FinTech Day – Compte-rendu de la journée du 25 mars 2015

Compte-rendu de la matinée

C’est par une présentation des deux experts Fintech Octo, Sylvain Fagnent et Stéphen Périn, face à quelque 180 personnes, que la journée a pu commencer en force…

Si la définition du terme « Fintech » n’est pas toujours évidente à expliciter, la réalité et l’intensité du phénomène ne font plus aucun doute : le nombre de fintechs et l’investissement global dans le secteur en France ont été multipliés respectivement par 4 et 5 entre 2013 et 2014 ! Une croissance exponentielle importée du monde anglo-saxon, en particulier de l’Angleterre, où la scène fintech est en ébullition depuis déjà quelques années. À tel point que pour l’influent blogueur Chris Skinner, la fintech ne s’apprête à devenir rien d’autre que « la finance du 21ème siècle ».

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Parmi les plus grosses valorisations du secteur, on retrouve les applications de paiement Stripe et Square, qui permet de transformer un smartphone en terminal CB. Mais loin de se limiter au paiement, les acteurs sont nombreux, et s’attaquent à tous les métiers de la banque, du prêt à l’affacturage en passant par la gestion de portefeuille et même l’infrastructure bancaire. Une question cruciale se pose alors pour les banques traditionnelles: que restera-t-il de leur business dans quelques années, quand toutes les fonctionnalités à forte valeur ajoutée auront été disruptées et accaparées par des fintechs ?

Cette logique d’affrontement est cependant à nuancer : les deux types d’acteurs s’envient mutuellement un certain nombre d’atouts. Les banques disposent d’une solide base clients, d’une forte expertise métier et d’une certaine reconnaissance du public et du législateur. Les fintechs, elles, apportent un regard neuf sur le métier, innovent facilement et possèdent nativement une culture digitale, à la fois dans les outils et façons de travailler. Une collaboration sous diverses formes (rachat avec ou sans intégration l’acteur traditionnel, investissement, partenariat, ouverture de plateformes) pourrait donc bénéficier à tous. Certains acteurs l’ont bien remarqué, comme la banque espagnole BBVA, qui a multiplié les efforts pour s’intégrer dans le monde Fintech.

Ce rapprochement ne pourra cependant se faire sans douleur, tant les ADN et cultures sont de part et d’autre différents. Les banques auront donc le devoir de s’adapter, et d’adopter certains principes clés des fintechs, tels que la transparence et l’ouverture du système d’information. Cette mutation n’est pas impossible : certains acteurs bancaires, y compris issu du brick & mortar comme Commonwealth Bank, possèdent déjà les atouts d’une fintech.

Dans cette atmosphère de disruption, les banques auraient tort de se réfugier derrière un fragile bouclier règlementaire, au moment où le législateur, notamment au Royaume Uni, s’active pour favoriser l’arrivée de nouveau entrants. Au contraire, c’est en s’associant à l’effervescence du monde de la fintech et en se transformant de l’intérieur qu’elles pourront éviter la cannibalisation.

… avant d’accueillir sur scène un panel de 5 acteurs et connaisseurs de la scène Fintech. Best of :

«Les services financiers autrefois réservé à une élite sont désormais accessibles à tous » P. Bernard

La possibilité offerte par la technologie de créer facilement des services financiers de meilleure qualité que ceux des banques traditionnelles est un des moteurs de la révolution fintech. À ce phénomène s’ajoutent un certain ras le bol, et un changement d’habitude des consommateurs.

« Le Crowdfunding est devenu un mass market» N. Guillaume

Le crowdfunding est aujourd’hui bien connu du grand public, et la volonté du législateur de lui offrir un terrain règlementaire favorable en ont fait un acteur à part entière de l’écosystème financier. En témoignent les investissements institutionnels qui affluent sur les plateformes telles que Lending Club. Un sentiment partagé par B. Bazzochi, qui constate que sur le domaine de l’équity, la France s’apprête à rattraper son retard sur le monde anglo-saxon.

« Les banques qui font des acquisitions dans la tech ont statistiquement de meilleures performances que leur concurrents » J.M Pailhon, d’après une étude A.T. Kearney

Mais en dehors de la M&A, d’autres options existent pour que les banques puissent profiter du dynamisme de la scène fintech : établir des partenariats, héberger des startups au sein d’incubateurs et accélérateurs, investir dans celles-ci (corporate venture), ou favoriser l’intraprenariat au sein même de l’entreprise.

« Nous multiplions les points de contacts avec les fintechs à tous les niveaux. C’est ce qui nous permet de nous transformer» A-L Naveos

Comme BBVA, Crédit Mutuel Arkéa se positionne sur toutes ces plans : en établissant des partenariats avec Linxo et Prêt d’Union, en investissant dans le fonds ISAI, ou en offrant divers services aux fintechs. Cela lui permet de mieux saisir et de répondre aux tendances sociétales, en offrant plus de transparence, de simplicité, et en acceptant de renoncer au modèle vertical pour s’ouvrir à l’extérieur.

« Il y a une certaine complémentarité entre banques et fintechs, qui viennent attaquer des secteurs où l’offre bancaire est soit inexistante, soit bien trop chère » Benoît Bazzochi

La logique d’affrontement et le « bank bashing » sont donc à relativiser… mais il est certain que certains acteurs, banques comme fintechs, seront amenés à disparaître !

« Les fintech font passer la croissance avant la rentabilité » A-L Naveos« un nouveau paradigme compliqué à appréhender pour les banquiers » P. Bernard

Les interrogations sur les business models des fintech ne doivent pas conduire à minimiser le phénomène : les clients sont rentables sur l’ensemble de leur cycle de vie, et celui qui dispose d’une large base client saura toujours à terme, comme Facebook, la faire fructifier.

 

Les FinTech présentes au FinTech Day

Tout au long de l’après-midi, 19 fintechs se sont succédé sur scène pour, en 8 minutes maximum, présenter leur activité et une démonstration de leur produit

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unilend chappuis1

 

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