PFM : de la catégorisation aux BigData

Introduction

Depuis 3 ans on parle du PFM (Personal Finance Management; OCTO Assiste à Finovate) l’adoption est en progression constante mais reste au final timide. Alors que l’on espérait beaucoup de cette approche innovante de gestion de nos comptes bancaires, pourquoi n’y a-t-il pas un raz de marée sur cet usage. Aucune solution idéale ne semble se dégager des différentes approches. Eh bien, c’est qu’en fait il n’y en a pas.

En fonction des usages (ça y est le mot est lâché) plusieurs types d’interfaces du PFM sont utiles et nécessaires. Aux réunions design chez Linxo, où l’on décide des prochaines fonctionnalités à mettre en production, Bruno Van Haetsdaele (CEO de Linxo) est lui-même très étonné à quel point chaque personne conceptualise ses finances différemment. Les critères sont multiples : CSP, situation familiale, âge, relation à l’argent… Certains cherchent plus l’épargne et la vision de leur patrimoine et comment il évolue, d’autres sont plus tournés sur le budget et la gestion quotidienne avec des objectifs ou de la « gamification », ou encore les acheteurs compulsifs friands des offres promotionnelles ont parfois cruellement besoin qu’on les aide à piloter leur trésorerie ou à épargner, etc… Bref, il y a encore de la place pour de l’innovation.

Cette innovation s’apparente donc à une multiplication d’offres très spécifiques pour répondre à des besoins tout aussi spécifiques d’une frange plus ou moins étendue d’utilisateurs. Le maître mot est « Oubliez le one size fits all ! » ; l’offre autour du PFM s’apparente plutôt à un marché de la longue traine.

L’offre

Maintenant, voyons l’offre existante. J’ai tenté de recenser les différentes fonctionnalités du PFM en les catégorisant. Sans être exhaustifs, j’en ai dénombré 19 différenciantes et implémentées parmi 39 éditeurs.

Voici l’ensemble des fonctions possibles recensées et associées aux acteurs principaux du marché actuel, en constante évolution il faut bien le dire.

LesBasiques

LesNouvellesTendances

LesVisionnaires

LesOriginaux

Conclusion

Quand certains se posent la question de la définition du PFM et de savoir comment le RE-valoriser, une conclusion se dégage : les banques devraient avoir une offre de PFM multifacette et offrir plusieurs applications selon les usages. S’appuyer et intégrer les « challenger » c’est-à-dire ceux qui ont fait des choix délibérés d’usages spécifiques. A la banque de voir lesquels sont les plus pertinents et de faire des recommandations selon le profil de leurs clients. Un marché de la « long tail » se dessine ainsi.

Mais les banques ont elles compris les enjeux stratégiques de cette approche ? Les anciennes valeurs pour la banque, c’est la vision comptable des mouvements d’argent. Elles restent d’ailleurs excellentes dans cette vision. Mais les nouvelles valeurs sont ailleurs dans « le comment gérer son argent ». L’angle de vue est totalement différent. « Helping consumers not just make smart choices about how they spend their money, but what tools they use to track, spend, and manage their money could be — I think it WILL be — the way FIs compete in the future.“ (src : Snarking)

Pour y arriver, comment faut-il faire ? Toutes ces expériences utilisateurs ont un point commun, les « données en masse » et ce que l’on peut en faire : les exposer, les manipuler, les croiser, les visualiser et ce de manière plus ou moins automatique. Pour se faire, l’ensemble des technologies qui gravitent autour des Bigdata sont aujourd’hui disponibles et matures. A OCTO nous sommes convaincus, que l’informatique transforme nos sociétés. Une bonne illustration dans le monde bancaire serait alors celle-ci : « les BigData au service du PFM pour une meilleure gestion de mon argent ! » Et comme les usages sont très diverses pour bâtir votre PFM à façon ou multi-usage, l’approche Big Data devrait vous aider à mieux comprendre les comportements de chacun pour offrir un service adapté d’aide à la gestion financière. Bruno Van Haetsdaele (Linxo) estime qu’il faut « suggérer au mieux en analysant les comportements et finalement pousser une information utile aux utilisateurs, pour susciter leur réaction et les inviter à aller plus loin.» Là, l’aventure peut alors commencer !

Alors, profitez-en, sortez du cadre, les BigData sont faites pour cela. Pour une fois, vous pouvez bénéficier de technologies disponibles qui tiennent leurs promesses (BigData tient ses promesses chez Credit Mutuel Arkea; Using BigData for marketing campaigns; MetLife batit une vue client 360).

Maintenant, à vous d’inventer les histoires qui vont avec !

Note

Linxo, Fortuneo, Credit Mutuel Arkea, Bankin, Budgea, ING, MoneyDoc et ABC Banque sont des acteurs autour du PFM présents en France.

Liens


1. Alior Sync
2. Bankin
3. Bodetree
4. Budgea
5. Bundle; Bundle acquis par Capital One;
6. Bync
7. Cake Health
8. Cardlytics
9. Credit Karma
10. Crédit Mutuel Arkea
11. Ekito (Mapmycost); Concours Axa Banque
12. Figlo
13. Fortuneo
14. GuideFinancial
15. HelloWallet
16. inDinero
17. ING
18. Intuit

19. Keybank
20. Learnvest
21. Level
22. Linxo
23. Manilla
24. Meniga
25. Mint
26. MoneyDesktop
27. MoneyDoc
28. Mon MiniCompte (ABC Banque)
29. Moven
30. Numbrs
31. Personal Capital
32. Planwise
33. PNC Bank
34. Payoff
35. SigFig
36. Simple
37. Strands
38. SBWorkbench
39. Yodlee

1 commentaire pour “PFM : de la catégorisation aux BigData”

  1. Pour développer un peu plus l’idée de gestion des comptes par les individus, un concept intéressant issu du champ de l’économie comportementale:
    http://en.wikipedia.org/wiki/Mental_accounting

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