Bref état des lieux sur l’IoT (Internet Of Things)

S’il s’agit bien de la révolution annoncée, les objets connectés vont déferler dans notre quotidien. Cet article propose un rapide tour d’horizon : définition, chiffres du secteur, usages et enjeux.

Des réseaux d’objets connectés.

Source : OCTO Technology. Tous droits réservés

IoT, Internet des objets, objets connectés : kezako ?

La définition d’Internet des Objets (IoT) qui nous semble aujourd’hui résumer le mieux ce phénomène est qu’il s’agit d’un réseau de réseaux, connectant des « choses » entre elles (y compris des humains !). Ces connexions peuvent être personnes-personnes, personnes-objets et objets-objets.

Concrètement, il s’agit d’objets dotés de capteurs et d’actionneurs, reliés à travers des réseaux de communication (Wifi, Bluetooth, 2G/3G/4G, Sigfox, LoRa…).

Ça date de quand l’IoT ?

Le concept est né en 1999 au centre Auto-ID du MIT (Massachusetts Institute of Technology à Boston) avec l’idée d’associer à chaque objet du monde réel une puce RFID (Radio Frequency IDentification) permettant de l’identifier, de l’inventorier et de capturer ses déplacements.

Mais la première utilisation recensée a été un distributeur de Coca-Cola installé à la Carnegie Mellon University au début des années 80. Les développeurs pouvaient alors se connecter à la machine via Internet, en contrôler l’état et ainsi déterminer s’ils pouvaient compter sur une boisson fraîche au cas où ils se décideraient à descendre les étages.

En France, c’est le Nabaztag en 2005 qui a été sûrement le premier objet connecté de divertissement grand public. 150 000 exemplaires du lapin connecté ont été vendus selon l’entreprise qui a racheté le produit.

Pour autant, l’objet connecté le plus répandu jusqu’ici reste le smartphone…

Que font les objets connectés ?

Comme l’indiquait récemment Arnaud-François Fausse, associé chez OCTO Technology, ces objets peuvent agir comme des :

  • Capteurs de sources d’information (pression, mouvement, lumière, proximité, température…)
  • Afficheurs capables de transmettre un état ou des informations
  • Calculateurs (capacités distribuées)
  • Actionneurs qui peuvent agir sur leur environnement

Les services d’IoT reposent sur des capacités de télécommunication (transport local/distant), d’analyse et de décision (calcul, data science, machine learning…), de réactivité temporelle et de transmission d’actions.

Pour aller plus loin sur les aspects techniques :

http://blog.octo.com/cap-sur-les-plates-formes-iot-partie-1/

http://blog.octo.com/cap-sur-les-plates-formes-iot-partie-2/

En croisant seulement ces quatre fonctionnalités, on obtient des possibilités immenses qui concernent une large gamme d’objets.

De quels objets parlons-nous ?

Petite liste non exhaustive d’objets connectés : les compteurs électriques branchés sur Internet, les caméras de surveillance, les équipements médicaux, les machines-outils, les bracelets électroniques, les vêtements intelligents, les lunettes connectées, les voitures communicantes…

 

Objet connecté via LoRa permettant la protection à distance d’un logement.

Source : Idosens

Leurs usages sont multiples : monitoring des performances et de la santé, économie d’énergie dans les logements, surveillance, gestion de flotte, distribution, gestion des entrepôts et des inventaires…

A l’échelle d’une ville (qui devient alors une “smart city”), de nombreux cas d’usages sont déjà envisageables, comme décrits ci-dessous :

Source : Libelium

Source : Libelium

Cliquez sur ce lien pour agrandir cette infographie.

Combien d’objets connectés dans le monde ?

Même si les grands cabinets de conseil et prospective ne sont pas alignés, l’effervescence du secteur est très nette.

On compte déjà 5 milliards d’objets connectés en circulation à travers le monde selon Gartner.

Source : The Fow Community, 2015

Source : The Fow Community, 2015

Il convient de prendre les chiffres ci-dessus avec du recul car certains cabinets de prospective agrègent non seulement les objets connectés, mais aussi tous les objets communicants, y compris les téléphones, ordinateurs et tablettes reliés à Internet : c’est ce qui explique que Gartner prévoit 26 milliards d’objets en 2020 et IDC jusqu’à 212 milliards !

Ainsi en France, GfK estime qu’1,4 million de wearables (vêtement ou accessoire connecté) ont été vendus en 2015 : la moitié sont des montres connectées et l’autre moitié des fitness trackers. Ce sont ces produits connectés qui sont aujourd’hui les plus achetés par le grand public.

Bracelet connecté en silicone et métal pour mesurer des performances sportives.

Bracelet connecté en silicone et métal pour mesurer des performances sportives. – Source : Sportstagid (Own work) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

Pour l’heure, ce marché est plutôt vu comme un potentiel et les retombées économiques sont impossibles à calculer.

Demain, quatre grands secteurs semblent néanmoins se détacher et devraient générer des revenus conséquents.

Les quatre secteurs clés

80% du potentiel formidable évalué par le cabinet ATKearney en 2020 – des centaines de milliards de dollars ! – concernera :

– les transports / la logistique

– la santé

– le logement

– l’industrie

Pourquoi les entreprises fabriquent-elles des objets connectés ?

4 objectifs majeurs pour nos clients OCTO :

– Optimiser les processus et la consommation de ressources

– Réduire et maîtriser les risques au sein des entreprises et vis-à-vis des clients finaux

– Améliorer le bien-être et faciliter la vie des clients finaux, en tenant compte de l’expérience utilisateur

– Faire émerger de nouveaux business

Enjeux des objets eux-mêmes

Selon Philippe Pucheral, professeur à l’Université de Versailles, quatre éléments sont à prendre en compte pour qu’un objet connecté donne satisfaction :

  • La sûreté de fonctionnement (confiance dans des objets « zéro défaut »)
  • La sécurité (exemple fâcheux de la prise de contrôle à distance d’une voiture connectée)
  • La confidentialité (risques d’atteinte à la vie privée et fuites d’informations)
  • La durabilité environnementale (remplacement rare de la pile d’un objet, …)

Ces quatre points étant rarement atteints aujourd’hui, l’IoT peut se révéler décevant. C’est pourquoi les industriels proposent d’améliorer les réseaux, et notamment l’autonomie grâce à des solutions comme LoRa ou Sigfox plus efficaces que le Wifi ou les réseaux 3G/4G, mais aussi moins performantes sur le plan des capacités de communication.

Enjeux sociétaux

Trois enjeux cruciaux semblent se détacher et seront décisifs pour s’assurer de l’adoption par le grand public.

La crainte principale des consommateurs aujourd’hui concerne la confidentialité : on ne sait pas ce qui est stocké et conservé. Or, chacun de nous devient producteur de données.

Ces données peuvent être utilisées à des fins commerciales et/ou de surveillance. Si la France paraît très regardante (exemple : dans le domaine de la santé, elle fait très attention à ce que les datacenters qui hébergent les données soient en France afin de bénéficier des lois françaises en matière de protection des données), cela n’est pas le cas partout.

La sécurité sera l’enjeu de demain, lorsque les objets connectés auront plus d’interactions physiques avec nous : les risques pour notre intégrité physique obligeront une vigilance accrue des acteurs et un renforcement de la législation.

Or, la confiance que pourra créer une société entre ses objets connectés et ses utilisateurs sera un avantage concurrentiel majeur dans les années à venir. Enfin, l’utilité sera une des clés de l’adoption par le grand public, pour aller au-delà des seuls early adopters du moment.

Quelques questions liées à la croissance exponentielle de ce secteur

Datacenter

Source : John McStravick – Flickr – Schlüsselbein2007 – CC

Le stockage des données est un sujet très sensible. Les entreprises vont devoir faire face à une accélération très rapide. Selon une étude IDC de 2014, le volume des données numériques produit au niveau mondial devrait être multiplié par 10 entre 2013 (4 000 milliards de gigaoctets) et 2020 (44 000 milliards de gigaoctets, ou 44 Zettaoctets) !

  • Comment les réseaux et les infrastructures actuels vont-ils être en mesure d’échanger autant de données en temps réel ?
  • Comment les infrastructures vont-elles pouvoir stocker toutes ces données qui seront la clé de revenus conséquents grâce à leur analyse ?

Pour Olivier Ezratty, dans son dernier compte-rendu du CES de Las Vegas,  “la vidéo restera le point de congestion des réseaux pendant longtemps”.

  • Comment tenir compte des enjeux environnementaux liés à cette explosion des volumes de données ?
  • Comment la sécurité va-t-elle être garantie ?
  • Dans quelle mesure la législation va-t-elle pouvoir s’adapter rapidement à ces changements ?
  • Comment normaliser les objets ? Comment faire par exemple pour qu’un objet connecté créé par une marque française puisse être utilisé ailleurs dans le monde ?
  • Comment assurer l’interopérabilité entre de très nombreux objets connectés, qui permettra de renforcer l’utilité réelle pour les consommateurs (le fait pour plusieurs objets connectés de fonctionner ensemble et de partager des informations) ?

Les rendez-vous IoT

Nous avons repéré le SiDo à Lyon dont le 1er salon a eu lieu en avril 2015. Son objectif affiché est ambitieux : « Fédérer TOUT l’éco-système de l’Internet des Objets en France et en Europe, pour accompagner les entreprises à penser les usages de demain et à faire de l’Internet des Objets, une réalité économique.” En 2016, le salon se tiendra les 6 et 7 avril.

Au niveau des villes de la French Tech, on retiendra Toulouse et Angers avec sa Cité de l’Objet, qui se sont positionnées sur l’IoT.

Pour découvrir de nouveaux objets, dans des secteurs très variés, nous vous invitons à lire le compte-rendu du CES 2016 de Las Vegas par Olivier Ezratty.

Ainsi demain, tout ce qui pourra être connecté le sera ! Pour s’assurer de la mise sur le marché d’objets connectés en lien avec les attentes des consommateurs et qui seront appréciés par les clients, il convient de mettre en place une véritable stratégie, en s’appuyant sur des plateformes existantes et en gardant en ligne de mire la confiance des utilisateurs. OCTO est en mesure de personnaliser les plateformes et proposer des scénarios d’usage en lien avec les besoins des clients finaux.