Information et décision dans les projets logiciels

De la circulation de l’information

On dit parfois qu’un projet informatique va aussi vite que la circulation de l’information entre l’ensemble des personnes impliquées. C’est flagrant dans le développement par phases, où l’on va attendre que l’ensemble de l’information soit collectée sous forme d’un cahier des charges : l’information s’empile mais ne circule pas. Avant d’être contractualisé entre maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’oeuvre : information « en transit », source de délais potentiels alors qu’aucune ligne de code n’a encore vu le jour. Et toute cette information va remonter la branche droite du V, à coup d’évolutions et de correctifs. Bref, cette circulation est l’occasion de nombreuses tractations qui la ralentisse l’information.

Cette circulation de l’information se fait heureusement de manière plus rapide dans une approche agile et pour plusieurs raisons (Lire la suite…)

Le lean management peut-il transformer la DSI (et l’entreprise) ?

Généralement, un article sur une nouvelle méthode de travail explicite et détaille les techniques qui la fondent : le AAZB12 tous les matins, l’affichage de QSSD tout les soirs, le suivi 0ZOP en continu, et se conclue par « pour être intégrée et acceptée, la méthode X (choisir parmi : Cobit, CMMi, Six Sigma, ITIL … et aujourd’hui lean) ne doit pas être considérée comme une réponse pratique et immédiate mais doit être conçue comme un projet de moyen terme. Ensuite, elle doit faire émerger de vraies démarches participatives, incluant le champ des conditions de travail. Enfin, elle doit prendre en compte l’évolution des compétences, la formation et, au-delà, l’organisation des collectifs et la valorisation de l’individu…

Malaise. Sentiment de déjà vu.

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Réconcilier sédentaires et nomades dans l’entreprise ?

« Vertus du sédentaire : vigilance, hospitalité, sens du long terme. Vertus du nomade : entêtement, intuition, mémoire. ».  C’est sur cette réflexion de Jaques Attali (Une brève histoire de l’avenir) que se penche l’avant dernier chapitre de l’Informatique Conviviale plongeant dans le conflit millénaire entre conservateurs et innovateurs :

Pichot et Sibylle démarrent informellement la séance en commentant les résultats encourageants des transitions « Méfiance-Spécialisation » vers « Confiance-Autonomisation » à la DSI et à la direction financière.
Puis, toujours affable, Pichot poursuit :
- Mais c’est un peu Beyrouth partout quand même. Des équipes se déclarent dans tous les sens et font le siège de mes bureaux. Je ne vais tout de même pas dire oui à tout ! On ne peut pas totalement polariser cette structure sur l’innovation, il faut aussi faire tourner le business courant.

Secrotas, cédant pour une fois à sa stricte posture maïeutique, se lance dans une tirade lyrique sur le conflit millénaire entre conservateurs et réformateurs, profils associables aux sédentaires et aux nomades, qui ont chacun leurs vertus, mais qui s’angoissent mutuellement :
- Le premier drame entre eux date de Caïn – le cultivateur sédentaire – et Abel – le berger nomade, c’est pour dire !
- Inévitable conflit enchaîne Pichot, que je découvre amateur d’histoire. Nécessaire même, car les territoires doivent être protégés et stabilisés pour que l’on y prospère. Et à l’inverse, les cités, États ou compagnies qui n’ont pas su intégrer une influence « barbare » sont morts faute d’avoir tiré parti d’influences nouvelles. Et l’Histoire d’avancer par à-coups : Empire romain et chrétienté naissante, chrétienté établie et Copernic, États contre-réformés et cités réformées, 1789…
- Tu oublies la Glorieuse Révolution anglaise de 1688 qui a accouché d’une monarchie parlementaire dans le plus grand calme, poursuit Henri, mais peut-être est-ce l’exception qui confirme la règle…

Et Sibylle d’ajouter :
- J’ai le sentiment que dans la plupart de ces cas, l’on cherche à éviter ce conflit structurel lié à l’innovation – innovation qui remet en cause trop de règles de « l’empire » – jusqu’à ce qu’il éclate violemment par trop de pression accumulée.

Elle se tourne vers Pichot :
- Au fond, qu’est-ce qui t’empêche de dire oui à toutes les équipes qui se pressent devant les portes de tes managers pour réclamer un espace d’expérimentation ?
- Je ne sais pas. Une certaine peur du chaos j’imagine.

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L’administration électronique sera-t-elle Made in USA ?

Depuis plus d’une dizaine d’années, l’administration a lancé un ensemble de chantiers lui permettant d’entrer dans l’ère numérique. A leur rythme, nos différents ministères, collectivités et organismes d’état ont informatisé leurs procédures : renouvellement de papiers, création d’entreprise, déclarations fiscales … ces télé-procédures ont répliqué les processus existants, en les dématérialisant. Utilisées par la moitié des français , elles se heurtent aujourd’hui aux mêmes limites que les entreprises privées avec leur informatique : faire plus de la même chose ne créera que peu de valeur supplémentaire. Nous pouvons optimiser le système de télé-déclaration fiscale, mais cela ne résoudra pas les aberrations et parfois les dysfonctionnements liés à l’organisation des circuits de traitement de la chaîne fiscale, qui va du calcul au recouvrement de l’impôt. De même pour nos systèmes électroniques de santé, qui peinent à faire mieux collaborer médecine de ville, hôpitaux, ou pharmacies.

Alors au fond quel est le problème ? Il me semble que deux contraintes majeures pèsent sur l’émergence de systèmes d’information qui transforment les services publics au plus grand bénéfice des usagers et des personnels administratifs.

La première est l’approche « tout ou rien », qui impose de délivrer dès le départ un service uniforme sur tout le territoire. Cette volonté « égalitaire » nuit aux nécessaires expérimentations de systèmes qui engagent le plus souvent de difficiles réformes d’organisation. Cette approche « nous devons tout prévoir du premier coup » est relayée par le code des marchés publics, et la lenteur des cycles qu’il impose. Impossible dans ce contexte d’embaucher une équipe stable pour lui faire délivrer un système qui se construit peu à peu avec ses premiers utilisateurs … Ce sont pourtant les méthodes qui permettent d’innover de la manière la plus fluide.

La seconde relève de notre peur du « grand fichier », de la nécessaire protection de la vie privée. Pour avoir participé à de nombreux échanges sur service-public.fr, la posture « tout est interdit, tout est cloisonné » s’oppose aux nouveaux usages communautaires engageant à plus de partage et d’interopérabilité. Après avoir dépensé des sommes colossales pour un système d’authentification ultra-complexe à base de certificat, le ministère des Finances a finalement rebasculé vers un procédé plus classique, identique à Facebook, ma banque ou à l’Intranet de mon entreprise. Mais au-delà de l’authentification, ce sont toutes les données manipulées qui subissent interdiction et cloisonnement. Vous pouvez voir ma photo sur LinkedIn, mais pour l’administration, c’est encore un secret d’état.

Mais pendant ce temps, des acteurs privés, essentiellement américains, se lancent sans ces deux contraintes, dans des systèmes permettant aux citoyens et aux agents administratifs de partager, échanger et collaborer dans des réseaux sociaux de « service public ». San Francisco ouvrant ces données (datasf.org) ou Google Health offrant un Dossier Médical Personnalisé pour mieux le partager en toute sécurité avec ses proches et ses soignants, nous montrent une voie inédite, qui nous permettrait peut-être de « percer le plafond » avec nos Technologies de l’Information.

L’administration est donc à un tournant : soit elle décide qu’il est important qu’elle possède et gère ses systèmes électroniques, et elle devra alors faire sauter les deux contraintes qui l’empêchent de les délivrer, en revisitant notamment sa politique de construction et de sécurisation. Soit elle décide d’utiliser ces fournisseurs comme facteurs externes de modernisation, mais en l’assumant et en l’encourageant.

Et vous, que choisiriez-vous ?

Kanban Workshop with David Anderson in Paris

yeswekanbansmOCTO et David Anderson organisent la première formation Kanban en France, les 28 et 29 janvier 2010. Cette formation sera dispensée en anglais.

OCTO and David Anderson are holding the first Kanban workshop in France January 28th and 29th.
This intensive 2-day Kanban workshop with the Kanban pioneer provides an introduction to Lean, Pull Systems and Kanban and will explain how established industrial engineering theory can apply to software development process.

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L’art de travailler avec les murs

Chez OCTO, en bons architectes, nous aimons travailler avec les murs : ils sont partout, tout le monde passe devant, ils sont donc un média extrêmement puissant. La communication visuelle a prouvé, et continue de prouver, son efficacité chez plusieurs de nos clients : autant pour gérer un projet en mode agile que pour amener des équipes à échanger sur l’architecture d’un projet ou le processus de GDI interne.

A bon travailleur bons outils, et loin de marteaux et clous, ce sont de feuilles dont nous allons parler (en plus c’est de saison).

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Pourquoi aucun Wikipedia ne peut aujourd’hui émerger dans l’entreprise ?

Wikipedia fait un pari inédit. Celui de la confiance. Le système permet à tout utilisateur de contribuer, sans modération ou contrôle a priori. Les fraudes, abus, et maladresses représentent une infime minorité du flux et sont aisément annulés a posteriori par la communauté, grâce au système de version des pages du Wiki. Quelque critique que nous puissions avoir à son encontre, Wikipedia a bel et bien réussi un exploit en créant un actif majeur pour notre civilisation.

Ce pari de la confiance n’est pas celui de l’entreprise pyramidale, départementalisée, où les systèmes d’information sont autant de silos sécurisés et inaccessibles, inhibant toute collaboration entre départements. Ce pari de la maîtrise est certes vertueux pour minimiser les risques sur des données ou des traitements sensibles, mais il devient toxique à s’être généralisé à tout et partout, imposant peu à peu la croyance que tout employé est un fraudeur potentiel …

On parle beaucoup d’entreprise 2.0, de communautés, d’Intranet à la Facebook … Mais le succès de tels réseaux sociaux en entreprise passera donc par une remise en cause profonde de ce système de valeur, qui devra s’accommoder d’une nouvelle vertu, la confiance.

Initialement publié sur la plate-forme du G9+

Découvrez l’histoire d’une banque qui passe ce cap !

Suicides au travail, la faute au lean et à l’amélioration continue ?

Dans un brillant post « la maison cassée« , Lean Machine Square nous rappelle que l’amélioration continue ne fonctionnera qu’en respectant les individus. Respect pour leur travail, respect pour leurs idées, respect du temps « non-productif » nécessaire à leur mise en place …

Lors d’une récente conférence, je me faisais l’écho de l’informatique conviviale en insistant sur le fait qu’exiger l’amélioration continue nécessitait jusqu’à un nouveau contrat social. En effet, s’améliorer, c’est à dire faire des gains de productivité, revient quelque part à « supprimer son job ». En évacuant les gaspillages, le même travail s’effectue maintenant avec moins de ressources. Mais quand les ventes de votre produit stagnent, et que l’entreprise ne cherche pas de nouveaux débouchés pour ses salariés, que va-t-il se passer ? Et bien, comme à Toyota Valenciennes : il y a surproduction, donc on licencie. Bilan : ceux qui se sont améliorés sont ceux qui seront punis !

Aïe.

L’entreprise lean sera donc forcée d’écrire sur ses murs : supprimez votre job, vous êtes promus.

Possible ou impossible selon vous ?

Dynamocracy : pourquoi ?

La conduite du changement est une activité récurrente dans notre métier, et l’un des quatre thèmes fondamentaux du savoir chez OCTO Technology. C’est aussi accessoirement un sujet vital et je l’espère bientôt central pour notre société, notre pays,  notre civilisation.

Une définition du changement : Changer, c’est changer les lois implicites ou explicites qui régissent une organisation.

De nombreux auteurs ont prédit que la démocratisation des moyens de communication allait entraîner des changements majeurs dans nos sociétés, comme la participation de chacun au contrôle de l’économie et de l’écologie.
Bien que la première partie des prédictions se soient avérées justes, nous n’observons pas encore d’effet majeur permettant d’être optimiste concernant l’avenir de notre écosystème, ou de notre économie.
Pourquoi, alors que l’on nous a annoncé de profondes mutations de notre civilisation eut égard à la démocratisation des nouvelles technologies de l’information, on ne constate pas de modification structurelle et durable des lois implicites ou explicites qui régissent nos entreprises, notre civilisation ?

Je vous propose d’explorer cette question en traitant les points suivants :

  • La prédiction s’est en partie réalisée
    • Le web permet la diffusion gratuite, l’information de masse
    • L’open source et le web 2.0( que l’on peut regrouper sous le terme Open Web) permet la collaboration de masse
  • Alors que manque-t-il pour que se produise un changement rapide et massif ?
    • De la solution aux faits il y a la légitimité et la contrainte
    • « Observons la nouveauté dans les nouvelles » ( Michel Serres)
    • La décision de masse
  • Dynamocracy

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Sir, Yes sir !

Les militaires passent dans l’inconscient collectif pour un groupe hyper hiérarchisé, dont les actions sur le terrain respectent à la lettre un plan venu « d’en haut » et où la prise d’initiative est contrecarrée par le « command and control ».

Pourtant l’étude des doctrines militaires récentes, en particulier celle du corps des Marines, permet de battre en brèche 2 idées préconçues. Pour survivre, et battre un adversaire intelligent (et qui tient à sa peau lui aussi) la doctrine conseille :

  • De décentraliser la prise de décision
  • De s’adapter plutôt que de suivre un plan

Quel rapport avec la DSI me diriez-vous ? Comme nous l’explique Don Reinertsen dans son dernier livre The Principles of Product Development Flow, les nouvelles générations de méthode de développement de produit (notamment logiciel) ont tout à gagner à s’inspirer de la science militaire pour aborder les problématiques de la décentralisation des décisions et du rapport au plan.
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