Part I/III : le top 10 des innovations en banque de détail

    Souvent réalisé en fin d’année, nous nous lançons, en milieu d’année car le moment ne fait rien à l’affaire, sur l’exercice des 10 innovations en finances qui à nos yeux en 2012 présentent un intérêt. 10 innovations auxquelles nous accordons un intérêt soit parce qu’elles sont disruptives même sans certitude de survie soit parce qu’elles sont une réalité émergente en succès soit et enfin parce qu’elles sont une consolidation d’une innovation précédente.

    Depuis, près de trois ans à Octo nous suivons l’innovation dans le secteur bancaire – banque des particuliers et PME- ici en l’occurrence. Nous avons aujourd’hui un recul et une vision qui nous a permis, entre autre de proposer un petit déjeuner sur ce thème de la Banque du future scénarios 2020 (la vidéo est ici)

    Cet exercice des 10 innovations en est alors la simple continuité avec une vision globalement à plus court terme.

Ces innovations nous les avons regroupées dans 5 catégories majeures.

  • « Open bank », la banque et les API
    • Crédit Agricole Store et le concours API Bancaire d’Axa Banque
  • Vos données valent de l’or
    • Swipely une aide précieuse pour fidéliser les clients
  • Finance ‘participative’
    • La finance ‘participative’
  • PFM (Personal Finance Management)
    • BodeTree, le PFM pour PME
    • SigFig, le PFM pour les portefeuilles de placements
    • MoneyDoc, le coffre fort se met au PFM
  • Moyens de paiement
    • Pingit, enfin un porte monnaie sur mobile en succès
    • Le Canada invente la monnaie de demain
    • Le mPaiement par Square et Paypal
    • Le paiement par carte virtuelle

Première partie

« Open bank », la banque et les API

    Au premier rang, nous avons voulu mettre en avant une innovation qui dans le monde bancaire nous est apparue comme révolutionnaire ! Il s’agit de l’ouverture des données bancaires au reste du monde. Quand, à la dernière Université du SI, Rafi Haladjian nous parlait des objets connectés (USI 2011, les objets connectés) et de la quantité d’informations qu’ils étaient capables de nous livrer, je lui posais la question : mais quid des données bancaires dont les banques possèdent pour chacun d’entre nous 10 ans d’historique et n’en font rien et ne permette pas d’en faire quelque chose (ouverture). Il me répondait que les banques étaient effectivement assises sur une mine d’or mais ne voulaient pas l’exploiter…..déçu je n’espérais pas voir à peine un an après deux initiatives en France telles que celle d’Axa Banque (Octo accompagne Axa banque sur son API ; Axa Banque donne sa chance aux développeurs et du Crédit Agricole (Credit Agricole lance Castor).

    Axa Banque ouvre via des API un accès aux données bancaires anonymisées de ses clients, pour l’essentiel les transactions bancaires, en permettant à des développeurs d’exploiter comme bon leur semble ces données. Les APIs s’appuient sur des standards techniques tels que REST, JSON ou OAuth pour la sécurité.

    Pour Crédit Agricole (Crédit Agricole store) c’est un peu différent, car si l’entreprise offre un SDK (Software Development Kit) aux développeurs et un accès à des données bancaires (compte, opérations CB, réserve de crédit, géolocalisation des guichets…), elle met aussi à disposition un AppStore, le fameux CAStore. Son objectif est de mettre à disposition des clients de la banque les applications développées. Avec cette distribution vient un modèle économique : une offre de paiement à l’usage des applications ou bien un abonnement mensuel avec ou sans limitation d’usage. Sans savoir si le modèle est bon pour le moment, il a le mérite d’ouvrir une voie jusqu’ici inexploré.

    En se projetant, on peut imaginer une multitude de services à valeur ajoutée offerts par/aux partenaires. Par exemple, pour l’octroi de crédit chez Darty (c’est un exemple) offrir un calcul de scoring ou un calcul de risques. Pour un gestionnaire de portefeuille offrir des services d’outil d’aide à la décision via des simulateurs/comparateurs (risques, durée, objectif vie du client). Autour de la sécurité, offrir un service d’activation / désactivation de sa CB. Et plus largement en exposant des fonctions SI, permettre des services en marque blanche. Enfin, des partenaires pourraient se connecter et faire des analyses de ces données et potentiellement les croiser avec d’autres pour par exemple faire de la détection de fraude sur l’usage de moyen de paiement ou pour proposer des coupons de réductions sur la bases de vos transaction bancaires (Les « bons plans » de Fortuneo; Cardlytics) ; voir aussi Swipely ou Kabbage plus loin. Bref, à ce stade embryonnaire, l’imagination est sans limite et tout est permis.

Note : pour infos le résultat du concours AXA est relaté : ici

Vos données valent de l’or

Swipely une aide précieuse pour fidéliser les clients

    Swipely permet aux petits commerçants de valoriser les données de paiements de leurs clients. La solution transforme « la caisse enregistreuse » en un système d’analyse marketing. L’idée étant de se connecter au compte de paiement du commerçant et d’analyser les comportements des clients via une étude de ses transactions. Swipley ainsi extrait des indicateurs simples : récurrence, fréquence, montant seuil… qui sont ensuite exploités dans le cadre d’une campagne de promotions par exemple. Cette solution est intéressante car elle offre à des PME une solution de développement business sur une base finalement pertinente (trébuchante) que sont les transactions des clients.

    Ces idées ne sont pas sans rappeler un acteur tel que Kabbage que nous avions croisé à Finovate 2012 à Londres et Cardlytics au même endroit en 2011 (Octo assiste à Finovate 2011) et 2012.
Kabbage propose une méthode de scoring de TPE originale afin de leur proposer des financements. A savoir : importer les informations de ventes sur Amazon, eBay et les croiser avec des données sociales (nombre de followers et d’amis sur Facebook). Cardlytics, que nous avions présenté rapidement aussi à l’USI (Université du SI) l’année dernière propose d’insérer des coupons de réduction dans le suivi des opérations par rapport à un réseau de commerçants partenaires. Ainsi, sur un débit pour le MacDonald’s, on bénéficie d’un coupon électronique de réduction pour Burger King. Depuis 2011, le produit s’est d’ailleurs bien enrichi notamment sur le suivi des campagnes marketing associées à ces offres de couponing.

    Ces solutions s’articulent autour d’un axe fondamental : l’ouverture du SI « bancaire » (i.e. les transactions) à des partenaires pour offrir de nouveaux services à valeur ajoutée. Les banques seraient bien inspirées de proposer de tels services voire de conclure des partenariats avec de tels acteurs. Il y a probablement là une mine d’or…que sont les données bancaires.

La finance participative

    Les modes de financements alternatifs sont une aubaine en ces temps de resserrement de l’octroi de crédit , c’est ce qui nous fait dire qu’ils sont particulièrement bien adaptés à l’environnement économique du moment. Que cela soit pour le particulier ou les startups, de nombreuses initiatives fleurissent, et un certain succès se manifeste, notamment outre atlantique

    S’il s’agit bel et bien là d’une alternative aux prêteurs et aux investisseurs, ces modes de financements sont méconnus, d’autant plus qu’ils sont finalement très variés : il y a en particulier le « P2P lending » (Prêt d’union ), le financement entreprenarial (Friendsclear ), plus alternatif le financement collectif (Ulule; KissKissBank ) ou encore le mode capitaux risqueur (MicroVentures). Mais en se multipliant ainsi ils participent à une certaine émancipation du concept auprès d’une plus large population.

    De notre conviction, ils sont promis à un bel avenir même si le mass market n’est pas facilement atteignable, car expliquer à Mme Michu qu’il existe autre chose que le codevi, le livret A ou l’assurance vie qu’elle connait depuis des années n’est pas simple. A moins que cette tendance ne s’inverse, contexte économique oblige. Comme souvent en tant de crise grave des phénomènes de rareté apparaissent (ici le crédit) et c’est à ce moment là que des initiatives (la créativité diront certains) peuvent se développer. Le financement participatif, au-delà de toute idéologie, est donc une réponse à la rareté du crédit. Ensuite, le financement participatif a un coté affectif, concret, local et alternatif qui peut susciter de l’intérêt. Il faut savoir que ce mode de financement a globalement un rendement plus intéressant que le classique livret A et pour un risque modéré. De plus, pour les emprunteurs, leur réputation de bon payeur et/ou leur scoring social leur permet de renouveler leurs emprunts voire d’obtenir de meilleur taux ! Pour nous tous les ingrédients sont présents pour que le financement participatif prospère (sans jeu de mot : Prosper )

    Note : Nous ne saurions trop vous recommander la lecture du post de Nicolas Guillaume sur le sujet : Revolution du financement participatif. Nicolas Guillaume est par ailleurs un des fondateurs de Friendsclear.

Autre point : Un nouveau cadre réglementaire pour la finance participative

A suivre…ici