ronde “The bigger Picture: Harnessing the ioT opportunity to enhance communities, cities and environments”,

Brenna Berman, Archana Vemulapalli, Arlette Hart et Phil Quade parlent avec engouement des programmes en cours qui embarquent des solutions de smart cities. Un des projets qui m’a marqué est celui qui est en cours de réalisation dans la ville de Washington DC. La ville compte installer des capteurs dans toute la ville pour collecter des données sur les déchets dans l’objectif d’optimiser leur collecte. (lien vers le projet).

Toutes les initiatives pour washington DC (et elles sont nombreuses) sont regroupées sur le site suivant : https://smarter.dc.gov

Dans un registre plus léger j’ai assisté à la présentation d’Analog devices. Celle-ci démontre, à l’aide d’une maquette en Lego, à quoi pourrait ressembler une smart city.

 

Conclusion

Au final,il n’y a pas eu de grandes annonces, les constructeurs préfèrent le faire lors de leur propre conférence. En effet, Apple a annoncé dans les jours suivant l’arrivée prochaine de son assistant domestique, le “Homepod”.

Je n’ai pas reparlé des sujets plus “classiques” comme la sécurité, les plateformes, les objets …

Nous retenons qu’une nouvelle effervescence s’est créée autour des smart home assistants (Alexa notamment) pour apporter l’IoT chez “monsieur tout le monde” et créer de nouvelles opportunités auprès du grand public.

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