La blockchain serait-elle l’infrastructure idéale de l’Économie Sociale et Solidaire ?

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Comment développer l’Economie Sociale et Solidaire ?
Alors que les plateformes de la sharing economy (AirBNB, Uber…) commencent peut-être à montrer des premiers signes de faiblesse, l’Economie Sociale et Solidaire continue, certes plus discrètement, de faire son bonhomme de chemin. Mêmes si les leviers de progression de ces 2 approches sont identiques, les enjeux sont, quant à eux, bien différents.

Et si la réponse à ces enjeux, c’était la décentralisation ?

L’Économie Sociale & Solidaire ?

Le concept d’économie sociale et solidaire (ESS) désigne un ensemble d’entreprises organisées sous forme de coopératives, mutuelles, associations, ou fondations, dont le fonctionnement interne et les activités sont fondés sur un principe de solidarité et d’utilité sociale. Ces entreprises adoptent des modes de gestion démocratiques et participatifs. Elles encadrent strictement l’utilisation des bénéfices qu’elles réalisent : le profit individuel est proscrit et les résultats sont réinvestis. Leurs ressources financières sont généralement en partie publiques. Elles bénéficient d’un cadre juridique renforcé.

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Que dit ce statut juridique ?

L’économie sociale et solidaire est un mode d’entreprendre et de développement économique adapté à tous les domaines de l’activité humaine auquel adhèrent des personnes morales de droit privé qui remplissent les conditions cumulatives suivantes :

  1. Un but poursuivi autre que le seul partage des bénéfices ;
  2. Une gouvernance démocratique, définie et organisée par les statuts, prévoyant l’information et la participation, dont l’expression n’est pas seulement liée à leur apport en capital ou au montant de leur contribution financière, des associés, des salariés et des parties prenantes aux réalisations de l’entreprise ;
  3. Une gestion conforme aux principes suivants : les bénéfices sont majoritairement consacrés à l’objectif de maintien ou de développement de l’activité de l’entreprise, les réserves obligatoires constituées, impartageables, ne peuvent pas être distribuées.

Mais, la blockchain, c’est bitcoin ? C’est tout ?

Pour Gilles Babinet (Compte-rendu BBB), en permettant de certifier les transactions, la blockchain permet la suppression des plateformes qui prélèvent de la richesse et permettra « d’horizontaliser » le monde (limiter les niveaux hiérarchiques). C’est donc plus que du Bitcoin !

Plus qu’un livre distribué ?

Une blockchain peut donc être assimilée dans un premier temps à un grand livre comptable public, anonyme et infalsifiable. Comme l’écrit le mathématicien Jean-Paul Delahaye, il faut s’imaginer « un très grand cahier, que tout le monde peut lire librement et gratuitement, sur lequel tout le monde peut écrire, mais qui est impossible à effacer et indestructible. »

La blockchain permet aussi d’automatiser de manière transparente des conditions contractuelles et donc de mettre en oeuvre des Smart Contracts. Le « smart contract » est l’un des concepts incontournables de l’écosystème blockchain : il s’agit d’un transfert de valeurs automatisé fondé sur des conditions mutuellement convenues, qui peut avantageusement s’exécuter sur la blockchain Bitcoin.

Conclusion

La technologie blockchain offre des réponses simples aux besoins de transparence et de partage d’information de l’ESS et permet de ne pas avoir besoin de recourir à une plateforme centrale. Cette économie, structurée sous la forme de coopératives, mutuelles, associations, ou fondations adoptent des modes de gestion démocratiques et participatifs. La #blockchain est probablement le moyen le plus simple pour elle de trouver une réponse simple et pertinente.

La gouvernance et la transparence de ces structures sont directement implémentables dans la Blockchain à l’aide du concept de DAO (Decentralized Autonomous Organization). Les règles de fonctionnement des structures de cette économie et leur fondement juridique pourraient être mis en place et vérifiable publiquement comme dans un « open-source distribué » à travers les ordinateurs de leurs parties prenantes.

Un être humain devient alors une partie prenante par l’achat d’actions dans l’entreprise ou être payé en actions pour avoir fourni des services à la structure. Ces actions confèrent alors à son titulaire une part des bénéfices de la structure, la participation à sa croissance, et/ou un mot à dire dans la façon dont elle est gérée.

En sociologie, les biens communs correspondent à une gestion collective de biens matériels ou immatériels. Par extension, nous pourrions imaginer une gestion des « communs » par des blockchains ?