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Retour sur le Swiss Mobicamp du 1er novembre à Berne (Suisse)

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OCTO Suisse [2]

J’étais il y a 2 semaines à la 2ème édition du Swiss Mobicamp [3], un événement atypique qui mélange Apps et startups. Pas de sessions techniques mais des présentations sur le marché, la mise en marché, le marketing, les RP (relations publiques) et le financement. Des sessions intéressantes qui nous sortent de notre quotidien de développeur et nous ouvrent des horizons sur des choses qui sont souvent hors de notre maîtrise (dans nos prestations chez OCTO), malheureusement parfois.

Première agréable surprise : les speakers sont internationaux et de très bonne qualité, le lieu est particulièrement agréable, l’ambiance est détendue et les speakers sont disponibles pendant toute la journée pour échanger.

En plus des classiques plénières et tracks, on retrouve des initiatives assez originales :

Voilà pour les « extras », venons-en maintenant aux enseignements de cette journée :

#1 Les App Stores sont des « appâts »

La présentation d’Andreas Constantinou intitulée Asymmetry abound [10] portait sur le marché du mobile, ses acteurs majeurs et leurs modèles économiques. J’ai beaucoup apprécié cette présentation, ultra-rodée et visionnaire.

Pas mal d’enseignements pour moi :

[11]

J’ai découvert à cette occasion que VisionMobile a publié en juin un rapport sur l’économie du mobile intitulé Developer Economics 2012 [12]. Je n’ai pas encore pris le temps de le parcourir en détail mais au premier coup d’oeil ça me parait une lecture intéressante voire indispensable.

#2 Faire une App utile / marketer une App « inutile » ne suffit plus

Session un peu décevante de Xyologic [13] intitulée ‘How to navigate the App Store economy’. Le paradoxe de cette session est que ce n’était ni une présentation de Xyologic (et de comment l’outil répond à ces problématiques) ni un vrai guide sur comment promouvoir son application sur les stores. C’est dommage d’autant plus que leur approche de la recherche me semble intéressante.

Venons-en à l’enseignement majeur de cette présentation pour moi :

Ces chiffres sont certes déjà connus, la surprise ici pour moi c’est que la recherche sur les Stores est aujourd’hui mal utilisée. Je savais la recherche Apple très limitée (l’équivalent du meta keywords) mais il semblerait qu’elle soit en fait à la hauteur de l’utilisation qui en est faite ! La plupart des recherches se font aujourd’hui sur des catégories, par exemple ‘jeu arcade’, ‘réseau social’, ‘jeu gratuit’ ! Donc on peut en fait résumer la recherche sur l’App Store au Top 25 de l’App Store ou de la catégorie. Pour aller plus loin j’ai trouvé ce graphique sur le blog de Xyologic [14] :

[15]

Pour moi une telle analyse met du plomb dans l’aile aux outils de SEO comme appcod.es [16] ou MobileDevHQ [17], en tout cas tant que l’utilisation (et la recherche) restera ce qu’elle est.

Le speaker insistait sur le fait qu’une bonne campagne RP n’était aujourd’hui plus suffisante pour lancer une App. Plus suffisante certes, mais toujours nécessaire ?

Elle donnait également quelques conseils assez classiques pour les développeurs indépendants que je résume ci-dessous :

#3 L’important ce n’est pas votre pitch, c’est l’histoire que vous racontez

Une présentation intéressante par Dynamo PR [18] sur les RP et leur mise en pratique.

Premier enseignement : le lancement d’une App n’est plus une nouvelle en soi et ne motive pas un communiqué de presse. Pour bien communiquer et faire envie aux journalistes, il faut leur raconter une histoire (ndlr: la vôtre de préférence), une belle histoire même. Il faut donc qu’on y retrouve tous les éléments clés d’une bonne histoire :

La référence en la matière de « story telling » semble être ce livre : The Hero with a Thousand Faces, Joseph Campbell [19]. Pas de retour à vous donner, je viens juste de le commander…

La présentation est ensuite passée sur des exemples concrets de campagnes pour Swiftkey et Koubachi. Je retiens de ces exemples que :

Leur conseil pour des développeurs indépendants qui ne peuvent pas se payer une agence de RP : cibler 5-10 journalistes de niche influents et maintenir le dialogue.

#4 Trop « d’amateurs » sur les Stores

Présentation de Richard Hurring de Catchy Agency [20] sur le business des Apps intitulée The business of Apps [21].

Son constat : trop d’amateurs sur les Stores. Ce pourrait être une bonne nouvelle pour la richesse et la diversité des plateformes mais c’en est en fait une mauvaise pour les développeurs.

[22]

Les chiffres sont sidérants :

La motivation principale à lancer une App est souvent le ‘fun’ mais c’est pour lui la recette de l’échec.

Pour lui la majorité des développeurs est trop concentrée sur le développement d’une bonne idée, et pas assez sur le marché et la mise en marché. Ces applications sont pour lui mort-nées, leur lancement suivant le pattern : « publie et prie ».

Le développeur devrait plus se concentrer sur l’expérience utilisateur, les résultats et les bénéfices. Il citait deux manières d’y arriver.

La méthode VC (Venture Capitalist) pertinente mais à son goût trop longue pour des Apps. Elle consiste à répondre aux 8 questions suivantes :

Le speaker présentait ensuite sa propre méthode, qui ressemble beaucoup à une roue de Deming ou un PDCA en 5 étapes :

  1. rechercher et tester intensivement de nouvelles idées
  2. s’appliquer à trouver de l’argent
  3. développer l’App avec créativité
  4. marketer l’App sans relâche
  5. recommencer !

Il expliquait que la plupart des développeurs d’App ne faisaient que l’étape 3, mais également sur le fait que bien souvent l’étape 1 n’était faite qu’une fois au début, ce qui est une erreur. Il insistait aussi sur le fait que toutes ces étapes devaient aller très vite. On retrouve là pas mal d’idées du lean si on y réfléchit : un lead time faible, pas de stock. Il martelait aussi un autre slogan : « done is better than perfect« .

Sur le point 1 d’ailleurs, sa position est qu’il faut éviter les idées où vous devez créer la demande et se concentrer sur celles où la demande est déjà là. Il suggérait une recherche de mots clés sur Google AdWords pour estimer cette demande.

Une dernière idée assez intéressante de sa présentation était qu’il ne faut pas non plus trop s’attarder sur une idée (comprendre faire tourner la roue précédente trop de fois). Il conseillait même de construire un portefeuille d’Apps plutôt que d’essayer de « s’acharner » sur une App. Son exemple était Rovio pour qui ‘Angry Birds’ était en fait leur 52ème App !!


J’espère que cette parenthèse communication / marketing vous aura autant appris qu’à moi-même. Pour les curieux je rajouterai le lien vers la présentation Xyologic quant elle sera disponible en ligne.

A l’an prochain au Mobicamp ?

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