Épilogue sur la Communication NonViolente (CNV)

Marshall B. Rosenberg

“La CNV favorise un développement moral fondé sur l’autonomie et l’interdépendance qui nous amène à reconnaître notre responsabilité pour nos actes, à réaliser que notre propre bien-être et celui des autres ne font qu’un.”

En résumé :

Les quatre piliers de la Communication Non Violente (par Maxence Walbrou, OCTO Technology)

Source : http://bloculus.com/communication-non-violente-fondamentaux/


 

Je termine cette série d’article par un autre exemple que j’ai vécu récemment avec ma femme en appliquant la CNV :

 

Un samedi soir, lors d’un repas entre amis, un collègue me demande que je lui montre une vidéo sur le Systema. Très motivé à l’idée de lui montrer ce qu’il se cache derrière ce sport, j’ai pris l’iPad et lancé une vidéo. Ma femme (Stéphanie) me dit.

Stéphanie

“Décidément ce Systema prend vraiment beaucoup trop de place dans notre couple en ce moment ! Ça commence à me saouler !”.

Ne souhaitant pas créer de conflits devant nos amis, j’ai attendu d’être dans la voiture sur le trajet du retour pour comprendre sa réaction.

Nicolas

“Quand j’ai lancé la vidéo, tu étais en colère parce que tu aimerais que je te consacre plus de temps quand on est à la maison ?”

Stéphanie

“Pas du tout je ne suis pas en colère. Tu sais que tu peux faire ce que tu veux et que je ne t’empêche rien.”

Quand nous reformulons le besoin de quelqu’un nous pouvons nous tromper (la CNV n’est pas une science infaillible !). J’aurais pu m’emporter en lui disant que je n’ai regardé que deux ou trois vidéos récemment et que je trouvais son comportement injuste (ce qui aurait eu comme conséquence de tendre la relation). J’ai privilégié d’aller plus loin en réessayant de deviner son sentiment et son besoin.

Nicolas

“Tu es énervée parce que tu voudrais que je ne regarde pas ces vidéos en ta présence au regard des scènes de violence ?”

Stéphanie

“Ça m’a énervé oui mais ce n’est pas à cause des scènes de violence.”

Nicolas

“Je suis frustré car j’ai besoin de savoir ce que j’aurais pu faire ou dire en regardant la vidéo sans susciter de l’énervement ?”

Stéphanie

“En fait ce qui me gêne c’est le bruit associé à la vidéo. Quand nous étions à table et que tu as montré cette vidéo ça m’a rappelé la maison et à quel point ces bruits sont désagréables quand tu regardes ces vidéos.”

Nicolas (très étonné par ce que je venais d’entendre)

“Ah bon ! Je comprends donc que ce n’est pas le fait que je regarde les vidéos qui te gêne mais le bruit associé quand je les regarde ?”

Stéphanie

“Oui car quand je lis ou regarde la télé, je n’aime pas avoir ce genre de bruits à côté.”

Nicolas

“Du coup si je mets des écouteurs quand je regarde ces vidéos, tu n’éprouveras plus ce sentiment d’énervement ?”

Stéphanie

“Oui c’est ça mon chéri !”

Cette situation m’a fait prendre conscience que les premières réactions ne sont pas nécessairement révélatrices des sentiments et des besoins profonds de l’autre personne. La communication avec empathie permet de communiquer ce que nous ressentons avec sincérité et inviter l’autre à faire de même.

Il existe encore bien d’autres domaines traités dans le livre de Marshall B. Rosenberg qui n’ont pas été abordés dans cette série d’articles (exprimer pleinement la colère, user de la force dans un but de protection et non de répression, remercier en pratiquant la CNV, etc.). Quoi qu’il en soit, cette approche saine permet selon moi de protéger et préserver la relation avec l’autre tout en étant conscient des intentions, des sentiments et des besoins respectifs de chacun. Même si cela nécessite vraiment du travail pour parvenir à garder la prise de recul sur soi-même à chaque instant, être conscient de ses besoins… je suis convaincu que la CNV saura nous aider dans n’importe qu’elle situation de tension que nous rencontrerons durant notre vie et qu’elle nous permettra de vivre en harmonie avec nous-mêmes et les autres.

Nicolas Cappello