La performance des SI

La performance des SI : une notion encore floue

Le CIGREF a publié le 6ieme opus de son cahier de recherche en faisant un retour sur la perception et les pratiques de 16 entreprises françaises en matière de performance et de valeur du SI.

L’une des premières observations est l’amalgame entre performance du SI et performance de la DSI. La frontière entre le système d’information en tant qu’actif de l’entreprise et l’organisation qui le maintient et le transforme est floue. Cela montre que le SI serait encore perçu comme étant la propriété de la DSI.

La seconde observation est que tous s’accordent sur le caractère critique et stratégique du SI pour les directions métiers dans l’exercice de leurs opérations. La performance du SI est devenue une nécessité pour le fonctionnement de l’entreprise mais également comme différenciant stratégique. Le SI contribue à la chaine de création de valeur via sa valeur d’usage par les directions métiers.

Ces deux points m’amènent à souligner le paradoxe de la perception de la propriété du SI. Si la valeur du SI tient à son usage, comment peut-il être la propriété de la DSI?

Les approches de la performance du SI

Progressivement, la DSI se déplace du rôle de bâtisseur à celui de gestionnaire d’actifs (et de son passif). Les méthodes d’évaluation de la performance doivent tenir compte de ce déplacement.

De nombreuses approches de la performance existent :

  • Approche centrée sur les coûts (ratio, ABC, direct costing, feature costing, …) permettent une décomposition des coûts par service, processus et activité de la DSI
  • Approche centrée sur les ressources stratégiques (balanced scorecard, Resource-based view, iC-dVal, …) permettent une analyse plus large que l’unique perspective comptable
  • Approche centrée sur la valeur du SI (valeur destructive, coût d’opportunité, …) permettent une analyse intégrant la valeur d’usage du SI

L’ascendant du contrôle de gestion sur la valorisation de la performance imposerait à la DSI d’inclure dans son périmètre l’évaluation de la contribution du SI à la valorisation du capital immatériel de l’entreprise en tant que survaleur comptable et de se positionner comme un gérant d’actifs stratégiques.

Conclusion

En 40 ans de développement informatique dans les entreprises, la DSI est devenue progressivement plus un asset manager du capital immatériel plutôt qu’un industriel du logiciel. Les indicateurs de sa performance doivent évoluer vers une perception plus claire de la valeur du SI et de sa dette.

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