Changer c’est aussi ne pas vouloir changer

« Mieux vaut-il vivre comme un monstre ou mourir en homme de bien ? ».

C’est avec cette phrase du personnage central, tiraillé entre deux identités : Teddy US Marshall et celle d’Andrew, patient depuis 2 ans, que se termine le film Shutter Island de Martin Scorcese. En choisissant de suivre les médecins, il a choisi d’être un homme de bien et ceci malgré mille-et-une tentatives non fructueuses des experts de le convaincre du contraire. Ce qui m’interpelle dans cette situation, ce sont les perspectives des autres personnages, les experts, qui par leurs comportements imposent à Teddy à la fois le processus (le comment changer ) et le contenu (le quoi changer) du changement. Cette approche génère chez lui une forte agressivité, une résistance disent-ils, puis au final échoue dans son objectif.

Laissons donc de côté les perspectives normatives, morales ou cliniques de la situation. Mettez-vous à la place de Teddy : vous avez tué votre femme parce qu’elle a tué vos enfants…vous décider de vous « inventer » une réalité que d’autres n’acceptent pas. Demandez-vous maintenant : quels intérêts ai-je à changer dans ce sens imposé par les médecins ? ou mieux encore quels gains ai-je à ne pas changer, à rester et préserver mon « état » ? Ces questions nous offrent une perspective complètement différente quand a l’analyse du comportement de ce personnage passant du concept abstrait de « résistance » à l’adage populaire « faire preuve de bon sens ».

Je crois qu’un cheminement qui nous conduit vers une décision de ne pas changer est un changement en soi : tout autant « estimable » qu’un virage complet à 180°, quoi qu’en disent les experts…

D’autres histoires à venir sur le changement…