France Digitale day : résolument disruptif et politique #FDDay

Mardi 15 septembre, l’événement « France Digitale Day » est revenu pour sa 3ème édition au carreau du Temple afin d’encourager les talents de l’écosystème entrepreneurial français. Chez OCTO Technology, nous nous sommes rendus sur place pour mieux vous en parler !

Startuppers, entrepreneurs, business angels, patrons de grands groupes, et politiques… Ils étaient tous réunis par Marie Ekeland et Olivier Mathiot, tous deux co-présidents de France Digitale, pour participer au grand rassemblement du secteur.

Bien conscients des enjeux politiques autour du digital, ils ont proposé à l’ensemble de l’écosystème du numérique un « Battle for Greatness » pour discuter et construire l’avenir du secteur en France. « Out » les traditionnelles tables rondes, ici les entrepreneurs confrontent leurs idées dans une arène centrale pendant 15 minutes. Le tout en anglais, s’il vous plaît, puisque la majorité des intervenants viennent de grands groupes mondiaux ou de start-ups internationales.

Marie Ekeland nous rappelle d’ailleurs qu’« aujourd’hui, il s’agit d’une bataille économique. Tous les changements numériques, climatiques ont un impact mondial : vous devez vous penser comme un entrepreneur, vous devez penser à une échelle planétaire ». De quoi nous immerger tout de suite dans le premier round.

La force des startups : simplicité, rapidité et innovation

Round 1: Startups vs. The World. C’est parti pour 1h45 de joutes verbales. Dans cette ambiance de championnats, les adversaires s’observent et se challengent : la bataille promet d’être intéressante !

Deux start-ups internationales arrivent sur le ring. Elles viennent nous parler d’UX Design, devenu central dans leurs stratégies de produit unique. « Nous avons 85 designers » commence Alex Castellarnau, directeur UX chez Dropbox. « Nous créons un design pour 400 millions d’utilisateurs » renchérit Mickael Pryor, CEO de Trello.

L’un comme l’autre « nous devons garder notre simplicité d’utilisation » relance Dropbox. Dans la salle, cette phrase résonne particulièrement auprès des grands groupes, car offrir une interface simple et ergonomique est un vrai challenge !

Les 15 minutes sont passées et c’est au tour de Sigfox et OVH de prendre place. Ici, pas de lutte « on ne doit pas aller vite, mais plus vite » pour Ludovic le Moan, CEO de Sigfox. Dans un environnement concurrentiel ou les petits bossent pour les grands, construire des solutions pour la distribution de masse se réfléchit dès le premier jour, avec un modèle évolutif.

Les sujets s’enchaînent : on se défend de la monétisation de l’audience avec Happn et Citymapper, on évoque la gestion en interne de l’hypercroissance avec Zalando, et on décortique encore quelques tendances avec d’autres start-ups. Mais un élément retient mon attention : le salarié. On en parle indirectement, mais il revient toujours dans les conversations. D’ailleurs, pour Parrot « détecter les talents en interne est une question fondamentale ». Des talents parfois débauchés par des multinationales à l’autre bout de la planète en raison d’une France pas toujours attractive….

“Alors, est-ce que le handicap de la France, ce n’est pas la France elle-même ?”

C’est avec cette phrase que Patrick Robin introduit le Round 2 = France vs. France. Souhaitant apporter des réponses avant la présidentielle de 2017, Olivier Mathiot nous avertit : «Dans la bataille mondiale du numérique, la France a beaucoup d’atouts mais aussi certains freins. À nous d’en débattre et de les faire sauter ». Lois obsolètes, contrats d’embauche inadaptés, manque d’audace et d’entreprenariat de la part des français… Tous les sujets sont mis sur la table.

C’est une partie très politique, où l’on met en avant les enjeux culturels et les contraintes réglementaires. Avec pour défi majeur la nécessité de s’adapter à la nouvelle économie.

Des idées, il y en a eu, des biens et des moins heureuses. Et chaque parti politique y va de sa suggestion pour faire avancer les choses. Côté entrepreneurs, c’est un peu différent : pour Drivy, ce qui est important c’est la politique, alors que pour Google c’est d’adapter les réglementations. Chacun voit donc midi à sa porte et les besoins sont aussi nombreux que les interlocuteurs.

Cependant, on peut retenir une chose : la France est consciente et a déjà fait des progrès en matière de digital. Le baromètre Ernst &Young est là pour nous le prouver.

 

2015-09-18

Comme nous le rappelle Olivier Mathiot « on marche alors qu’on devrait courir ». Et Axelle Lemaire, secrétaire d’état chargée du Numérique, en a bien conscience. « Cette semaine, nous accueillons un hackathon-innovathon créatif à l’Elysée » nous dévoile-t-elle. Cette manifestation, initiée par François Hollande, est là pour promouvoir le lancement de la Grande École du Numérique. – Tech & Co. « Et la semaine prochaine, la proposition de loi sur l’open data sera rendue publique ». Des mesures gouvernementales utiles, mais encore insuffisantes à l’échelle mondiale.
Heureusement, les startups françaises et les grands groupes du numérique ne manquent pas de créativité. C’est donc à notre gouvernement de leur donner les outils pour s’exprimer !

Pour survivre : se réinventer ou miser sur l’acquisition de start-ups ?

Puisqu’on évoque beaucoup les grandes entreprises, il était normal d’échanger sur leurs difficultés : comment font-elles face à la disruption des startups ? Comment peuvent-elles gérer l’innovation et rester compétitives dans un marché mondial hyper concurrentiel et en constante évolution ?

« Notre challenge, c’est de survivre » explique Laurent Frisch, le patron du numérique de Radio France. Certaines grosses structures se lancent alors dans le rachat de startups. Mais il n’est pas si simple de changer de méthode ou de culture d’entreprise, et celles-ci ont parfois du mal à devenir agile.

Nicolas Dufourcq, directeur exécutif de BPI France, pense que « nous devons changer : nous avons besoin de nous préparer pour l’open innovation ». Ce troisième round, Corporates vs Disruption m’a paru essentiel pour mieux comprendre l’écosystème du numérique. Je reste cependant sans réponse concrète quant à la meilleure manière de s’adapter, quel que soit le côté ou l’on se trouve.

Qui manque d’ambition : les start-ups ou les investisseurs européens ?

On s’en rend compte rapidement : les investissements européens sont loin d’être aussi gros que ceux réalisés par les américains. « En 2010, on ne pouvait pas trouver de fonds en France, c’est pourquoi nous sommes allés en Californie » balance Docker.

Des collectifs émergent pour faire changer les choses. Comme Reviens Léon, qui incite les jeunes talents français de la Tech exilés à l’étranger à revenir dans l’Hexagone. Lancé en mai dernier par plusieurs start-up françaises (dont Blablacar), Reviens Léon a annoncé l’arrivée de nouveaux membres sur sa plateforme tels que Vide-dressing ou 1001 menus. Et la surprise a été de taille lorsque LVMH a été cité : en effet, le collectif veut également s’ouvrir au grand groupe. Une aubaine quand on sait que « le code du travail est devenu l’argument n°1 des investisseurs étrangers pour ne pas investir en France » d’après Nathalie Kosciusko-Morizet.

Ce qu’il faut retenir

Je suis allée à cet événement avec l’envie d’en savoir plus sur les start-ups françaises et l’évolution qu’elles peuvent espérer. Participer à #FDDay était une première pour moi. Et si on me demande de décrire cet événement en un mot, c’est « disruptif » qui me vient spontanément à l’esprit.

En sortant de ce magnifique espace qu’est le carreau du temple, je comprends une chose : sous la verrière parisienne vient de se dérouler 6 heures de débats constructifs sur de nombreux sujets. Mais ce seront les 18 prochains mois qui seront nécessaires pour répondre aux enjeux :

  • Culturel : comment intégrer l’esprit d’entrepreneuriat dans les grands groupes et dans l’éducation en France ? 
  • Réglementaire : comment financer le développement des startups et répondre à leur besoin de flexibilité salariale ?
  • Financier : comment adapter les lois / taxes des entreprises et des startups pour que chacun puissent évoluer au cœur de cette transformation digitale.
  • D’investissement : comment développer les fonds d’investissement français et garder l’innovation en France ? Ex : aujourd’hui Blablacar, la startup française, vient d’annoncer une levée de fond de 200 millions de dollars auprès d’Insight Venture Partners (États-Unis), Lead Edge Capital (États-Unis), et Vostok New Ventures (Suède).
  • RH : Comment limiter la fuite des profils à haut potentiel ?

De manière plus transverse, les propositions apportées devront répondre à un enjeu économique fort dans une France ou la transformation digitale peut servir de tremplin aux embauches et à la croissance.
Pour ceux en savoir plus, je vous invite à visiter le site de la French Tech !