Avis de grand froid sur les SI français

Depuis des années, nous avons toujours considéré, en France, que l’énergie électrique était une ressource disponible sans limite et à bas prix. Alors que penser du récent communiqué de presse de RTE concernant l’hiver 2009-2010 ?

En cas de baisse importante des températures en dessous des normales saisonnières (chaque 1°C en dessous de la normale saisonnière entraine une augmentation de la consommation de 2 100 MW, soit l’équivalent du double de la consommation de la ville de Marseille), RTE serait obligé d’effectuer des arbitrages dans sa distribution auprès de ses clients, notamment autour du pic de consommation vers 19h, au moment où les ménages allument leurs chauffages électriques, leurs télévisions et autres fours micro-ondes.

La limite technique d’importation d’électricité par RTE se situe à 7 à 8°C en dessous des normales saisonnières.
Aujourd’hui (Lundi 14 décembre 2009), nous sommes à 5°C en dessous et RTE importe tous les jours environ 4 000 à 5 000 MW pour couvrir la consommation des pics de 17h à 20h.

Bref, le système électrique français est sous tension.

Alors que les ménages allument leurs chauffages, vers 19h, c’est aussi le démarrage des batchs quotidiens de traitement des entreprises ou le milieu de la journée pour les opérations financières faites par les traders de New York.

Une limitation de la distribution en kWh provoquera l’activation des onduleurs et des générateurs de secours pendant quelques heures. Mais que se passera-t-il si la température baisse pendant plusieurs jours ?

Cette raréfaction du kWh ne semble pas si conjoncturelle que cela, comme le montre une étude menée par le Sénat Français . En effet, la consommation électrique a explosé en France (+11% sur les 5 dernières années) pour alimenter les systèmes de chauffage électrique et les industries, sans que les capacités de production puissent suivre (-0,2% sur les 5 dernières années). Selon le rapport d’étude du Sénat, le coût du kWh ne pourra plus être garanti à l’horizon de 2020.

A long terme, la problématique dépasse le cadre de l’optimisation des infrastructures IT, puisque la demande en énergie continue à augmenter toujours plus vite que la production. Cela devient une véritable problématique d’architecture des SI, qui doivent intégrer les limites énergétiques au même titre que les limites des débits réseaux ou de performance.

Compte tenu de l’éminence du risque (Décembre/Janvier 2010), les DSI doivent rapidement identifier une stratégie de préservation des systèmes critiques pour le métier basée sur des niveaux de baisse de températures.

Sources :

2 commentaires sur “Avis de grand froid sur les SI français”

  • C'est intéressant d'avoir une nouvelle approche de nos chers systèmes.
  • Effectivement c'est intéressant. J'aime d'autant plus cette idée que je reste convaincu que la contrainte imposée par l'éventuelle pénurie d'électricité demandera d'innover, de chercher autre chose, bref de s'améliorer. A ce titre, on peut noter (même si c'est pour limiter la facture) que les grands du web que sont Google, Amazon ou même Facebook cherche l'infrastructure qui a le meilleur ratio performance/consommation électrique. Un post récent des architectes Facebook qui parle de l'optimisation de leur architecture http://www.facebook.com/note.php?note_id=203367363919 Hapertown et Nehalem sont les noms d'architecture processuer Intel. "[...]Our investigation revealed the maximum request throughput of Facebook’s applications on Intel’s Nehalem micro-architecture increased by 62% compared to Harpertown. The performance-per-watt difference between Nehalem and Harpertown -- a more comprehensive and accurate representation of the entire TCO delta -- measured 44%. Beyond raw performance, system power is an important component in overall server TCO. [...]"
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