Paris Web 2010: les grandes tendances

L’édition 2010 de Paris Web, l’évènement français des acteurs du Web, a eu lieu du jeudi 14 octobre au 16 octobre. Trois jours de sessions passionnantes dont voici les principaux thèmes abordés.

Du Web partout

Notre consommation du Web a énormément évolué : on y accède depuis nos ordinateurs de bureau, nos téléphones mobiles, nos tablettes, nos téléviseurs, etc. Et cette multiplication des canaux ne va pas s’arrêter !

Matt May, responsable de l’accessibilité chez Adobe, a insisté dans sa présentation sur le fait que nous devons intégrer l’accélération des changements et des nouveautés. Il précise qu’il « faut accepter l’entropie et concevoir de manière universelle ». Cela passe par le support des divers terminaux, mais aussi par la offrir la capacité aux utilisateurs d’utiliser nos applications dans toutes les situations : connexions à faible débit ou intermittentes (téléphones mobiles), utilisateurs handicapés, terminaux sans souris, etc.

Christophe Porteneuve nous a présenté l’état de l’art du développement Web sur smartphone aujourd’hui. Une grande richesse de frameworks, de pratiques et de possibilités, que le plus difficile aujourd’hui est de faire un choix entre tous les outils et toutes les possibilités qu’ils offrent. Tandis qu’en parallèle, les membres du groupe de travail sur le Web mobile du W3C standardisent les bonnes pratiques du Web mobile, afin d’uniformiser et donc faciliter les développements sur ces plateformes. La grande force du Web reste son ouverture et nous nous devons de bien le connaître pour en prendre le meilleur à chaque instant.

Le Web accessible pour tous

L’accessibilité est régulièrement mise de côté dans les projets Web. Denis et Aurélien Levy nous ont pourtant démontré qu’il est possible en 15 minutes d’établir un bilan des principales failles d’accessibilité de nos sites Web pour pouvoir l’améliorer, en se basant sur les recommendations du Web Content Accessibility Guidelines produit par le W3C. On vérifiera notamment que tout est utilisable en mode texte (même les images), que les balises de structure de page sont bien utilisées (les headers, les tables et les listes), que la navigation au clavier correspond à la logique du site, etc. Améliorer l’accessibilité ne coûte parfois que peu de temps et permet au moins de faire bénéficier nos sites Web à plus de personnes.

L’accessibilité doit également être une préoccupation de tous au quotidien, comme nous l’a montré Tanguy Loheac, expert accessibilité chez Sanofi-Aventis. Sur un projet de refonte de l’application des Ressources Humaines utilisée par tous les salariés, l’accessibilité n’était pas une option. Pour mener à bien ce projet, il lui a fallu impliquer tous les acteurs du projet, et sensibiliser les concepteurs et les développeurs.

Un travail de longue haleine, qui ne sera sans doute jamais totalement achevé, mais qui doit nous concerner tous. Et comme le disait Matt May, concernant les handicaps, il ne faut pas oublier que l’âge moyen des internautes va sans cesse augmenter, et que nous pouvons tous être victime d’un handicap, même pendant une courte période.
Est-il encore normal en 2010 qu’un employé ne puisse plus travailler parce qu’il s’est cassé le poignet et que l’application Web qu’il utilise au quotidien n’est pas utilisable au clavier?

La révolution HTML5 et CSS3

HTML5 n’est pas que la cinquième version de la norme HTML. C’est une véritable révolution, qui permet de passer d’un monde de sites Web à un monde d’applications Web. Le navigateur devient une véritable machine virtuelle multi-plateforme, fonctionnant hors-ligne, accédant aux périphériques (GPS, appareil photo,accéléromètre, système de fichiers…), manipulant de la 3D… Paul Rouget, de Mozilla, a fait vibrer l’amphithéâtre grâce à une démo impressionnante, comprenant de la modélisation 3D calculée en temps réel avec WebGL, de l’audio, le tout accompagné de Web sockets, et cela d’une fluidité inattendue. Une émotion d’une rare intensité, et uniquement avec des technologies Web.

Des fonctionnalités de HTML5 sont déjà utilisées par de nombreux développeurs. Et rester compatible avec les clients qui ne le supportent pas n’est pas un problème car les outils existent, comme nous l’a montré Jean-Pierre Vincent.

CSS3 est la deuxième grande évolution de langages Web, et Dave Shea, un des designers Web de référence dans le monde, auteur de CSS Zen Garden, nous en a montré les impacts. CSS3 apporte de nouvelles fonctionnalités facilitant le travail d’intégration, et qui permettent par exemple de limiter l’utilisation d’images ou de JavaScript pour les animations. Cela a donné lieu à un débat passionné lancé par Francis Chouquet, demandant si cela ne pousserait pas les web designers à concevoir les sites directement avec CSS3, sans passer par la case Photoshop…

Du JavaScript côte serveur ?

Cela vous surprend ? C’est normal. Bien que Quentin Adam, lors de sa session, nous a rappelé que LiveScript, le moteur à l’origine du premier moteur JavaScript, avait au départ été développé par Netscape pour leur serveur HTTP.

Cette nouvelle tendance s’accompagne du développement de serveurs JavaScript, les plus populaires étant Ajax Push Engine et surtout Node.js. Ils sont particulièrement intéressants pour le web « temps réel », car ils permettent de développer très rapidement des Web sockets, comme nous l’a démontré Jonathan Blanchet.

En revanche, passer d’un environnement serveur Rails, PHP, Java ou autre, à un serveur JavaScript nous paraît encore peu justifié, d’autant plus que l’écosystème est encore assez pauvre et artisanal.

Conclusion

Les orateurs nous l’ont montré : tout va très vite, le Web est plus que jamais actif et ses acteurs bouillonnent d’idées. La grande nouveauté est la promesse de pouvoir bientôt l’utiliser pour tout et sur tous les types de supports.
Il sera alors de notre devoir de faire les bons choix sans perdre de vue certains objectifs qui doivent rester des valeurs du Web : l’accessibilité et la capacité d’être utilisé partout et par tous.

Enfin, nous tenons à remercier les organisateurs de Paris Web pour leur superbe travail et leurs efforts pour que leur conférence soit en temps réel accessible à tous : casque audio avec traduction en français des présentations en anglais, transcription en sous titrage et traduction en langue des signes française.

A l’année prochaine, et restez à l’écoute de @ParisWeb pour les futurs évènements.

Quelques liens

Les vidéos des anciennes éditions, et bientôt de celle de 2010, sont disponibles gratuitement ici: http://videos.paris-web.fr/
La plupart des slides sont également disponibles sur Slideshare: http://www.slideshare.net/tag/parisweb

et quelques photos de l’évènement et du staff, merci à vous!

Transcription et Traduction en LSF en temps réel de la présentation de David Shea Démonstration Web GL, vidéo, audio, etc. de Paul Rouget Standing ovation pour le staff de Paris Web

5 commentaires sur “Paris Web 2010: les grandes tendances”

  • Merci pour ce compte-rendu des conférences ! Juste en complément des liens donnés à la fin, nous diffusons également les vidéos sur Dailymotion : http://www.dailymotion.com/parisweb
  • Merci pour ce compte-rendu et également pour le coding-dojo HTML 5 animé par l'auteur lors des ateliers ParisWeb.
  • ... Pardon : par LES auteurs
  • @Sébastien Delorme: merci ton commentaire et pour le lien, vivement que les vidéos de cette année soient mises en ligne!
  • @Benoît: merci pour ton commentaire, et pour ta participation active au Dojo! Au plaisir de te re-croiser à un prochain [quelque chose] User Group!
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