Innovation dans les services financiers : Retour sur Finovate 2012

Rappel Finovate quésako?

Comme l’année dernière, nous  nous sommes rendus dans le quartier de la City à Londres pour assister à l’un des grands rendez-vous de l’innovation bancaire, à savoir Finovate pour sa deuxième édition européenne.


Petit rappel du format de la conférence : 35 startups ou éditeurs ont 7 minutes pour présenter leur produit dans le cadre d’une démo sans slides. Passé ce compte à rebours, le Monsieur Loyal de l’organisation intervient et éconduit  nos malheureux présentateurs.

2012, un bon cru?

Quelques redites par rapport à l’année dernière, mais avec quand même plus de 2/3 de nouveaux participants, cette session a réuni plus de 550 personnes dans des locaux et un service de qualité.

Concernant le contenu nous vous proposons, en plus d’une analyse par typologie de produit, 3 catégories bonus :

  • Nos coups de coeur
  • C’est bien ton truc mais j’y crois pas
  • Les nanars

Nos coups de coeur

S’il ne devait en rester qu’un, ce serait ibrokr qui propose une plateforme de pari en ligne basée sur la bourse : en gros vous pariez sur une hausse ou une baisse d’un indice ou d’une action à un moment donné et les autres utilisateurs peuvent parier contre vous. C’est joli, accessible, ludique et on n’a pas besoin d’accéder à une place du marché : pour apprenti trader donc.

Deuxième concept intéressant : CurrencyFair qui propose, pour le particulier, une plateforme d’achat/vente de devises sur la base d’une communauté d’adhérents, tout en offrant, si besoin, la possibilité d’accéder au  marché. Les taux et frais sont très réduits et l’expérience utilisateur est au rendez-vous.

Dernier coup de coeur avec nos amis de Kabbage qui propose une méthode de scoring de TPE originale afin de leur proposer des financements. A savoir : importer les informations de ventes sur amazon, eBay et les croiser avec les données sociales (nombre de followers et d’amis sur Facebook). Encore une fois, en dehors du concept intéressant, la réalisation est très soignée.

PFM forever

A défaut de trouver sa place en France, la mise en place des solutions de PFM en Europe avance à bon train. Ce n’est donc pas une surprise de retrouver ce type d’acteur à Finovate.

Mon petit préféré, c’est celui proposé par INDGroup avec une orientation forte sur la gamification. Imaginez 5 minutes, que vous cumuliez des points par transaction, si vous payez vos factures à temps, si vous n’avez pas de découvert ou si vous epargnez. Avec ces points vous obtenez des badges et vous débloquez des produits bancaires à des tarifs préférentiels! Ok, c’est vrai, je ne vois pas une banque faire ça demain, mais côté crédit à la consommation, ce type d’approche pourrait se révéler payante.

Meniga était là aussi cette année, avec de notre point vue l’une des meilleures solutions du marché. Leur présentation était centrée sur  des nouvelles fonctionnalités autour de la gestion d’alertes, de la visualisation de objectifs de vie (life goals) et des recommandations que pourrait faire la banque.

Enfin la proposition de Cardlytics, que  nous avions présentée rapidement à l’USI l’année dernière propose d’insérer des coupons de réduction dans le suivi des opérations par rapport à un réseau de commerçants partenaires. Ainsi, sur un débit pour le MacDonald’s, on a un coupon de réduction pour Burger King qui s’affiche. Le produit s’est bien enrichi notament sur le suivi des campagnes marketing associées à ces offres de couponing.

Mobilité has been?

Sans surprise, c’est le sujet qui a concentré le plus de sessions, mais franchement rien de bien révolutionnaire. Sur plus d’une dizaine de présentations, nous en avons retenu 2 :

  • La présentation du français Mootwin avec sa plateforme de trading temps réel sur le mobile et l’iPad. Le produit aperçu est vraiment de qualité et était associé à la présence de Cortal Consors. Par extension, la solution exposée permet de faire de la gestion de portefeuille, de la gestion de risques, de pousser des recommandations d’investissements avec un accès direct à la plateforme de trading.
  • Dans la lignée de Square et de son succès aux Etats-Unis, Handpoint s’est positionnée en Europe sur les paiements sécurisés par CB et mobile. La solution nécessite quand même un hardware supplémentaire est élégante et est un concurrent direct du français Cellfony ou d’Ingénico. La présence du device hardware vient du fait que les opérateurs de paiement comme Visa ne jugent pas le terminal mobile comme suffisamment sûr pour capter la saisie du code PIN. Cellfony aurait trouvé la parade et annonce pouvoir être homologué dans ce sens. Ces deux types de solutions sont à suivre en plus de celle d’Ingénico.

Les inclassables

Les espagnols de eToro sont revenus cette année avec toujours autant d’énergie. Leur concept a été enrichi mais nous sommes toujours en train de nous demander si cette plateforme mondiale et « sociale » de trading qui permet, entre autre, d’opérer les mêmes ordres que des traders en temps réel n’est pas une forme de manipulation de cours…

Dans la catégorie, « y’a des idées derrières mais on sait pas si ça va marcher… », il y a tradeshift qui propose de construire un réseau social B2B pour faciliter la facturation entre ses acteurs. Les fonctionnalités offertes sont : opérer la facturation,  la possibilité de faire une remise pour un paiement immédiat et donc sortir du « paiement à 45 jours fin de mois » et des activités proches de l’affacturage.

InvestorBee propose quant à lui, via une analyse objective de portefeuilles réels anonymisés, de fournir et de partager les informations sur le rendement et le risque ainsi que les caractéristiques de composition des portefeuilles tout en se référant à la segmentation des personnes possédant ces portefeuilles. Au delà du concept, IHM de qualité et ergonomie sont au rendez-vous.

Dans une idée assez proche, Nutmeg se positionne sur la simulation de portefeuilles par rapport à des objectifs de vie avec visualisation des risques associés. De là à avoir la connexion vers un partenaire pour mettre en oeuvre le porterfeuille, il n’y a qu’un pas qui permettrait de transformer l’essai.

Un petit dernier avec CréditHQ qui propose un scoring des TPE et PME sur la base de leur historique de paiement afin de mesurer le risque de défaut de paiement.

C’est bien, mais on n’y croit pas

On commence avec Miicard qui se positionne sur la fédération d’identité et l’identité numérique. C’est évident que c’est un sujet porteur, par contre nous ne voyons pas une startup remporter le sujet.

Dans la catégorie gadget, les lituaniens d’etronika proposent une solution de banque en ligne sur la TV avec interaction via Kinect. Et là, je ne sais pas si c’est moi, mais je ne me vois pas souscrire un produit ou faire un virement sur ma TV debout dans mon salon…

Dans la catégorie technologiquement au point, pertinent, mais que l’on pourrait qualifier d’old school, AcceptEmail propose de gérer ses factures et leur paiement via la réception et l’interaction avec des mails, et Striata permet de gérer ses factures et leur paiement via la réception d’un document PDF interactif.

Enfin, Dynamicspropose des CB avec électronique embarquée afin de choisir parmi 2 comptes ou bien des options de paiement. Par exemple, la carte porte les choix d’option de paiement (débit et crédit) via des switchs intégrés à la CB.

Ma catégorie préférée : les nanars

Le gagnant dans la catégorie surréaliste : nous avons une association avec Paypal, que l’on ne présente plus, et Caixa, une banque espagnole, qui nous propose d’intégrer Paypal comme service de la banque pour faire les paiements sur Internet. On a toujours pas compris quel était l’intérêt pour la banque à part perdre de l’argent et la transaction tout en faisant rentrer le loup…

Je me permets de regrouper Ixaris et ServerSide qui sont positionnés sur les services de paiement, par ailleurs intéressant, mais qui ont centré leur présentation sur une feature dépassée : la customisation de l’apparence des CBs, waouh…

Mais incontestablement, la palme revient à Wiipro (grosse SSII indienne, pour ceux qui ne connaissent pas) avec une tablette pour les conseillers bancaires: imaginez une démo de 7 minutes où le produit se plante au bout de 2 minutes, bref il ne reste pas grand chose… Le produit n’est pas fini et on sent bien que l’ergonomie ne fait pas partie de leurs préoccupations (écran surchargé, temps de réponse de plusieurs secondes, et les couleurs, oh les couleurs, oh my god…)