CR du petit déjeuner prospective « La banque du futur : vision 2020 »

Mercredi 27 mars, l’entité Banque et Services Financiers d’OCTO a initié un nouveau format de petit déjeuner : la vision prospective sectorielle.

Imaginer ce que sera l’environnement bancaire dans un futur à moyen terme, à la fois proche et lointain. Proche pour le rattacher à des signaux faibles et des tendances que nous observons aujourd’hui, et assez lointain pour ne pas rester englué dans la situation actuelle et amorcer une dynamique d’évolution.

La Banque dans dix ans… 

– Sous quelles formes seront réalisées les interactions entre les institutions financières et la population au quotidien ?

La tendance virtuelle, électronique qui a débuté au début des années 2000 va-t-elle se poursuivre, ou la banque va-t-elle réinverser la tendance en replaçant la relation physique au coeur du système Homme-Banque ?

Ces nouveaux modèles de relation vont-ils apporter avec eux une révolution dans la conception informatique des outils bancaires, dans l’architecture même des briques informatiques qui composent son SI ? 

Notre mode de fonctionnement

Nous nous sommes donc prêtés à un exercice original et difficile : le jeu des scenarios.

L’objectif d’un tel exercice est de lancer des idées, raisonnables ou plus folles, les rassembler en groupes cohérents, et faire ressortir de ces tendances quelques scenarios, schématisés par une appellation révélatrice. Ensuite, il s’agit d’identifier les signaux faibles actuels qui concourent à ces prévisions.

D’un tel exercice se dégagent des scenarios qu’il ne convient pas de prendre au pied de la lettre. Les tendances de fond, les révolutions technologiques ou de conception sont des éléments prolongeant des évolutions que nous constatons aujourd’hui, et qui sont éclairantes dès aujourd’hui pour commencer à amorcer des virages et repenser la façon dont on va pouvoir faire de l’informatique bancaire demain.

Le résultat

Nous avons abouti à 3 scénarios :

  • Le scenario « Tout concret » :

Le défaut de l’Italie, après celui de l’Espagne 3 ans plus tôt, a bouleversé les certitudes des consommateurs européens. Ils se sont massivement tournés vers des investissements concrets : immobilier, terre et métaux précieux, boudant les produits financiers obscurs car ils n’accordent plus de crédit aux banques.

Ces dernières se sont vu obligées de revoir leur image et de regagner la confiance perdue. Elles ont donc misé sur la relation avec leur clientèle, en repensant leur modèle d’agence à travers un espace convivial renouant avec leurs origines : Proximité et Conseil.

Ces agences se recentrent sur les domaines où la banque excelle : gestion de l’épargne et patrimoniale, octroi de crédit et financement des entreprises. L’écoute du terrain étant privilégiée, son personnel d’agence se spécialise pour répondre aux questions toujours plus pointues de clients échaudés. Des outils d’aide à la décision intéractifs (tablettes, tables tactiles) permettent au conseiller de bâtir avec le client une solution sur mesure.

Le contexte socio-économique oblige à adapter les produits proposés : simplification des offres pour les rendre plus accessibles et plus transparentes, adaptation des produits à la clientèle (vieillissement de la population), introduction du financement participatif sont autant d’avancées. Côté B2B, le succès de l’auto-entreprenariat a favorisé l’émergence de nombreuses TPE/PME demandeuses de solutions simples et peu coûteuses (paiement, crédit, …) avec l’aval d’un gouvernement désireux de voir repartir la croissance.

Recentrées sur leurs métiers historiques, toutes les banques, ayant fait l’effort de se rapprocher de leurs clients, au propre comme au sens figuré, ont vu leur côte de confiance repartir à la hausse et retrouver des niveaux de profitabilité qu’elles croyaient ne plus revoir de si tôt.

  • Le scenario « Tout virtuel » :

Le succès des banques en ligne ne se dément plus. Toute la population française bénéficie d’un accès Internet, d’une identité numérique, et les « digital natives » sont majoritaires en cette année 2020. De fait, très peu de gens prennent encore la peine de se déplacer en agence, conduisant les banques à diviser par 10 leur nombre d’agences et à automatiser la quasi-totalité des actes pour diminuer le personnel présent.

Désormais, tout peut se faire seul et depuis chez soi. La banalisation des analyses biométriques (voix, visage, veine, …) a résolu les problématiques d’identification des individus, notamment à la signature des contrats. Ces documents, tout comme la plupart des pièces administratives, sont collectés et archivés durablement dans des coffres-forts électroniques qui garantissent leur intégrité et permettent par leur moteur de recherche avancé de tout retrouver facilement.

Mais si la virtualisation des actes bancaires s’est étendue ces 10 dernières années, que dire des solutions de paiement qui ont été révolutionnées au cours de cette même période. Qui aurait pu pronostiquer que la carte bleue plastique disparaitrait de notre quotidien avant le chèque ? Qui aurait pu prévoir une telle adhésion pour l’argent virtuel et les porte-monnaies électroniques multifonctions sur mobile quand on se souvient des tentatives peu fructueuses de Moneo ?

Et l’usage même de notre accès à Internet s’est modifié, passant de l’austère PC familial aux IHMs tabulaires, aux tablettes tactiles, améliorant l’expérience client en utilisant judicieusement notre gestuelle. Car ne nous y trompons pas, ce sont bien les tablettes qui ont conquis les plus seniors ou les moins technophiles d’entre nous. La simplicité et la transparence d’utilisation sont plus que jamais des gages de fiabilité et de confiance.

En 10 ans, l’image de la banque s’est métamorphosée ; elle figure aujourd’hui au côté des grands acteurs du Web sur le plan des avancées technologiques.

  • Le scenario « Tout distribué » :

Juillet 2020, CompositeBank vient de détrôner CityGroup en nombre de clients particuliers et gère un encours considérable qui attise la convoitise d’états fortement affaiblis budgétairement, un succès inimaginable 8 ans plus tôt en plein marasme économique… car CompositeBank n’existait pas ! Et pourtant, tous les ingrédients nécessaires à la cette success-story étaient déjà présents à cette époque-là.

Souvenez-vous fin 2011, BankSimple avait ouvert la voie en proposant une offre en rupture basée sur un back-end temps réel et une relation client totalement repensées. Comment avait-elle réussi ce tour de force en un temps aussi court ? Simplement en se concentrant sur leur différenciant, et en complétant leur SI avec des briques prêtes à l’emploi, en avance sur le marché, proposées par des acteurs déjà implantés.

CompositeBank représente l’aboutissement de cette stratégie : externaliser les processus métier offrant le moins de valeur ajoutée à l’organisation en intégrant des offres clé-en-main en marque blanche ou via des APIs ouvertes. Pourtant de nombreux acteurs se sont lancés sur cette piste-là mais seulement très peu ont réussi le passage à l’échelle. Pourquoi ?

Dès le début, CompositeBank a assumé son statut de consommateur de solutions et bâti une organisation en conséquence : un pôle « expérience client » très développé qui collabore étroitement avec un pôle IT réduit mais composé d’experts, eux-mêmes dialoguant avec une communauté de partenaires. Fini le découpage historique Etude / Production, place à une organisation par ligne produit qui fluidifie la communication entre les équipes, aligne tous les acteurs sur le même enjeu et dynamise l’innovation.

Car c’est cette même innovation qui a permis à CompositeBank de se faire un nom à ses débuts et qui, aujourd’hui encore, malgré la taille de l’entreprise, la rend capable de nous surprendre… et a contraint ses concurrents, y compris les acteurs historiques, à modifier leurs organisations.

Conclusion

Cet exercice a été salué par les participants à ce petit-déjeuner. Il a mis en avant des tendances sociétales, économiques, mais aussi un ancrage fort sur les impacts informatiques et organisationnels qui en découlent.

OCTO travaille depuis 13 ans sur des problématiques de création ou de transformation des systèmes d’information, et adresse aujourd’hui des sujets tels que les APIs, le Big Data, le PFM, la mobilité, les technologies web et les récentes normes HTML5, l’interfaçage de briques externes avec le SI, la sécurité applicative, les cibles et trajectoires d’évolution des SI en voie d’obsolescence…

Si vous avez des besoins, des projets ou que vous souhaitez notre retour d’expérience sur ces sujets, n’hésitez pas à nous contacter.
Voici le lien vers les slides du petit déjeuner ainsi que le lien vers la vidéo.