Agile Toulouse, la diversité des points de vue

Qu’y a-t-il en commun entre l’improvisation théâtrale, un orchestre et une équipe agile? Quelle est la place de la neuroscience dans notre appréhension du monde et quelles applications à l’agilité ? Comment les concepts de la sociologie de Pierre Bourdieu s’appliquent au développement des logiciels ?

L’Agile Tour Toulouse 2018 a apporté des réponses à toutes ces questions surprenantes et nous pouvons vous dire que les parallèles étaient inattendus !

Agile Tour Toulouse 2018 : 10 ans et pas une ride

Les 25 et 26 octobre 2018 a eu lieu l’événement de l’année des agilistes toulousains, l’Agile Tour Toulouse (#ATTLS18), qui fêtait ses 10 ans d’existence avec cette 11e session.

Deux jours où envie d’apprendre et d’échanger, simplicité et complicité étaient à l’honneur.

Fidèle à son programme, Agile Tour Toulouse a débuté avec une keynote hors des sentiers battus de l’agilité en invitant le premier jour Pierre Moorkens à nous expliquer comment gérer la complexité avec sérénité, puis Franck Rageade à nous raconter le fabuleux destin de Tim Member et le second jour Samuel Couffignal à illustrer la gestion de groupe par la direction d’un orchestre de chambre.

Plus largement, la diversité des sujets présentés a montré une vraie dynamique autour de l’agilité à Toulouse, de même que l’écoulement des billets d’entrée en moins d’une journée. Le seul point faisant débat et reflétant les débats plus larges qui animent la communauté agile porte sur la présence des développeurs, tant dans les speakers que le public.  

Implanté à Toulouse depuis cette année, OCTO ne pouvait pas passer à côté de cet événement incontournable des agilistes toulousains. Nous avons participé à l’organisation  et proposé deux conférences.

Floris Tisseyre a partagé son expérience de leader d’équipe de développement lors de la conférence

“L’agilité, une histoire de valeurs”, dans laquelle il revient sur cette expérience durant laquelle il a refusé le rôle de manager pour proposer une autre approche centrée sur les valeurs et le travail collectif

Alexis Nicolas   a co-animé “Une transformation agile (im)possible” avec Claude Andrieux, durant laquelle ils ont fait un retour sur leur intervention au sein du groupe Legrand. Intervention demandée après une transformation Agile mal démarrée et en situation de blocage. Ils ont partagé leurs actions, leurs doutes, les hésitations, essais et erreurs pour finalement relancer une dynamique de transformation, toujours en cours.

Et notre collègue Ivan Gorobenko a connu ses 5 minutes de célébrité en intervenant sur scène en direction d’orchestre. Il nous livre ici son vécu.

L’orchestre, un modèle de gestion de groupe ?

Vendredi 25/10, 09h40 l’amphithéâtre est plein, tout le monde est prêt pour le début de la keynote de la journée. Les musiciens entrent en scène, s’installent et commencent à accorder leurs instruments. Un léger moment de cacophonie musicale, qui n’a finalement rien de chaotique. Chaque musicien doit accorder son instrument, mais également s’accorder avec les autres musiciens. Chacun écoute son instrument, mais également celui des autres. L’objectif est l’harmonie musicale collective et le groupe s’organise pour y parvenir. Le keynote a bel et bien commencé par un exemple fort d’auto-organisation d’un groupe.

Mais quel est alors le rôle d’un chef d’orchestre ? Chaque musicien maîtrise à la perfection son instrument et est capable de jouer sa partition sans aucune aide externe. Samuel Couffignal, musicien et chef d’orchestre, ne le conteste pas, le groupe musical peut très bien se débrouiller tout seul.

« Mais quel est alors le rôle d’un chef d’orchestre ? »

Le chef d’orchestre est là pour embellir le fonctionnement de ce groupe. Il va donner la direction, porter la vision, apporter des couleurs et des nuances, impulser le rythme, tout en rendant hommage aux musiciens et en leur laissant la liberté de s’exprimer. Le chef d’orchestre est là pour les guider et faciliter la communication entre eux.

Tout au long de ce keynote, Samuel Couffignal va nous montrer les interactions des musiciens entre eux et avec le chef d’orchestre, les difficultés que toutes ces parties peuvent rencontrer et enfin, comment les résoudre. Pour donner une vraie sensation d’immersion, Samuel va encore plus loin en proposant au public de prendre la place du chef d’orchestre pour lui faire vivre cette expérience de l’intérieur.

C’est à ce moment-là que j’ai eu l’irrésistible envie de contribuer au tableau musical et de monter sur scène.

« Tout paraissait si simple et fluide »

En observant les gestes de Samuel depuis l’amphithéâtre j’avais la sensation que tout ce qui se passait sur scène était extrêmement naturel : les gestes du chef d’orchestre et les réactions des musiciens. Tout paraissait simple et fluide et j’étais bien confiant que je pourrai les reproduire.

Je me lance alors très sereinement. La musique retentit. Je prends le goût et je commence à oser plus en essayant d’apporter des nuances, des variations, mais je m’aperçois que mes gestes ne sont pas interprétés par les musiciens exactement comme je me l’imagine. J’amplifie les mouvements de mes mains et même de mon corps, mais cela ne fonctionne pas. Il y a quelque chose qui manque.

« Pourquoi les musiciens ne me suivent-ils pas? »

Quel est alors le problème? Pourquoi les musiciens ne me suivent-ils pas?

La réponse est dans la communication et plus exactement dans sa justesse. Mes gestes, portent-t-ils le même sens aux musiciens qu’à moi? Est-ce que je maintiens la connexion avec l’ensemble des musiciens ou uniquement avec le premier violon qui mène le solo?

Nous avons besoin de trouver un langage commun et surtout d’établir la connexion constante entre nous et de nous assurer que les messages sont bien compris. Mes mouvements n’ont pas besoin d’être forts, mais ils ont besoin d’être précis.

Une fois remis sur la bonne voie par Samuel Couffignal je commence à sentir cette connexion se créer petit à petit et la magie apparaître. 

N’ayant pas d’instrument en main je me sens pleinement faire partie de l’orchestre. Je me sens contribuer à ce qui est en train de se passer sur scène. Nous avançons dans la même direction. Nous nous comprenons. Je sens que nous prenons plaisir à créer à l’instant même quelque chose d’unique et en même temps si éphémère, ce qui rend ce moment encore plus exceptionnel…Un moment inoubliable !

Un moment rendu possible car devant moi se trouvent les musiciens de haut niveau – des vrais « artisans » de leur métier.

A tout cela vient s’ajouter la beauté de la musique. Je me sens envoûté par la douceur des mélodies de Grieg, Mozart et Holst. Le velours des violons, du violoncelle et de l’alto me donnent la chair de poule et semblent ouvrir les chakras de mon esprit tout en m’inspirant profondément.

Ce fut un vrai moment fort de cet Agile Tour Toulouse 2018!

Les photos illustrant cet article ont été prise par Alexandre Siguier, autre Octo Toulousain et co-organisateur d’Agile Toulouse. Plus de photos par ici.

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