FinTech – Finovate 2016 Londres – notre résumé

Finovate Europe Londres 2016

Nous avons assisté comme presque chaque année depuis 2011 à Finovate Europe. Voici notre résumé de ces 2 jours.

Les tendances

Tendances

« Techno first » on pourrait parler de TechFin et moins de FinTech

Les usages et la « customer experience » étaient moins à l’honneur cette année pour laisser place à la technologie et sa capacité à aider un point financier précis. La biométrie pour l’authentification, l’interaction en langage naturel pour interagir avec ses finances, les APIs (Application Program Interface) pour la mise à disposition de sa FinTech en mode B2B, le machine learning et les Big Data au service de l’analyse de son activité métier.

Quelques bonnes idées mais pas d’acteurs véritablement disruptifs ou innovants – pas d’effet waouh !

Blasé ou vrai sentiment, nous penchons plutôt vers le 2e car nous n’avons vu aucune présentation qui nous a fait lever de notre chaise. Nous avons d’abord beaucoup vu de redite comme du côté des robo advisors (ex. InvestGlass, meetinvest, additiv, Scalable Capital…), des innovations incrémentales comme dans les PFMs (Meniga ou Strands) Dynamics (la CB dynamique), enfin beaucoup de services IT / financiers en mode B2B, donc à destination des instituts financières (Backbase, eBankit en tête de ligne et bien connus de l’évènement).

Les innovations étaient plutôt parsemées dans les solutions présentées. Nous avons en particulier apprécié les interactions en langage naturel avec les services financiers (eBankit, Capitali.se ou NorthSide), les interactions biométriques diverses (VoicePin, LexMark – reconnaissance vocale, eBankit – reconnaissance faciale, EyeVerify – reconnaissance de l’œil) dont l’intégration avec les services financiers est de plus en plus rapide et sans couture.

Beaucoup (trop ?) de fournisseurs de solutions IT pour les banques

Cela rejoint le sentiment de la tendance précédente, peu d’effet waouh et beaucoup de solutions purement B2B à destination des banques. Des solutions (ex : eBankIt, Backbase, Livian, ITSector, Asseco, NostrumGroup…) qui finalement ne se distinguent pas ou peu et fournissent des solutions certes « userfriendly » mais sans véritable disruption ni saveur extraordinaire.

Beaucoup trop de présentations (72)

72 présentations en 2 jours, « ce n’est pas humain ». C’est purement et simplement du gavage. Nous serions même tentés de dire que pour ceux qui passent le deuxième jour dans l’après-midi, ils doivent faire face à des zombies survivants de la première journée et demi. Pour les plus résistants qui n’ont pas encore déserté le lieu, la dernière demi-journée est franchement difficile. Soyons clair, à partir de 14h, le 2e jour, la saturation entraine la désertification du lieu.

Les absents

Missing

La blockchain ! Mise à part Ledger, Fintech Française qui fait du stockage de clé privée sur un hardware sécurisé pour les échanges sur la blockchain, cette dernière est la grande absente.

Les thèmes les plus significatifs et pertinents selon nous

  • API (Application Program Interface) : toutes les FinTech ou presque exposent une API… (ex. Xignite pour la plus évidente, Kontomatik… )
  • Machine learning et big data : de plus en plus d’IA et d’analyse de gros volume de données (ex : comparaison avec ses pairs : LogicalGlue, Strands, SizeUP, analyse de risques, détection de fraude : OutsideIQ, analyse marketing : SBDA Group…)
  • Biométrie : cela devient presque mainstream de s’authentifier via une interface biométrique pour accéder à ses services financiers
  • Interface naturelle : nouveauté, les interactions avec ses finances et notamment via le langage (oral ou écrit) se fait par l’intermédiaire d’une interaction naturelle comme si votre smartphone ou tablette comprenait dans le langage de tous les jours ce que voulez faire dans votre vie financière. C’est particulièrement pertinent pour masquer la complexité des produits financiers.
  • L’investissement : Mieux performer, mieux trader ou bien trader différemment, mieux maitriser les risques, mieux interagir avec ses placements financiers tel on pourrait résumer ce qui tourne autour du sujet de l’investissement. Tout pour favoriser l’adhésion et la compréhension en quelque sorte.

Les FinTechs que nous avons remarquées

SizeUp

    • SizeUP
      Service aux PME : L’analyse des données liées aux activités d’entreprises à la démographie, etc. SizeUP permet de comparer son entreprise à la concurrence sur de nombreux critères, de localiser les clients, les opportunités business sur un territoire et/ou localiser où faire croitre/ démarrer un business. La clé réside dans une collecte et une analyse de données publiques, privées en grand nombre (nombre de sources >100) et dans la capacité à les restituer (dataviz). SizeUP a gagné de nombreux prix et on comprend pourquoi.

Capitali.se

    • Capitali.se
      Investissement : Créer une stratégie de trading via un langage naturel accessible. capitali.se simplifie le processus d’investissement en prenant des mots simples et les convertit en investissements exécutables et optimisés. Sorte de pont entre la simplicité des mots et le monde complexe du trading automatisé. Simplicité !

OutsideIQ

    • OutsideIQ
      KYC : OutsideIQ est capable de produire rapidement des rapports de due diligence sur les personnes physiques et morales. L’analyse des données au sens très large (web, corporate, deep web …). L’interaction avec la solution est en langage naturelle. Yoda dirait : « Le plus d’informations OutsideIQ ingère, plus intelligentes ses capacités de recherche deviennent ».

qumram

    • Qumram
      Compliance : Enregistre la session d’échange avec le conseiller financier (multi canal) sur les nouveaux canaux digitaux comme LinkedIn ou Facebook. Quand compliance et canaux digitaux deviennent compatibles.

Investify

    • Investify
      Investissement : Investify opte pour une stratégie BtoC à destination des particuliers en s’efforçant d’offrir un parcours client fluide. La FinTech mise tout sur une expérience utilisateur très bien léchée et un design attractif permettant de créer un portefeuille bousier en quelques clics. La simplicité du produit sert à contrer la complexité du service offert. Bel exemple d’UX au service de l’innovation.

InvestUP

    • Investup
      Agrégateur, Crowdfunding : L’idée de cette FinTech est de surfer sur deux tendances déjà bien installées : le crowdfunding et les aggrégateurs. En effet, l’idée est de permettre d’accéder à plusieurs plateformes de crowdfunfing en un seul endroit. Le client peut gérer automatiquement tous ses investissements avec un seul compte, simplement en définissant son profil d’investisseur : son goût du risque, son niveau d’intérêt et ses sites de prêts P2P préférés.

SuiteBox

    • SuiteBox
      Relation client : Avec une « Virtual meeting Room » SuiteBox permet de répondre aux challenges modernes de la relation client. Cette solution en marque blanche avec une architecture open API, permet d’interagir de façon simple et efficace avec un client qu’il soit chez lui, au travail ou en vacances. Une solution de communication sécurisée, clés en main, qui intègre à la fois la visioconférence, un tchat et la possibilité de partager et de signer des documents.

Xignite

    • Xignite
      Market Data : Positionnée très tôt sur le marché des API, en 2006, Xignite a récemment vu son activité s’accroître très rapidement, du fait de l’explosion de l’écosystème FinTech. La société offre en effet un service d’informations financières servies au travers d’API. En 2015, c’est 455 milliards d’appels d’API que l’entreprise a du gérer, et elle projette plus 1,5 trilliards d’appels API sur 2016. Stéphane Dubois, le fondateur-un français, sans nul doute visionnaire-présentait cette année Cloud Alerts, un service d’alerte temps-réel sur les conditions de marché. À retenir : Xignite, avec plusieurs acteurs majeurs des services financiers, a lancé en 2015 une plate-forme commune d’API Financières : FinTechRevolution

Ledger

    • Ledger
      Blockchain, sécurité : Startup française spécialisée dans le « trusted hardware » et développant des solutions de sécurité « end point » : authentification forte, FIDO, validation d’instructions ou processus critique sur écran de confiance. Eric Larchevêque présentait le Ledger Blue, un « device » de sécurité personnel pour l’entreprise dont l’objectif premier est la sécurisation des processus critiques contre les malware, les attaques comme le Man-in-the-middle ou Social Engineering.

Invoice sharing

    • Invoice Sharing
      Facturation : Un réseau (gratuit) de distribution des factures électroniques adossé à un Robot-Comptable, et de la finance de factures, telles sont les grandes promesses d’Invoice Sharing. La solution est disponible en marque blanche uniquement pour les éditeurs de solutions de comptabilité ou de numérisation de factures. Enfin, Invoice Sharing proposerait un store d’applications tierce-parties, avec des services telles que Invoice Financing, une solution d’affacturage.

EyeVerify

    • EyeVerify
      Biométrie : La solution de biométrie d’EyeVerify utilise des « smart cameras » pour capturer des images autour de l’oeil afin d’effectuer des reconnaissances de patterns sur divers éléments biométriques tels que les structures veineuses visibles sur l’oeil. La solution est industrielle et déjà déployée par de grands groupes tels que Wells Fargo.

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