Mobile World Congress 2014

Cette semaine tous les grands du mobile se donnaient rendez vous à Barcelone pour le Mobile World Congress.  Alors que le rachat de What’s App était encore sur toutes les bouches et que Marc Zuckerberg expliquait ses raisons profondes en keynote j’étais sur place muni du code source de mes apps et de quoi tester les nouveautés. Si vous avez des applications sur les stores voici ce qu’il fallait retenir :

Les nouveaux terminaux

Cette conférence toute en démesure est l’occasion pour les constructeurs de présenter de nouveaux modèles. A l’exception notable et habituelle d’Apple tous les grands du secteur ont un nouvel appareil à ajouter à leur gamme. BlackBerry annonce 2 nouveaux modèles, alors que côté Android on retrouve du neuf chez Sony, LG, Huawei, Lenovo ou encore Wikio.

Samsung de son coté présente son Galaxy S5. Outre l’update désormais classique de la résolution de l’écran, du processeur et de la définition de l’appareil photo ce nouveau Galaxy intègre un capteur biométrique comme l’iPhone 5S. Cependant celui ci va plus loin en proposant un accès aux développeurs à cette fonctionnalité via le SDK Samsung. Les usages ne manquent pas et Paypal propose déjà une solution de paiement utilisant cette technologie.

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La sensation sur Android est cependant venu d’un constructeur qu’on n’attendait pas : Nokia. Malgré son rachat par Microsoft le constructeur finlandais lance le Nokia X sous Android. C’est même un Android complétement modifié pour ressembler à Windows Phone 8 que Nokia nous propose. L’intégration va jusqu’à proposer des tuiles basées sur les icones de vos applications ou vos widgets.

La prise en main du téléphone est correct mais le bas prix du téléphone se fait sentir : tout n’est pas fluide.

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Revers de la médaille d’un OS totalement personnalisé : ce téléphone n’est pas reconnu par Google et ne propose donc pas de Play Store.

Heureusement la procédure de publication sur les stores est très simple. Montre en main on peut soumettre une application en 15 minutes en comptant la création d’un compte chez Nokia.

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15 minutes c’est court mais ça fait un nouveau store Android à soumettre à chaque mise à jour en plus de celui de Google et celui d’Amazon. Qui dans l’entreprise va s’en charger? Quel coût cela représente-t-il? Est-ce rentable ? Si ces téléphones sont un échec commercial c’est très discutable.

Si vous décidez quand même de vous lancer dans l’aventure voici les quelques points à vérifier sur vos applications:

  • Les Google APIs ne sont pas disponibles. Pas de google maps, pas de notifications, pas de paiement inapp. Nokia propose une alternative à chacun de ses services mais cela nécessite de modifier vos apps. Le plus impactant est l’absence de Google Maps, la solution Here Maps n’ayant pas du tout les mêmes signatures de méthodes. Nokia propose un site analysant vos APK pour évaluer l’étendue du travail à réaliser : http://developer.nokia.com/nokia-x/analyse/
  • Si vous avez un téléphone à disposition pour tester n’oubliez pas d’ajouter l’id Nokia dans le fichier ~/.android/adb_usb.ini sinon votre téléphone ne sera pas détecté.
  • Le Nokia X n’a qu’un seul bouton. Il s’agit du bouton retour Android. Pas de bouton Home sur ce téléphone. Si votre app est difficilement quittable  via ce bouton vos utilisateurs seront coincés dans votre application sans possibilité de retour sur l’écran d’accueil.

Plus  confidentiel le Blackphone (https://www.blackphone.ch) propose une alternative sécurisée à Android. Dans un contexte de scandale sur la vie privée ce terminal a peut être sa place en entreprise. Au programme un Android expurgé de tout les services Google, un VPN pour crypter les communication à la manière du BIS de BlackBerry et 2 ans de support en sécurité inclus dans le coût du téléphone.

Android et après ?

Firefox OS se spécialise dans le low cost. Alcatel et LTE proposent même des téléphones à partir de 25 $. Pas de sortie prévue pour l’instant en France. Le premier contact avec ces téléphones est très décevant. L’interface n’est pas vraiment fluide. Ce défaut est au moins autant dû au choix du low cost dans le matériel qu’au pari du full web pour les applications. Le cumul des deux ne pardonne pas, même l’application téléphone peine à s’afficher. Etonnamment les jeux s’en sortent mieux, l’application cut the rope préinstallée est parfaitement fluide.

Dans la même veine Ubuntu présente son OS mobile. La version présente au salon est une version de développement mais le moins que l’on puisse dire c’est que l’OS n’est pas prêt. Sur une tablette récente comme la Nexus 7 le système peine à afficher 20 icones. L’image est saccadée au point d’être inutilisable.

Microsoft de son coté ne fait pas sensation: pas de stand cette année et les seuls terminaux présents avec Windows Phone sont relégué au second plan sur le stand Nokia derrière le tout nouveau Nokia X. Depuis les États Unis Microsoft annonce quand même une sortie de Windows Phone 8.1 dont la date sera officialisée en avril à la Microsoft BUILD.

Enfin Tizen n’en fini plus de sortir. Aujourd’hui le système n’est disponible que sur une caméra ainsi que sur la nouvelle montre de Samsung. Plus d’un an après les premières annonces aucun téléphone n’est sur le marché. Samsung se sert-il de cette OS uniquement comme moyen de pression auprès de Google ? En tout cas sur le stand les exposants sont confiant et parlent même d’un autre constructeur de téléphone Android qui serait intéressé.

Objets connectés

Les objets connectés sont toujours en vogue. Même Ford est présent au congrès et présente avec une débauche de moyen sa « voiture connecté ». Une sorte de Google Car pleines de capteurs qui conduit toute seule. De façon plus concrète la plupart des Ford en vente aujourd’hui sont équipées d’un système de contrôle connectable à un téléphone. Un SDK est disponible sur iOS et Android pour interagir avec la voiture (https://developer.ford.com). Alors faut-il intégrer ce SDK dans votre application? A mon avis mieux vaut attendre que le marché se tasse avant de de sortir votre application compatible Ford.

De façon plus classique chaque constructeur présente sa montre ou son bracelet connecté: Sony SmartWear / SmartBand, Samsung Gear 2 / Gear 2 Neo / Gear Fit, Qualcomm Toq, Huawei MediaPad M1…

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On est là encore loin d’avoir de vraies applications.

Les SDK liés à la santé comme chez Samsung (http://www.samsungmobilepress.com/2014/02/26/Samsung-Unveils-SDKs-for-New-Devices-at-MWC-2014-1) sont cependant prometteurs.

Nouveau services

Samsung met à jour son système Knox. Le concept : proposer un environnement dédié à l’entreprise avec ses applications et ses données sur un même terminal.

Contrairement à son prédécesseur Knox 2.0 propose d’utiliser des apps du Play Store dans la partie entreprise. Les applications sont entièrement dupliquées et ne partagent pas de données. On peut donc imaginer une application dropbox pro et perso cohabitant sur le même téléphone avec des données différentes.

Mieux: vous pouvez enrôler la partie entreprise de votre téléphone dans un MDM sans toucher à la partie perso. Dans un contexte d’utilisation pro/perso c’est très rassurant pour l’utilisateur. Si vous n’êtes pas dans une logique BYOD Samsung a peut être votre solution. En tout cas ici Samsung s’attaque à une chasse gardée de BlackBerry qui propose cette fonction depuis longtemps.

Les applications

Deux types d’acteurs se partagent la quasi totalité des stands.

  • La génération facile d’app à partir de contenu. AppsGeyser (http://www.appsgeyser.com) par exemple construit des apps très simple à partir de vos documents. Les français Aquafadas (http://www.aquafadas.com) vont plus loin en donnant accès aux stores aux spécialistes de la PAO. Un plugin inDesign permet de concevoir une application tablette animée comme on conçoit un livre. Dans le même registre les solutions de développement cross-platefrom fleurissent : Intel prose sa propre mouture de phoneGAP le XDK (http://xdk-software.intel.com).  Apportable (http://www.apportable.com) propose une solution étonnante : développer en Objective-C vos applications Android.
  • Les solutions de push, d’analytics et de pub. Ici le marché est mûr et les innovations ne sont plus monnaie courante. Urban Airship propose par exemple cette année une intégration iBeacon. A suivre.

Mes coups de cœurs personnels :

  • Les allemands Testbirds (http://www.testbirds.com) proposent une solution de crowd testing. Faites tester vos applications par de vrais utilisateurs pour améliorer leur qualité.
  • build.io (http://www.built.io) est une alternative à parse.com ou azure mobile de Microsoft. Leur point fort : proposer du vrai code Node.js coté serveur et une interface plus claire que parse. Peut être une façon de réconcilier ces services pratiques pour prototyper une app et une vie après le POC avec du code robuste.
  • Enfin BeMyApp (http://events.bemyapp.com) propose d’organiser des hackathons mobiles ou non avec vos APIs. Un bon moyen de fédérer une communauté de développeurs autour de vos services.