DoD – Déboire & Pouvoir

Un outil pour l’amélioration continue du standard

Désolé pour les gamers, mais non je ne vais pas vous parler du dernier Day of Defeat. Par DoD comprenez plutôt « Definition of Done », c’est à dire l’ensemble des critères à respecter pour considérer une tâche terminée. Par exemple, avant de soumettre son code, un développeur doit s’assurer de respecter le critère: « tests unitaires OK ».

En quoi un outil aussi « low-tech » et aussi simpliste qu’une check-list peut nous aider à l’ère de Google et de l’iPhone ? À une révolution dans le niveau de qualité fournie. Pour preuve emblématique, les initiatives récentes dans le milieu hospitalier. Cet extrait parle de la pose d’un cathéter (voie veineuse centrale).

« In 2001, though, a critical care specialist at Johns Hopkins Hospital named Peter Pronovost decided to give a doctor checklist a try. [...] Doctor are supposed to (1) wash their hands with soap, (2) clean the patient’s skin with chlorhexidine antiseptic, (3) put sterile drap over the entire patient, (4) wear a mask, hat, steril gown, and gloves, and (5) put a steril dressing over the insertion site once the line is in. [...]

In the Keystone initiative’s first eighteen months, the hospitals saved an estimated $175 million in costs and more than fifteen hundred lives.« 

(Lire la suite…)

Information et décision dans les projets logiciels

De la circulation de l’information

On dit parfois qu’un projet informatique va aussi vite que la circulation de l’information entre l’ensemble des personnes impliquées. C’est flagrant dans le développement par phases, où l’on va attendre que l’ensemble de l’information soit collectée sous forme d’un cahier des charges : l’information s’empile mais ne circule pas. Avant d’être contractualisé entre maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’oeuvre : information « en transit », source de délais potentiels alors qu’aucune ligne de code n’a encore vu le jour. Et toute cette information va remonter la branche droite du V, à coup d’évolutions et de correctifs. Bref, cette circulation est l’occasion de nombreuses tractations qui la ralentisse l’information.

Cette circulation de l’information se fait heureusement de manière plus rapide dans une approche agile et pour plusieurs raisons (Lire la suite…)

Le moyen terme, lieu de résistance

Le court terme

Un manager disait à l’un des chefs de projet : « Bien sûr, je suis d’accord: il faudrait prendre le temps de former les développeurs aux techniques de tests; mais là, ce qui est crucial c’est de corriger les bugs et de relivrer d’ici vendredi ».

(Lire la suite…)

Réconcilier sédentaires et nomades dans l’entreprise ?

« Vertus du sédentaire : vigilance, hospitalité, sens du long terme. Vertus du nomade : entêtement, intuition, mémoire. ».  C’est sur cette réflexion de Jaques Attali (Une brève histoire de l’avenir) que se penche l’avant dernier chapitre de l’Informatique Conviviale plongeant dans le conflit millénaire entre conservateurs et innovateurs :

Pichot et Sibylle démarrent informellement la séance en commentant les résultats encourageants des transitions « Méfiance-Spécialisation » vers « Confiance-Autonomisation » à la DSI et à la direction financière.
Puis, toujours affable, Pichot poursuit :
- Mais c’est un peu Beyrouth partout quand même. Des équipes se déclarent dans tous les sens et font le siège de mes bureaux. Je ne vais tout de même pas dire oui à tout ! On ne peut pas totalement polariser cette structure sur l’innovation, il faut aussi faire tourner le business courant.

Secrotas, cédant pour une fois à sa stricte posture maïeutique, se lance dans une tirade lyrique sur le conflit millénaire entre conservateurs et réformateurs, profils associables aux sédentaires et aux nomades, qui ont chacun leurs vertus, mais qui s’angoissent mutuellement :
- Le premier drame entre eux date de Caïn – le cultivateur sédentaire – et Abel – le berger nomade, c’est pour dire !
- Inévitable conflit enchaîne Pichot, que je découvre amateur d’histoire. Nécessaire même, car les territoires doivent être protégés et stabilisés pour que l’on y prospère. Et à l’inverse, les cités, États ou compagnies qui n’ont pas su intégrer une influence « barbare » sont morts faute d’avoir tiré parti d’influences nouvelles. Et l’Histoire d’avancer par à-coups : Empire romain et chrétienté naissante, chrétienté établie et Copernic, États contre-réformés et cités réformées, 1789…
- Tu oublies la Glorieuse Révolution anglaise de 1688 qui a accouché d’une monarchie parlementaire dans le plus grand calme, poursuit Henri, mais peut-être est-ce l’exception qui confirme la règle…

Et Sibylle d’ajouter :
- J’ai le sentiment que dans la plupart de ces cas, l’on cherche à éviter ce conflit structurel lié à l’innovation – innovation qui remet en cause trop de règles de « l’empire » – jusqu’à ce qu’il éclate violemment par trop de pression accumulée.

Elle se tourne vers Pichot :
- Au fond, qu’est-ce qui t’empêche de dire oui à toutes les équipes qui se pressent devant les portes de tes managers pour réclamer un espace d’expérimentation ?
- Je ne sais pas. Une certaine peur du chaos j’imagine.

la suite ici.

L’administration électronique sera-t-elle Made in USA ?

Depuis plus d’une dizaine d’années, l’administration a lancé un ensemble de chantiers lui permettant d’entrer dans l’ère numérique. A leur rythme, nos différents ministères, collectivités et organismes d’état ont informatisé leurs procédures : renouvellement de papiers, création d’entreprise, déclarations fiscales … ces télé-procédures ont répliqué les processus existants, en les dématérialisant. Utilisées par la moitié des français , elles se heurtent aujourd’hui aux mêmes limites que les entreprises privées avec leur informatique : faire plus de la même chose ne créera que peu de valeur supplémentaire. Nous pouvons optimiser le système de télé-déclaration fiscale, mais cela ne résoudra pas les aberrations et parfois les dysfonctionnements liés à l’organisation des circuits de traitement de la chaîne fiscale, qui va du calcul au recouvrement de l’impôt. De même pour nos systèmes électroniques de santé, qui peinent à faire mieux collaborer médecine de ville, hôpitaux, ou pharmacies.

Alors au fond quel est le problème ? Il me semble que deux contraintes majeures pèsent sur l’émergence de systèmes d’information qui transforment les services publics au plus grand bénéfice des usagers et des personnels administratifs.

La première est l’approche « tout ou rien », qui impose de délivrer dès le départ un service uniforme sur tout le territoire. Cette volonté « égalitaire » nuit aux nécessaires expérimentations de systèmes qui engagent le plus souvent de difficiles réformes d’organisation. Cette approche « nous devons tout prévoir du premier coup » est relayée par le code des marchés publics, et la lenteur des cycles qu’il impose. Impossible dans ce contexte d’embaucher une équipe stable pour lui faire délivrer un système qui se construit peu à peu avec ses premiers utilisateurs … Ce sont pourtant les méthodes qui permettent d’innover de la manière la plus fluide.

La seconde relève de notre peur du « grand fichier », de la nécessaire protection de la vie privée. Pour avoir participé à de nombreux échanges sur service-public.fr, la posture « tout est interdit, tout est cloisonné » s’oppose aux nouveaux usages communautaires engageant à plus de partage et d’interopérabilité. Après avoir dépensé des sommes colossales pour un système d’authentification ultra-complexe à base de certificat, le ministère des Finances a finalement rebasculé vers un procédé plus classique, identique à Facebook, ma banque ou à l’Intranet de mon entreprise. Mais au-delà de l’authentification, ce sont toutes les données manipulées qui subissent interdiction et cloisonnement. Vous pouvez voir ma photo sur LinkedIn, mais pour l’administration, c’est encore un secret d’état.

Mais pendant ce temps, des acteurs privés, essentiellement américains, se lancent sans ces deux contraintes, dans des systèmes permettant aux citoyens et aux agents administratifs de partager, échanger et collaborer dans des réseaux sociaux de « service public ». San Francisco ouvrant ces données (datasf.org) ou Google Health offrant un Dossier Médical Personnalisé pour mieux le partager en toute sécurité avec ses proches et ses soignants, nous montrent une voie inédite, qui nous permettrait peut-être de « percer le plafond » avec nos Technologies de l’Information.

L’administration est donc à un tournant : soit elle décide qu’il est important qu’elle possède et gère ses systèmes électroniques, et elle devra alors faire sauter les deux contraintes qui l’empêchent de les délivrer, en revisitant notamment sa politique de construction et de sécurisation. Soit elle décide d’utiliser ces fournisseurs comme facteurs externes de modernisation, mais en l’assumant et en l’encourageant.

Et vous, que choisiriez-vous ?

Les différentes étapes d’une équipe pour devenir performante


En tant que consultant, il m’est arrivé d’intervenir au sein de plusieurs équipes de développement pour les aider à devenir Agiles. Alors que ce type de méthode trouve une certaine popularité au sein du monde informatique, j’ai eu l’occasion d’observer quelques comportements assez différents dans la manière dont l’agilité s’installe dans ces équipes.

On peut dire que c’est le contexte, mais on peut aussi allez plus loin. Jean-François Helie vous avait présenté les différentes phases de développement d’une équipe en mars derniers, je vous propose à mon tour de creuser un autre modèle avec celui de Bruce Tuckman.
(Lire la suite…)

L’art de travailler avec les murs

Chez OCTO, en bons architectes, nous aimons travailler avec les murs : ils sont partout, tout le monde passe devant, ils sont donc un média extrêmement puissant. La communication visuelle a prouvé, et continue de prouver, son efficacité chez plusieurs de nos clients : autant pour gérer un projet en mode agile que pour amener des équipes à échanger sur l’architecture d’un projet ou le processus de GDI interne.

A bon travailleur bons outils, et loin de marteaux et clous, ce sont de feuilles dont nous allons parler (en plus c’est de saison).

(Lire la suite…)

Suicides au travail, la faute au lean et à l’amélioration continue ?

Dans un brillant post « la maison cassée« , Lean Machine Square nous rappelle que l’amélioration continue ne fonctionnera qu’en respectant les individus. Respect pour leur travail, respect pour leurs idées, respect du temps « non-productif » nécessaire à leur mise en place …

Lors d’une récente conférence, je me faisais l’écho de l’informatique conviviale en insistant sur le fait qu’exiger l’amélioration continue nécessitait jusqu’à un nouveau contrat social. En effet, s’améliorer, c’est à dire faire des gains de productivité, revient quelque part à « supprimer son job ». En évacuant les gaspillages, le même travail s’effectue maintenant avec moins de ressources. Mais quand les ventes de votre produit stagnent, et que l’entreprise ne cherche pas de nouveaux débouchés pour ses salariés, que va-t-il se passer ? Et bien, comme à Toyota Valenciennes : il y a surproduction, donc on licencie. Bilan : ceux qui se sont améliorés sont ceux qui seront punis !

Aïe.

L’entreprise lean sera donc forcée d’écrire sur ses murs : supprimez votre job, vous êtes promus.

Possible ou impossible selon vous ?

L’Agile Tour à Genève, c’est lundi!

Oyez, oyez, l’Agile Tour passe par Genève ce lundi 12 octobre. Cet évènement attend près d’une centaine de participants. C’est gratuit, ouvert à toutes et à tous mais il faut s’inscrire en ligne.

OCTO viendra en force avec une équipe d’architectes, basés à Lausanne et Paris, qui vont rejouer deux sessions présentées à l’USI 2009:

  • Maîtrise d’ouvrage et agilité
    • Directions métiers et Maitrises d’Ouvrage (MOA), principaux demandeurs de réactivité, ont aujourd’hui entre les mains de nouvelles opportunités comme lancer la construction d’un logiciel sans avoir à spécifier dès le début l’intégralité des fonctionnalités, pouvoir réorienter en cours de projet ou encore réduire les délais de livraison en parallélisant spécification et développement.
      Oui mais…
      Comment spécifier au fil de l’eau ? Que devient la phase de recette ? Quelle documentation mettre en place ? Doit-on encore gérer le changement (à la fin) ?
      Une chose est sûre, les activités traditionnelles des Maitrises d’Ouvrage sont en train d’évoluer…
  • La face cachée de la mesure: une opportunité pour votre amélioration continue
    • Les métriques ne sont plus regardées pour ce qu’elles sont. Les indicateurs sont aujourd’hui bien souvent synonymes de « flicage » dans nos entreprises. Néanmoins, la mesure est une opportunité lorsqu’elle s’inscrit dans une dynamique d’amélioration. Sur la base de la roue de Deming et son célèbre PDCA (Plan, Do, Check, Act) nous parcourons différents types de métriques envisageables autour des projets de développement logiciels et y associerons des contextes d’utilisation pour s’améliorer continuellement.

Tous les détails du programme de la journée sont ici.

Venez nombreux!

Dixième chapitre de l’Informatique Conviviale en ligne !

Disponible en ligne et en PDF, notre aventure se poursuit désormais hors de la DSI …

couv

… Paul va injecter une pensée lean et Web2.0 à la comptabilité de la Banque :
Déjà deux séances avec nos sémillants collègues de la comptabilité, et je commence sérieusement à me demander ce que je suis venu faire dans cette galère. Ni Sibylle ni moi n’arrivons à démêler le fatras de cette immense Direction aux objectifs variés, aux effectifs pléthoriques, et dotée d’un des Systèmes d’Information des plus ancien et complexe…

Plus que deux chapitres avant le dénouement final …

A bientôt !